L'ONU étrillé pour son enquête sur les viols en Centrafrique

Un soldat de la mission de l'ONU en Centrafrique. Un soldat de la mission de l'ONU en Centrafrique.[FLORENT VERGNES / AFP]

Un document interne de l'ONU révèle que l'enquête menée par l'organisation internationale sur les violences sexuelles en Centrafrique a été bâclée par ses auteurs.

L'enquête, qui s'est déroulée entre avril et septembre 2016, concernait de possibles viols commis par les casques bleus (des soldats du Burundi et du Gabon) sur les populations civiles entre 2014 et 2015. Le document, consulté par Le Monde, explique que certains enquêteurs ont crée une atmosphère «intimidante» pour les potentielles victimes. «Alors qu’une victime décrivait comment un soldat l’avait violée, il lui a été demandé "Est-ce que vous l’aimiez ?" A une autre, qui évoquait le cas de femmes forcées à avoir des rapports sexuels avec des chiens par un soldat français, on a demandé si elles l’avaient fait volontairement», écrit le journal du soir.

Un témoin a confié que «ceux (les enquêteurs, ndlr) du Burundi semblaient plus intéressés par le fait de discréditer les témoins que de prendre leur témoignage. Ils faisaient tout pour accélérer les choses et partir le plus vite possible.»

des échantillons ADN inutilisables

Les enquêteurs étaient en outre mal formés au prélèvement d'ADN et les échantillons relevés étaient généralement inutilisables à leur arrivée en laboratoire. 

L'enquête aurait également complétement mis de côté la possibilité que certaines victimes aient été corrompues. Selon une enquête de la Minusca (le nom donné à la mission de l'ONU en Centrafrique), «un homme aurait démarché des femmes pour leur demander de se signaler comme victimes d’abus sexuels. Il leur aurait promis d’être inscrites sur la liste des victimes de l’Unicef et ainsi de recevoir l’indemnité d’urgence prévue pour les victimes, soit 10 000 francs CFA (15 euros) ou 20 000 par mois si un enfant est né du viol. En échange de ce service, l’homme réclamait de l’argent et de la nourriture.»

Les 69 cas qui concernent les soldats burundais ont été requalifiés en fraternisation. «C’est ainsi que l’ONU qualifie, notamment, le fait d’avoir des relations sexuelles avec des civils, chose interdite aux soldats mobilisés pour les opérations de maintien de la paix», explique Le Monde.

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