La Hongrie se retire de l’Eurovision car elle jugerait le concours «trop gay»

«Beaucoup de jeunes pensent que c'est une émission tout public mais durant ce show, le goût du public est détruit à coups de travestis hurlants et de femmes à barbe», a indiqué un commentateur hongrois. [CLEMENS BILAN / AFP].

Les spéculations vont bon train après que la télévision publique hongroise a officialisé cette semaine l'absence du pays l’année prochaine au concours Eurovision de la chanson. Un retrait d’autant plus surprenant qu’il s’est fait sans raison officielle. Mais après avoir mené l’enquête, le Guardian affirme détenir la clé de l’énigme.

L'absence de la Hongrie serait ainsi dûe à une raison peu avouable sur la scène internationale, selon le quotidien britannique, puisqu’elle serait homophobe.

Elle est résumée dans les mots d’un commentateur proche du Premier ministre d’extrême-droite Viktor Orban, un certain Andras Bencsik, qui après le retrait de la Hongrie du concours, a dépeint l’Eurovision comme un «repaire» de la communauté homosexuelle.

Une «flottille d'homos»

Toujours selon le Guardian, l’homme aurait même très exactement comparé le concours à «une flottille homosexuelle».

Un vocabulaire issu de l’armée – et plus exactement de la marine – faisant dire à Andras Bencsik, que l’Eurovision met à mal «la santé mentale de la Hongrie», qui «serait meilleure si le pays ne participait pas au concours.»

«Beaucoup de jeunes pensent que c'est une émission tout public mais durant ce show, le goût du public est détruit à coups de travestis hurlants et de femmes à barbe», a-t-il ajouté.

Sollicitée, une source interne à la télévision d’État MTVA, diffuseur officiel du concours, a indiqué au Guardian «n’avoir pas été surprise» du retrait de la Hongrie, dans la mesure où parler dans les médias de façon positive des LGBT+ est constamment découragé par le pouvoir en place.

Une homophobie d'Etat de plus en plus installée

Dans une laconique déclaration, la MTVA a indiqué au Guardian «qu’en lieu et place du concours Eurovision de la chanson en 2020, [elle] soutiendra directement les précieuses productions créées par les talents de la musique pop hongroise.»

L'été dernier, Viktor Orban et ses troupes avaient par ailleurs appelé au boycott de Coca-Cola, après que la marque a diffusé une publicité mettant en scène un couple homosexuel.

Un porte-parole du gouvernement hongrois a également comparé les adoptions d'enfants par des couples du même sexe à de la pédophilie.

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