Election présidentielle américaine 2020 : qui sont les candidats ?

Jamais autant de candidats démocrates ne s'étaient lancés dans la course à la présidence.[JOE RAEDLE, SCOTT OLSON, MARK WILSON, Drew Angerer, ALEX WONG, Brendan Smialowski, Eric BARADAT, Don Emmert, Eugene Gologursky /]

À un an de l'élection présidentielle américaine, qui se tiendra le 3 novembre 2020, le nombre de candidats est toujours impressionnant. En pleine affaire de destitution, les adversaires de Donald Trump, lui-même candidat à sa réélection, vont devoir se montrer habiles et endurants s'ils veulent aller au bout de ce marathon électoral. Voici les candidats déclarés.

JOE BIDEN 

L'ancien vice-président de Barack Obama a officialisé sa candidature à l'investiture du Parti démocrate, après plusieurs mois de réflexion. «Les valeurs fondamentales de cette nation, notre rang dans le monde, notre démocratie même, tout ce qui a fait l'Amérique, est en jeu. C'est la raison pour laquelle j'annonce ma candidature à la présidence des Etats-Unis», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. 

Grand favori au début de la campagne, c'est la troisième tentative de ce vétéran de la politique âgé de 76 ans, qui s'était déjà lancé dans la course aux primaires de 1988 et de 2008. Elu sénateur en novembre 1972, Joe Biden accèdera quelques années plus tard au poste de président de la commission des affaires juridiques, puis à celui de président de la commision des affaires étrangères. 

Ce fils de vendeur de voitures porte le poids de nombreuses blessures du passé, notamment le décès de son fils Beau en 2015, des suites d'un cancer du cerveau. 

En 2016, Joe Biden envisagait déjà de se lancer dans une candidature présidentielle, rapidement dissuadé par Barack Obama, persuadé qu'Hillary Clinton avait plus de chances de l'emporter. 

Bernie Sanders

Après avoir disputé jusqu'au bout l'investiture démocrate à Hillary Clinton en 2016, Bernie Sanders a annoncé le 19 février qu'il serait à nouveau candidat. Il est sans conteste l'un des favoris, nombreux étant ceux qui estiment qu'il aurait pu battre Donald Trump s'il avait été le candidat démocrate.

Agé de 77 ans, le sénateur du Vermont qui défend une «démocratie socialiste», promeut la mise en place d'une couverture de santé universelle, d'une université publique gratuite ou encore d'un salaire minimum à 15 dollars (13,3 euros). Sujet d'inquiétude pour les uns, critique favorite pour les autres : en cas de victoire, Sanders aura 82 ans à la fin de son mandat en 2024. 

Elizabeth Warren

Elle a été la première femme à se lancer dans la course à l'investiture démocrate. Le 31 décembre 2018, la sénatrice Elizabeth Warren, 70 ans, s'est présentée devant sa maison de Cambridge (Massachusetts) au côté de son mari, Bruce H. Mann, professeur à Harvard, pour annoncer sa décision. 

Figure de référence du parti démocrate depuis le départ d'Hillary Clinton, elle partait avec une longueur d'avance sur ses concurrents. Au point de jouer des coudes avec Joe Biden dans les sondages. 

Après avoir été professeur de droit, elle a été investie au poste de sénatrice du Massachusetts en 2013, devenant la première femme à occuper cette fonction dans cet Etat. Pourfendeuse de Wall Street, elle avait été désignée deux ans plus tard parmi les 100 personnes les plus influentes au monde par le magazine Time. 

Devenue l'une des adversaires les plus remarquées de Donald Trump, elle est la cible des tweets cinglants du président américain depuis juillet 2018 en rauson de ses origines amérindiennes. Celle qui se fait surnommée «Pocahontas» par le locataire de la Maison-Blanche avait finit par publier sur son site internet un test ADN dont les résultats faisaient état «de fortes preuves de l'existence d'ancêtres amérindiens», «remontant à une période comprise entre six et dix générations».

Son programme, proche de celui de Bernie Sanders, se situe résolument à gauche de l'échiquier politique américain. Elle plaide notamment pour le contrôle des banques et de Wall Street, un système de santé universel, un salaire minimum plus élevé et la défense du climat.

PETE BUTTIGIEG

A 37 ans, il est le plus jeune des candidats déclarés, avec Tulsi Gabbard. Maire de la petite ville de South Bend (Indiana) depuis l'âge de 29 ans, Pete Puttigieg espère devenir le premier candidat investi ouvertement homosexuel.

«Nous sommes la génération qui a vécu les fusillades dans les écoles, qui a combattu dans les guerres après le 11-Septembre et nous sommes la génération qui est partie pour gagner moins que nos parents à moins que nous changions les choses», a-t-il déclaré en annonçant sa candidature, le 23 janvier 2019. 

Ancien militaire, il avait notamment été déployé en Afghanistan et a été par la suite décoré pour ses services dans le contre-terrorisme.

Cory Booker

Souvent comparé à Barack Obama, Cory Booker a annoncé sa candidature à l'investiture démocrate le 1er février 2019. Maire de Newark (2006-2013) puis sénateur du New Jersey, âgé de 49 ans, il est considéré comme l'une des étoiles montantes du parti démocrate. 

«L'histoire de notre nation est définie par l'action collective, par les destins entrelacés des esclaves et des abolitionnistes, de ceux qui sont nés ici et de ceux qui ont choisi l'Amérique comme leur maison», a déclaré l'élu dans la vidéo annonçant son entrée en lice. Il y évoque également les difficultés qu'ont rencontré les membres de sa famille en raison de leur couleur de peau, expliquant qu'un groupe d'avocats blancs les avait aidés à défendre leurs droits. «Ils ont changé le cours de ma vie. Parce qu'aux Etats-Unis, le courage est contagieux.»

Connu pour son verbe et ses éclats de rires contagieux, cet ancien footballeur américain avait hérité du surnom de «super-maire» après être entré dans une maison en feu, en 2012, pour sauer une voisine.

Un temps pressenti pour être le colistier d'Hillary Clinton pour les élections en 2016, son parcours rappelle celui de Barack Obama. Fils de cadres d'IBM, il a grandi dans un milieu essentiellement blanc, et a milité pour les droits civiques, menant des actions dans les quartiers pauvres.

Il présente toutefois deux points faibles : sa proximité avec de nombreux grands patrons, qui pourrait le handicaper face à des candidats plus «à gauche», et le fait qu'il soit célibataire. La dernière élection d'un président américain sans épouse remonte à 1884. 

ANDREW YANG

A 44 ans, l'entrepreneur Andrew Yang a décidé de se lancer dans la course à la présidence à la fin du mois de janvier. Son programme rappelle celui du candidat socialiste Benoît Hamon en 2017, puisqu'il propose un revenu universel de 1 000 dollars par mois pour tout Américain âgé de plus de 18 ans. 

Il met également en avant la menace que représentent selon lui les évolutions technologiques pour l'emploi. «Il est clair à me yeux que les créations d'emplois ne surpasseront pas les destructions massives d'emploi liées à l'automatisation. Ces jours sont terminés», a-t-il notamment déclaré. 

AMY KLOBUCHAR

La sénatrice du Minnesota, Amy Klobuchar, a déclaré sa candidature le 10 février 2019, sous la neige et par - 10°. A 58 ans, ele ne part pas favorite, mais joue sur une candidature «venue du coeur du pays» et sa proximité avec les électeurs. Son autobiographie est ainsi intitulée «sénatrice d'à côté».

La lutte contre le changement climatique, la réforme de l'immigration, en passant par les tragédies «honteuses» causées par un système d'assurance-santé inégalitaire sont autant de thèmes qu'elle a choisi d'aborder lors de son discours annonçant sa candidature.

TULSI GABBARD

Agée de 37 ans, Tulsi gabbard s'est lancée dans la course à la présidence le 12 janvier 2019, devenant la deuxième femme à avoir annoncé officiellement son intention de briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle 2020.

Elle siège au Congrès, en tant qu'élue de Hawaii, depuis 2013. Elle fut la première américaine d'origine samoane et le premier parlementaire de confession hindouiste à entrer à la Chambre des Représentants.

Ancienne militaire, Tulsi gabbard avait été lué à l'Assemblée de hawaii dès l'âge de 21 ans, avant de s'enrolr dans la Garde nationale de l'île. Elle s'était portée volontaire lors d'un déploiement en Irak en 2005 puis en 2009 au Proche-Orient.

Lors de l'annonce de sa candidature, elle a cité comme objectifs majeurs la réforme du système de santé, du système judiciaire et la lutte contre le changement climatique. 

Julian Castro

Cet ancien membre de l'administration Obama âgé de 44 ans s'est lancé dans la course à l'investiture démocrate le 12 janvier 2019. Petit-fils d'une immigrée mexicaine, il rêve de devenir le premier hispanique à accéder à la Maison Blanche.

«Quand ma grand-mère est arrivée ici il y a près de 100 ans, je suis sûr qu’elle n’aurait jamais imaginé que seulement deux générations plus tard, un de ses petits-fils serait un élu du Congrès des États-Unis et l’autre se tiendrait aujourd’hui devant vous pour dire ces mots : je suis candidat à la présidence des États-Unis », a-t-il déclaré devant ses partisans réunis à San Antonio (Texas) pour assister au lancement de sa campagne.

Son histoire personnelle en fait un farouche adversaire de la politique anti-migrants de Donald Trump. «Ce n'est certainement pas de mettre des enfants en cage qui va assurer notre sécurité, a-t-il déclaré. Nous disons non à la construction du mur et oui à la construction de communautés». 

Ancien maire de San Antonio, il avait capté l'attention du pays en devenant en 2012 le premier latino-américain à prononcer un discours lors de la convention nationale démocrate. Barack Obama l'avait intégré dans son équipe une fois élu, le nommant secrétaire au logement. 

Dans la lignée de Barack Obama, Julian Castro est favorable à la mise en place d'une couverture santé universelle, à des investissements dans l'éducation, la protection des minorités et a pris position en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.

John Delaney

Premier candidat à se déclarer, dès juillet 2017, John Delaney, 55 ans, a quitté son siège de représentant du Maryland au Congrès pour se lancer dans la course.

John Delaney se présente comme un Catholique attaché à la mission de justice sociale de l'Eglise. A la tête d'une fortune personnelle estimée à plus de 50 millions de dollars, il a été en 1995 le plus jeune dirigeant d'une entreprise côtée au New York Stock Exchange. Ce qui ne l'empêche pas de prôner une hausse des taxes sur les entreprises, afin de financer les infrastructures et la couverture santé universelle. Il souhaite également limiter les émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique.

Marianne Williamson

Ecrivaine, auteure de livres de développement personnel à succès (quatre de ses livres sont des best-sellers du New York Times), Marianne Williamson apparaît comme la candidate la plus atypique de ces élections. 

Sa citation la plus célèbre, tirée de son livre «Un retour à l'Amour» (1992) est la suivante : «Notre plus grande peur n'est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre plus grande peur et que nous soyons puissants au-delà de toute mesure. C'est notre lumière, pas notre obscurité, qui nous effraie.»

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Grande amie d'Oprah Winfrey, soutenue par kim Kardashian et Laura Dern, entre autres, elle compte sur sa popularité auprès des Américains pour tenter de s'imposer. 

Activiste, elle fut l'une des premières à venir en aide aux victimes du SIDA dès les années 1980, oeuvrant ainsi auprès de la communauté gay, tout en s'appuyant toujours sur un message religieux.

Sur le plan politique, elle se situe tout à gauche de l'échiquier politique américain, plaidant notamment pour des réparations en faveur des afro-Américains, sur le modèle des compensations offertes par l'Etat allemand aux Juifs.

Michael Bennet

Sénateur du Colorado, Michael Bennet, est entré dans la campagne présidentielle au début du mois de mai. Ce démocrate modéré, à la recherche du compromis, avait dû repousser le lancement de sa campagne après avoir été diagnostiqué d'un cancer de la prostate. 

Depuis rétabli, ce père de trois enfants met en avant ses priorités - l'éducation, le climat, l'immigration, la santé et la sécurité nationale - tout en appelant à plus d'efforts dans le secteur de l'intelligence artificielle. 

Tom Steyer

Avec une candidature plutôt tardive vis-à-vis de ses concurrents, le milliardaire américain Tom Steyer, 62 ans, a annoncé le 9 juillet qu'il rejoignait la course à l'investiture démocrate. En janvier, il avait pourtant renoncé à se lancer dans la compétition, préférant concentrer ses efforts pour destituer le président américain. Mais il a finalement changé d'avis (ou presque) à la dernière minute.

Ce donateur écologiste finance en effet une campagne très active en faveur d'une procédure de destitution contre Donald Trump depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Le sexagénaire avait ainsi dépensé des millions de dollars de sa fortune personnelle dans des spots publicitaires appelant à se mobiliser contre le président américain.

Engagé contre le réchauffement climatique et la promotion des énergies renouvelables, le New-Yorkais promet également d'«en finir avec le contrôle de notre politique par les grandes entreprises».

Deval Patrick

Ancien gouverneur du Massachussetts, admirateur de Barack Obama et ancien d'Harvard, Deval Patrick est l’un des derniers à avoir rejoint la course pour la présidentielle américaine de 2020. Seulement la stratégie semble osée. En se déclarant candidat en novembre 2019, trois mois avant le caucus de l’Iowa, il part avec un handicap de notoriété par rapport à ceux qui ont débuté leurs campagnes bien en amont.

Agé de 63 ans, il avait assuré en 2018 qu’il passait son tour quant à l’élection de 2020. Difficile de savoir ce qui lui a fait changer d’avis, mais le candidat ne manque pas d’ambition. Selon les informations du New York Times, Deval Patrick compte mener une campagne «similaire à celle de Barack Obama en 2008». Reste à savoir si l’électorat saura répondre à sa motivation.

Michael Bloomberg

Milliardaire, ancien républicain, ancien maire de New York... Michael Bloomberg est loin d'être un inconnu dans la vie politique américaine. Ex-ami de Donald Trump, il a tardé a annoncer sa candidature pour la présidentielle de 2020. En effet, face aux sondages stagnants de Joe Biden, qu'il soutenait, il s'est finalement lancé en novembre 2019 dans la course à l'investiture démocrate en tant que centriste.

Choisissant de se financer par sa fortune personnelle et assurant qu'il ne prendra pas de salaire en cas de victoire, ses premières promesses de campagne ressemblent fortement à celles proférées par Donald Trump en 2016. Il lui faudra cependant convaincre très rapidement l'électorat démocrate s'il veut poursuivre sa course, alors que trois mois séparent l'annonce de sa candidature du premier caucus dans l'Iowa prévu le 3 février 2020. L'histoire récente prouve que le défi est particulièrement difficile, mais l'homme d'affaires ne semble pas douter de sa bonne étoile. 

Depuis le début de la course à l'investiture démocrate, une dizaine de candidats démocrates ont jeté l'éponge : Richard Ojeda, ancien sénateur de Virginie-Occidentale, a considéré «ne pas avoir la capacité de rivaliser» avec les autres concurrents, tout comme Jay Inslee, gouverneur de l'Etat de Washington et Kirsten Gillibrand, sénatrice de New York.

John Hickenlooper, Bill de Blasio, Tim Ryan et Seth Moulton, n'ayant pas recueilli suffisamment de soutiens, ont été contraints d'arrêter leur campagne. Eric Swalwell, représentant de la Californie, a lui préféré se concentrer sur sa réélection au Congrès.

Parmi les «gros noms», le premier à lâcher prise a été Beto O'Rourke, ancien représentant du Texas. Après un bon début de campagne, il a connu des difficultés de financement, et sa stratégie largement basée sur le contrôle des armes à feu n'a pas réussi à empêcher sa chute dans les sondages.

Les abandons se sont multipliés ces derniers jours, avec le retrait de Joe Sestak, ancien amiral de la Marine et ex-élu de la Chambre des représentants, le 1er décembre, puis celui du gouverneur du Montana Steve Bullock, le lendemain. La dernière à avoir abandonné la course n'est autre que Kamala Harris, première femme noire à avoir été élue sénatrice de Californie en 2016. Après un début de campagne remarqué, qui lui a permis d'atteindre 10 % des intentions de vote en juin, elle était depuis retombée dans les sondages. Elle a finalement jeté l'éponge le 3 décembre, faute de fonds suffisants pour continuer sa campagne.

Et chez les Républicains ?

C'est à Orlando, en Floride, que l'actuel président américain Donald Trump a annoncé, sans surprise, sa candidature à un deuxième mandat, le 18 juin dernier. 

William F. Weld, ancien gouverneur du Massassuchetts (1991-1997), est l'un des trois Républicains a oser défier l'actuel locataire de la Maison-Blanche. Il est également membre du Parti libertarien pour lequel il a été candidat à la vice-présidence comme colistier de Gary Johnson, en 2016. Pour l'anecdote, Bill Weld est marié avec l'arrière-petite-fille de Theodore Roosevelt, Susan Roosevelt.

Il sera concurrencé dans sa tâche quasi impossible par Mark Sanford, ancien gouverneur de Caroline du Sud et Joe Walsh, ex-représentant de l'Illinois. 

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