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Explosions à Beyrouth : ce que l'on sait

Deux violentes explosions ont plongé Beyrouth dans le chaos mardi soir.[STR / AFP]

Corps gisant au sol, immeubles dévastés, carcasses de voitures : deux énormes explosions dans le port de Beyrouth ont fait mardi plusieurs dizaines de morts et des milliers de blessés. La capitale libanaise est déclarée ville «sinistrée».

DES SCENES DE CHAOS

Deux puissantes explosions ont secoué mardi vers 18 heures (17 heures en France) le port de Beyrouth, la capitale du Liban. Des vidéos ont rapidement été diffusées sur les réseaux sociaux montrant une première explosion suivie d'une deuxième entraînant une forte déflagration et un nuage du fumée, à la forme d'un champignon, plongeant la ville dans le chaos.

Le souffle aurait été ressenti jusqu'à 200 kilomètres dans les environs. Les vitres de nombreux immeubles et magasins ont volé en éclats. Dans la soirée, l'institut américain de géophysique (USGS) basé en Virginie a précisé que ses capteurs avaient enregistré l'explosion comme un séisme de 3,3 sur l'échelle de Richter.

«C'était comme une bombe atomique. J'ai tout vu (dans ma vie), mais rien de tel», a dit Makrouhie Yerganian, un professeur à la retraite, vivant depuis plus de 60 ans en face du port.

UN LOURD BILAN

Ces puissantes explosions ont pour l'heure fait au moins 100 morts et plus de 4.000 blessés, a indiqué mercredi la Croix Rouge libanaise. «

Nos équipes poursuivent leurs recherches et opérations de secours dans les zones environnantes», a ajouté l'organisation. Un précédent bilan du ministère de la Santé faisait état de 78 morts.

Des Casques bleus ont été grièvement blessés à bord d'un navire amarré dans le port, selon la mission de l'ONU au Liban.

Des secouristes, épaulés par des agents de sécurité, ont cherché toute la nuit des survivants ou des morts coincés sous les décombres. Les opérations continuent, selon la Croix-Rouge.

Les hôpitaux de la capitale, déjà confrontés à la pandémie de Covid-19, sont saturés.

le nitrate d'AMMONIUM a L'ORIGINE DES EXPLOSIONS

Le Premier ministre Hassan Diab a décrété ce mercredi comme un jour de deuil national. Il a aussi promis que les responsables devraient «rendre des comptes». La thèse de l'accident involontaire n'est pourtant pas privilégiée par les autorités. Une cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium auraient été stockée «sans mesures de précaution» sur le port.

«Il est inadmissible qu'une cargaison de nitrate d'ammonium, estimée à 2750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution», a-t-il déclaré devant le Conseil supérieur de défense qui tiendra une nouvelle réunion d'urgence ce mercredi.

l'aide internationale s'ORGANISE

De nombreux pays ont d'ores et déjà proposés leur aide. La France va envoyer un détachement de la sécurité civile et «plusieurs tonnes de matériel sanitaire» à Beyrouth.

Le président Emmanuel Macron a annoncé sur Twitter l'envoi d'un détachement de la sécurité civile et de "plusieurs tonnes de matériel sanitaire" à Beyrouth.

Des avions décolleront de Roissy-Charles-de-Gaulle en milieu de journée ce mercredi pour une arrivée en fin d'après-midi, a précisé l'Elysée. Ils transporteront "un détachement de la sécurité civile (55 personnes, 15 tonnes de matériels) et un poste sanitaire mobile incluant 6 tonnes de matériel et permettant la prise en charge de 500 blessés", a-t-on indiqué de même source.

«Des urgentistes vont également rejoindre Beyrouth au plus vite pour renforcer les hôpitaux. La France est déjà engagée», a ajouté le chef de l'Etat.

Au cours de l'entretien, le président a exprimé «son soutien et celui de la France au peuple libanais», a déclaré l'Elysée mardi soir.

Les Etats-Unis ont également proposé leur aide, ainsi que l'Allemagne. Même Israël a proposé «une aide humanitaire et médicale» à son voisin libanais, avec lequel il est techniquement toujours en guerre.

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