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Zéro sans-abris dans l'UE en 2030 : un objectif «difficilement réalisable», selon des associations

En février dernier, lors de la Nuit de la Solidarité à Paris, 3.507 sans-abris ont été décomptés au sein de la capitale française. [© JOEL SAGET / AFP]

L'objectif principal de l'Union européenne fixé par le l'ODD est de mettre fin au sans-abrisme. Un but jugé «difficilement atteignable» par de multiples associations, qui appellent notamment à un meilleur soutien du logement social.

Une mesure utopique ? Les pays de l'Union Européenne se sont fixés en 2022 un objectif «idéal» de zéro personnes à la rue d'ici à l'année 2030. Une ambition décrite comme «irréaliste» par la chargée de projet Margaux Charbonnier à la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA).

Selon elle, il «est difficilement atteignable, peut-être pas réaliste», appelant même à la construction d'un projet plus pragmatique : «On n'est pas sur la bonne voie, ce n'est pas une raison de raison de renoncer, cela doit inciter à redoubler d'efforts, à construire une feuille de route plus réaliste».

1,3 millions de sans abris en Europe

Celle-ci poursuit en jugeant les tendances actuelles «inquiétantes» alors que le nombre de personnes sans logement fixe augmente dans plusieurs pays européens, notamment dans le nord du continent : en Finlande, au Danemark et en Irlande. La Fédération européenne et la Fondation pour le logement ont en effet publié un rapport alarmant, ce jeudi.

Au total, dans l'ensemble de l'UE, quelque 1,3 million de personnes sont dites sans-abris. Pour lutter plus efficacement contre ce fléau, la notion de «logement abordable» pose notamment question. Cette appellation «peut parfois tout dire et rien dire car elle très consensuelle et très vague», a estimé Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement.

Selon certaines statistiques mises en avant dans le rapport, émanant d'Eurostat, «les ménages européens vivant sous le seuil de pauvreté consacraient 37 % de leurs revenus au logement, contre 19 % pour l’ensemble des ménages», démontrant l'aspect consensuel de cette problématique. Pour ce qui est de la tendance actuelle jugée préoccupante par les associations, elle se matérialise par une augmentation des ménages qui déclarent rencontrer des difficultés à «joindre les deux bouts» : de 22% en 2023 à 29% en 2024, «soit une augmentation de 32 %», a averti la Fondation pour le logement.

L'évolution des prix de l'immobilier inquiète

Une hausse importante du prix des logements est également pointée du doigt dans l'ensemble de l'UE : en quelques années seulement, ils ont bondi de 38,8% et les loyers ont, eux, progressé de 14,4%. La directrice adjointe de la Fédération européenne, Ruth Owen, souhaite que l'Europe prenne ses responsabilités : «Le plan européen doit protéger et soutenir le logement social, qui est sous pression dans certains pays».

Autre inquiétude, l'appel «aux investisseurs privés», via une «plateforme de financement», qui risquent de vouloir "une rentabilité financière suffisante" au détriment des locataires, a pointé Sarah Coupechoux, responsable de la mission Europe à la Fondation pour le logement.

Dès septembre 2015, l'UE avait désigné ses différents objectifs de développement durable, dont la lutte contre le sans-abrisme était le premier point. On y retrouve d'autres enjeux très importants comme l'ODD 2 qui vise à éradiquer la faim et la malnutrition en garantissant l'accès à une alimentation sûre ou encore l'ODD3, au sujet de la santé et le bien-être de tous, notamment en matière de procréation et en ce qui concerne les maladies transmissibles, non transmissibles, environnementales et mentales. Au total, il existe 17 ODD, s'inscrivant toutes dans l'Agenda 2030 du continent.

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