Une entreprise de matériaux de construction a été condamnée par la justice espagnole à verser plus de 166.000 euros d'indemnités à une salariée victime d'un accident du travail. La femme avait glissé sur son lieu de travail, notamment en raison de l’absence de chaussures de sécurité adaptées.
Des chaussures de sécurité qui coûtent cher. La Haute Cour de justice de Catalogne a condamné une entreprise spécialisée dans les matériaux de construction à verser 166.703 euros d'indemnités à une employée blessée sur ses heures de travail.
Cette dernière, qui travaillait dans l'entreprise depuis 1990 et comptait près de 27 ans d'ancienneté, a glissé avant de lourdement chuter au sol alors qu'elle inspectait des marchandises sur un quai de chargement extérieur.
Alors que l'accident remonte à juin 2017, la décision, rendue publique en avril 2026, a confirmé la responsabilité de l'entreprise dans cet accident de travail. La chambre sociale a retenu plusieurs manquements de l'employeur à ses obligations de prévention, notamment en ne fournissant pas à la salariée des chaussures de sécurité antidérapantes.
Les juges ont également pointé l'état du revêtement de sol de la zone où l'accident s'est produit.
De lourdes séquelles après l’accident
Si la responsabilité de l’entreprise demeure néanmoins pleinement reconnue, le jugement a toutefois réduit partiellement l’indemnisation fixée à 178.545 euros par le tribunal de première instance de Sabadell (près de Barcelone).
Pour fixer le montant du dédommagement, les juges ont pris en compte le salaire de l’employée, les pertes de revenus occasionnées par l’accident ainsi que les soins médicaux nécessités par ses blessures.
En effet, la chute lui a causé de graves blessures au poignet gauche nécessitant une intervention chirurgicale avant de conserver d'importantes séquelles permanentes. La salariée souffre notamment de «douleurs neuropathiques, d’une perte de force importante et des limitations significatives de mobilité et de dextérité manuelle», rapporte le média espagnol Noticias Trabajo.
L’argument de la prescription rejeté par les juges
Devant la justice, l'entreprise a tenté de contester sa responsabilité en estimant que les blessures n'étaient pas une conséquence directe de l'accident, la travailleuse ayant par la suite obtenu une pension d'invalidité permanente totale en raison d'une maladie courante.
Des arguments qui n’ont pas convaincu les magistrats puisque la Haute Cour de justice de Catalogne a jugé que cette situation n'efface en rien les blessures et les séquelles directement causées par la chute.
La juridiction espagnole a également rejeté l'argument selon lequel «la plainte aurait été déposée hors délai» et serait donc prescrite. Selon cette dernière, la victime avait multiplié les démarches pour obtenir réparation, notamment auprès de l'Inspection du travail et par voie judiciaire, interrompant ainsi les délais de prescription.
L'affaire pourrait néanmoins connaître un nouveau rebondissement, la décision pouvant encore faire l'objet d'un appel devant la Cour suprême espagnole.