Le bureau de l’Assemblée de la CPI a pris la décision de suspendre son procureur général, Karim Khan. Ce dernier fait l’objet d’une enquête externe pour des allégations d’agression sexuelle.
Accusé d’agression sexuelle envers une collaboratrice, le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a été suspendu lundi 8 juin. Cette décision, appliquée avec effet immédiat, a été prise par les 21 membres qui composent le bureau de l’Assemblée de la CPI.
Il a été décidé «par la majorité qualifiée (...) de suspendre le procureur de ses fonctions avec effet immédiat», indique un communiqué de la CPI. «Le bureau insiste sur le fait que cette suspension ne donne pas d'indication sur l'issue finale» de l’affaire, précise toutefois le document.
Karim Khan rejette les allégations qui le visent. Dès le mois de mai 2025, il avait annoncé se mettre en retrait pour se défendre, l’intéressé faisant l’objet d’une enquête externe pour «faute présumée».
Accusé de comportement sexuel inapproprié
D'après plusieurs médias, le Britannique aurait été accusé de comportement sexuel inapproprié à l'égard d'un membre de son personnel. Selon le Wall Street Journal, l’une des assistantes du procureur a témoigné face à des représentants de l'ONU, déclarant avoir été victime d'attouchements sexuels forcés, et ce, à plusieurs reprises.
En poste depuis juin 2021, Karim Khan s’était retrouvé sous le feu des critiques en 2024, alors que la guerre à Gaza faisait rage. Le procureur britannique avait notamment obtenu des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant.
Israël avait répliqué en déposant une requête visant à récuser le procureur britannique et à annuler ces mandats d’arrêt. Le porte-parole de la diplomatie israélienne avait notamment accusé Karim Khan de chercher à «détourner l'attention du public des accusations graves portées contre lui».