Que faire pour la Fête de la musique à Paris ?

10 millions de Français ont assisté à la Fête de la Musique en 2014. Paris reste la ville la plus dynamique, avec la programmation la plus riche.[Ministère de la Culture et de la Communication]

Lors de la toute première Fête de la musique de 1982, lancée par Jack Lang, le ministre de la Culture, professionnels et amateurs étaient appelés à descendre dans la rue pour jouer une demi-heure. Aujourd’hui, la manifestation s’étend sur une journée et son succès ne se dément pas.

 

L’an dernier, 10 millions de Français ont assisté à quelque 17 000 concerts. Sans compter les 120 pays qui ont adopté l’événement. Tous le célèbrent le 21 juin, une date choisie car elle symbolise l’arrivée de l’été et renvoie à la Saint-Jean, cette fête où l’on allume un grand feu qu’on attise toute la nuit.

Pour la 34e édition et dans le contexte post-7 janvier, le ministère de la Culture a décidé d’intituler la journée de ce dimanche «Vivre ensemble la musique», en choisissant d’insister sur les valeurs de rassemblement, de partage et de tolérance.

Au programme, de la diversité : pop, rock, musiques du monde, salsa, variété française, musique classique… Paris reste la ville la plus dynamique, avec une palette de représentations assurées tant par des artistes reconnus que par des amateurs, tant par des talents confirmés que par des groupes confidentiels.

 

Bigflo & Oli : du rap rajeuni

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[Crédits : Gustavo Lopez Manas]

Bigflo et Oli, deux frères toulousains de 22 et 18 ans, plaisantent, avec leur flow mitraillette, sur les excès du rap qu’ils rafraîchissent avec légèreté. Eux parlent quotidien, petites galères, soirées entre potes, et se sont imposés en quelques semaines comme les tenants d’une génération championne de l’autodérision, qui se met en scène sur YouTube, et où ils se sont fait connaître.

Les ventes de leur premier album, La cour des grands, démarrent d’ailleurs bien. Dimanche, pour le concert organisé par Ricard S.A. Live Music, ils auront à leurs côtés Isaac Delusion, quatuor folk, Smokey Joe & The Kid, qui remixe des tubes avec des tonalités électro, et groove et Fuzeta, nouveau groupe indie-pop. 

Ricard S.A. Live Music, à partir de 19h, place Denfert-Rochereau (14e).

 

 

Bensé : les chansons des amours contrariées

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[Capture YouTube]
 

Ce dimanche, aux Trois Baudets, sont mises à l’honneur les chansons d’amour déçu, celles qui subliment le ressentiment d’avoir été quitté ou trompé. Elles furent portées par Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Brigitte Fontaine, Barbara, Georges Brassens, etc.

C’est Bensé, multi-instrumentiste Niçois de 35 ans, qui les interprétera. Une première pour le chanteur, qui s’est fait connaître avec son titre Au grand jamais en 2009 et a sorti en 2014 un deuxième album. 

 
Bensé chante l’amour (et la haine), 20h, Les Trois Baudets (18e).
 
 
Beatrice Eli & Silvana Imam : le yin et le yang suédois
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[Crédits : Marta Thisner]
 
La première a été élue artiste pop de 2014 par la radio nationale, la seconde est l’une des premières figures populaires féminines dans le rap de son pays. Beatrice Eli et Silvana Imam, la brune et la blonde, s’illustrent chacune dans leur style. La pop teintée d’électro avec refrains en anglais immédiatement reconnaissables de l’une s’oppose, en tout point, au flow rageur et scandé en suédois de l’autre.
 
Pourtant, ces jeunes femmes de 28 ans, dont la relation amoureuse s’affiche dans la presse, se révèlent davantage complémentaires qu’opposées. Toutes les deux revendiquent leur féminisme et leur homosexualité jusque dans leurs textes. Des paroles militantes et libres, portées par des interprétations énergiques. Avec leur inventivité radieuse, elles dynamitent la scène musicale suédoise.
 
Beatrice Eli & Silvana Imam, à partir de 19h, Institut suédois (3e).
 
 
Skratch Bastid : Un dj set à la canadienne
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[Capture d'écran]
 
Il y a un an, il avait su faire vibrer la Nuit boréale, dédiée à la scène musicale canadienne, organisée chaque 21 juin depuis 2012. Il a été réinvité cette année pour faire à nouveau danser les Parisiens. Skratch Bastid (Paul Murphy de son vrai nom) a commencé sa carrière en 2003, où il créa l’événement lors d’une compétition de DJ au festival Scribble Jam, dans l’Ohio. Un triomphe grâce à la candeur de ses 20 ans, doublée d’une aisance flamboyante à mixer le disco autant que le funk et le hip-hop.
 
Il a participé à imposer Toronto parmi les endroits qui comptent dans le clubbing. Une ville d’où il s’échappe, succès oblige, pour l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Europe. Dimanche, il conclura les festivités de la Nuit boréale, après les performances de ses compatriotes, notamment la chanteuse québécoise Alejandra Ribera et le groupe rock In-Flight Safety.
 
Nuit boréale, à partir de 18h, esplanade des Invalides (7e).
 
 
Hindi Zahra : la soul venue du Maroc
 
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[Crédits : Wikimedia / Guillaume Laurent]
 
C’est un bénéfique retour aux sources. Pour écrire Homeland, son deuxième opus, Hindi Zahra est retournée au Maroc, son pays natal. Elle y a retrouvé le calme après le succès du premier, Handmade (135 000 exemplaires vendus en 2009) et une longue tournée.
 
Surtout, elle s’est inspirée de l’atmosphère de Marrakech, de l’histoire des peuples berbères et touaregs dont elle tire elle-même ses origines, pour signer cet album blues, nomade, mélancolique et teinté de soul. Elle fera partager plusieurs titres à l’hôtel de Matignon, où se produiront aussi Yael Naim et Vianney.
 
Hindi Zahra, 17h45, cour d’honneur de l’hôtel de Matignon (7e).
 
 
Playbackdolls : éclatements de tonalité
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[Crédits : Anna Schwab]
 
Ils sont six sur scène. Il y a Tino à l’accordéon, Bernhard à la trompette, Florian à la guitare, David à la batterie et surtout Stephan au synthétiseur et au violoncelle, et Tini à la voix. Ce sont ces deux derniers qui ont fondé le groupe en 2008, à Vienne. Cet assemblage donne un son inédit et insaisissable. Ni rock, ni classique, ni électro d’ailleurs. Les Autrichiens de Playbackdolls se faufilent entre les genres avec une aisance qui leur est propre, parviennent à donner de la cohérence à un éclatement de tonalités.
 
La voix sans manière, grave et rocailleuse, de la chanteuse Tini, toujours coiffée d’un chapeau lors des concerts, apporte une touche plus sombre aux chansons du groupe. Façon Marianne Faithfull en langue allemande. C’est dans un double cadre que joueront les Playbackdolls : la Fête de la musique évidemment, mais aussi le dernier jour du festival We are le Carreau, qui rassemble ateliers sportifs et artistiques. Egalement au programme : le groupe électro Wunderland, compatriote des Playbackdolls, dès 16h30.
 
Playbackdolls, 18h, Carreau du Temple (3e).
 
 
Les Tigresses diatoniques : Sur un air de piano à bretelles
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[Capture YouTube]
 
Ils forment un groupe rieur et rythmé, installé en ligne, toujours prêt à entonner une chanson populaire, un chapeau de paille vissé sur la tête. Les Tigresses diatoniques ambitionnent de redonner à tous le plaisir de chanter ensemble sur des airs connus et qui ont marqué l’histoire de la variété française. Ils enchaînent sans mal Piaf, Brel, Brassens, Fréhel, Aznavour, Dalida, Gainsbourg ou Souchon.
 
A huit, chacun avec son accordéon diatonique qu’ils serrent et déplient. Autour, les spectateurs se font les interprètes des tubes qu’ils jouent : les paroles leur ont été préalablement distribuées sur des feuilles de papier. Simplicité, convivialité, générosité… Les Tigresses diatoniques, dont la formation existe depuis 1991, s’apparentent à une chorale improvisée. Dimanche, c’est dans le cadre privilégié de la place des Vosges, avec son architecture classique du XVIIe siècle et sa pelouse verdoyante, que le groupe officiera.
 
Les Tigresses diatoniques, à partir de 19h30, place des Vosges (4e).
 
 
Jeanne Added : la voix du jazz et du rock
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[Couverture de Be Sensational, deuxième album de Jeanne Added]
 
Son premier album s’est hissé, en quelques semaines, dans le top 10 des meilleures ventes. Be Sensational se compose de onze titres rythmés et électriques où s’épanouit la voix fêlée et tranchante de Jeanne Added, 34 ans. Formée par les vénérables Conservatoire supérieur français et Royal Academy de Londres, elle s’est imposée comme une artiste jazz reconnue avant d’opérer un virage vers le grunge et le rock. Elle était violoncelliste, elle ne jure désormais que par la basse. D’abord au sein d’un groupe, 
Linnake, formé en 2010 puis en solo depuis.
 
Ce dimanche, elle sera l’une des têtes d’affiche du concert qu’organise le site français de streaming Deezer, place de la République. Fouleront aussi la scène : le groupe Skip the Use, sensation pop de 2014 ; le chanteur australien Josef Salvat, qui s’est fait connaître pour sa reprise intimiste en piano-voix de Diamonds de Rihanna ; ou la chanteuse de 17 ans Marina Kaye qui cartonne depuis quelques semaines avec son titre Homeless. Le concert, totalement gratuit, ne durera pas moins de dix heures.
 
Concert Deezer, de 14h30 à 00h30, place de la République (11e).
 
 
L'Orchestre national : le public de concert avec l’orchestre
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[Crédits : Eric Gardault]
 
Le Gourmandesque, Le Dadalien, Le Parlé gazou : ces noms poétiques et intrigants sont ceux des trois actes de Trois langages imaginaires, qui se tient à la Philharmonie. Une création originale portée par l’Orchestre national d’Ile-de-France. Mais la formation de 95 musiciens ne sera pas la seule à jouer : ici, le public fait partie de l’orchestre, aux côtés des instruments à vent et des cordes. A son arrivée, chaque spectateur se verra remettre un bonbon et un kazoo. Les sons que l’assistance doit produire sont notés sur la partition, signée de l’Italien Nicola Campogrande, l’un des compositeurs contemporains les plus inventifs de sa génération.
 
Ce sont le chef d’orchestre Nathan Brock et la chef de chœur Irene Gomez-Calado, aidés d’une assistante, qui signaleront quels gestes pratiquer et surtout à quel moment, pour conserver le bon tempo. En préambule, l’orchestre interprétera l’ouverture des Joyeuses commères de Windsor, un opéra-comique créé par l’Allemand Otto Nicolai en 1849, d’après la pièce de Shakespeare.
 
Orchestre national d’Ile-de-France, Concerto pour public, 11h, Philharmonie de Paris (19e).
 
 
Ibrahim Maalouf : une improvisation géante
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[Crédits : Wikimedia / Thesupermat]
 
L’événement promet de se révéler comme l’un des plus novateurs de cette édition de la Fête de la musique. A l’invitation du ministère de la Culture, Ibrahim Maalouf investira dimanche le jardin du Palais-Royal pour un concert en deux temps. A partir de 19h, le pianiste et trompettiste se lancera dans un «jam», soit une improvisation géante d’un genre particulier : chacun peut y participer, depuis les quatre coins du monde.
 
Il suffit de s’enregistrer en train de jouer, en vidéo, sur la page spécialement créée sur le site Whojam.com. Les extraits serviront ensuite de matière à Maalouf et ses invités lors de leur performance. A partir de 20h, c’est une représentation plus traditionnelle qui se tiendra avec toute l’équipe d’Illusions, album de 2014 avec lequel l’artiste de 34 ans a remporté une victoire de la musique. Egalement au programme de cette soirée gratuite : la DJ électro Chloé et le bagad Cap Caval, originaire du Finistère.
 
Ibrahim Maalouf, à partir de 19h, jardin du Palais-Royal (1er).
 
 
FFS : le supergroupe détonnant
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[Crédits : David Edwards]
 
C’est un mariage bien réjouissant. Les Ecossais de Franz Ferdinand se sont associés aux mythiques Sparks, duo californien, pour former un supergroupe : FFS. Leur album éponyme qui vient de sortir fait déjà la joie de la critique. Un concentré d’excentricité fidèle à l’identité musicale des deux formations. Le glam et l’humour des frères Ron 
et Russell Mael et le rock accrocheur de Franz Ferdinand. Avant de s’attaquer aux festivals de l’été, ils seront donc sur la scène du studio 104.
 
Sont aussi annoncés la Londonienne à la voix envoûtante ALA.NI et Benjamin Biolay, qui proposera une création autour de l’album hommage à Charles Trenet qu’il vient de sortir. Enfin, le groupe Les Innocents, récemment reformé, sera présent. Pour y aller, il faut s’inscrire sur le site de Radio France. Les billets sont à retirer à la Maison de la radio jusqu’à 20h30 dimanche. Après cet horaire, les places non retirées seront réattribuées au public sans réservation. Pour la Fête de la musique, toutes les stations Radio France sont mobilisées, le programme est à consulter sur le site.
 
Franz Ferdinand et Sparks, 21h, Maison de la radio (16e).

 

Le son et la lumière des armées

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[Crédits : S. Petremand / Armée de terre]

C’est un événement très attendu chaque année : Les armées fêtent la musique. Dimanche, à partir de 18h, au Champ-de-Mars et devant l’Ecole militaire, une centaine de musiciens issus de trois ensembles musicaux de l’armée de terre seront réunis pour offrir au public un concert son et lumière. Sous l’impulsion du général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris, l’opération a été renouvelée. Un concert gratuit financé par des mécènes et des partenaires.
 
Les armées fêtent la musique est aussi un show. Une scénographie lumineuse animera la façade de l’Ecole militaire. Elle sera réalisée en partenariat avec We are the Oracle, entreprise parisienne d’événementiel dont les soirées agitent les nuits de la capitale. C’est ensuite un show laser qui balaiera la façade à la nuit tombée. Un spectacle assuré par France Laser, spécialiste de la mise en lumière de grands sites historiques ou naturels. Enfin, grande nouveauté : le TweetWall. Ce grand panneau interactif fera apparaître les tweets du public grâce au hashtag #FDMA2015.
 
Au programme : la fanfare du 27ème bataillon de chasseurs alpins, la musique des parachutistes ainsi que le chanteur Bénabar.
 
Les armées fêtent la musique, à partir de 18h, Champ-de-Mars et Ecole militaire (7e).

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