Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

«C'était comme ouvrir une capsule temporelle» : la découverte de protéine dans un fossile de 24 millions d'années ouvre de nouvelles perspectives, les dinosaures bientôt concernés ?

Le fossile d'un rhinocérotidé renfermant des protéines vieilles de 24 millions d'années a été analysé par des scientifiques. [© Unsplash / Daley van de Sande]

Une étude parue dans le célèbre journal scientifique Nature fait état de recherches révolutionnaires au sujet de séquences de protéines d'anciens êtres vivants. Ryan Paterson détaille la portée de son travail pour CNEWS.

Une découverte sans précédent. Une équipe de chercheurs a analysé la séquence de protéine la plus ancienne jamais trouvée. Il s'agit d'une partie de l'ADN d'un rhinocéros ayant vécu il y a 24 millions d'années. Ces recherches ouvrent la porte à un monde scientifique qui pourrait révolutionner notre compréhension des êtres vivants disparus.

Cette étude menée sur des séquences d'ADN préservées dans le sol, les os et les fossiles ne cesse de révolutionner notre compréhension de certaines civilisations disparues, d'anciennes branches de notre espèce mais aussi de certaines créatures méconnues. Si cette nouvelle recherche menée par Ryan Paterson et son équipe ne permet pas de décrire une espèce inconnue des radars archéologiques, il repousse les limites du temps en battant le record de la séquence ADN la plus vieille jamais analysée.

Une dent parfaitement conservée grâce à «un frigidaire naturel»

Celle-ci provient d'une dent d'un rhinocérotidé, animal vivant il y a 21 à 24 millions d'années et appartenant à la famille des rhinocéros. «Cette dent fossile a été découverte en 1986, sur l'île de Devon, dans l'Arctique canadien», relate le scientifique pour CNEWS.

La dent a été découverte en 1986, dans le nord du Canada © Springer Nature Limited

«Ce fossile est resté dans une collection de musée pendant des décennies et deux docteurs ont décidé de reprendre les recherches sur ces sites arctiques. Nous avons donc décidé d'utiliser des techniques plus modernes pour les analyser et ce qu'on y a trouvé a été assez exceptionnel. Certaines protéines y ont survécu pendant plus de 20 millions d'années», reprend le chercheur au centre de cette recherche historique.

«L'environnement de l'Arctique a joué un rôle essentiel dans la conversation de ces protéines. Le fossile était enterré dans le désert arctique, dans des conditions froides et sèches. C'était presque comme s'il était placé dans un frigidaire naturel», détaille le chercheur, qui précise que l'émail dentaire a également agi comme une barrière naturelle permettant de limiter la moisissure, le contact avec les microbes et la marque du temps sur ces séquences génomiques.

«c'était comme ouvrir une capsule temporelle»

«Quand nous avons réalisé que nous pouvions séquencer ces protéines en détail, c'était comme ouvrir une capsule temporelle. Nous manœuvrions la plus ancienne source d'information génétique provenant d'un vertébré de l'histoire. Ce moment est gravé dans ma mémoire. Cela a repoussé le champ des possibles en ce qui concerne les recherches sur la vie ancienne», explique-t-il ensuite.

Mais ce qui rend le plus fier Ryan Paterson est la perspective d'avenir que cette découverte a ouverte : «J'espère ne pas exagérer, mais je pense que cela ouvre un tout nouveau chapitre dans notre façon d'étudier les animaux anciens». Jusqu'à présent, les chercheurs s'appuyaient en effet sur l'anatomie des êtres vivants, notamment en étudiant leurs ossements. Cela venait d'ailleurs avec plusieurs problèmes, comme l'explique le chercheur : «Parfois, cette méthode pouvait nous égarer en raison de l'évolution convergente, ou en faisant des recherches sur l'ADN, qui se dégrade après quelques centaines de milliers d'années».

de nouvelles informations sur les espèces disparues ?

C'est précisément la raison pour laquelle Ryan Paterson croit en la recherche sur les protéines : «Elles sont plus résistantes, et nous savons maintenant qu'elles peuvent survivre des dizaines de millions d'années. Dans un avenir proche, nous pourrions les utiliser pour plusieurs choses. Reconstituer plus précisément les arbres généalogiques d'espèces disparues, en apprendre davantage sur leur biologie, leur régime alimentaire, et même leur sexualité et leurs systèmes de reproduction et enfin explorer d'autres fossiles de régions polaires pour découvrir d'autres secrets moléculaires très anciens».

A contrario, l'ADN est «beaucoup plus fragile», et sa séquence la plus ancienne jamais trouvée date de seulement 2 millions d'années. «Et celle-ci a a été découverte dans des conditions arctiques parfaites», précise le chercheur.

Mais il reconnait : «Les protéines sont plus durables et solides, mais même elles ont leurs limites. Des chercheurs tentent de trouver des protéines dans des fossiles dinosaures et c'est possible que l'on ait des résultats dans les prochaines années. Mais c'est encore de la science fiction à ce stade d'imaginer retrouver des protéines de ces géants. Mais attention, chaque découverte repousse les limites de ce que l'on croyait possible. Peut-être que dans une dizaine d'années, nous reprendrons mes phrases et nous rirons de mon pessimisme !»

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités