Jugé pour avoir violé et torturé son ex-femme et battu ses enfants, Karim Braire sera fixé sur son sort ce mercredi 17 décembre. Lors des réquisitions, une peine de dix-huit ans de prison a été requise à l’encontre du «surfeur mythomane».
Une lourde peine. Dix-huit ans de réclusion criminelle ont été requis ce mercredi à l'encontre de Karim Braire, un homme de 44 ans au passé contesté de gloire du surf, accusé d'avoir violé et torturé son ex-femme et battu ses enfants.
Devant la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques, l'avocat général l'a jugé «éminemment dangereux» en demandant aux juges d'assortir sa condamnation d'une période de sûreté de 12 ans et d'une injonction de soins.
L'ex-femme du mis en cause, âgée de 42 ans, a décrit à l'audience, ouverte lundi 15 décembre, des rapports sexuels imposés et une «emprise totale» de son conjoint sur elle et leurs enfants, qu'il a aussi violentés.
Elle a raconté un épisode «ultime» de violences survenu fin 2022 au Maroc, qui vaut à l'accusé d'être jugé aussi pour tortures et actes de barbarie, avant qu'elle ne prenne la fuite par «instinct de survie», après 14 ans de vie de couple.
Une semaine de torture
Séquestrée durant une semaine dans le sous-sol de la maison familiale, battue chaque nuit à coups de câble électrique, elle s'était alors «vue mourir». L'ex-mari a contesté les faits, ne reconnaissant qu'une seule «soirée» de violences, au motif qu'elle lui aurait avoué un prétendu adultère.
«Ce n'est pas dans les victimes qu'il faut aller chercher le mensonge», a lancé l'avocat général à Karim Braire, revenant sur son passé romancé de surfeur de l'extrême, signature d'un «menteur pathologique».
Avocat de la défense, Me Niels Capeyron a déploré cette image de «mythomane» accolée à son client, estimant qu’elle avait imposé «un regard biaisé» sur ce dernier. Si celui-ci reconnaît des violences conjugales et un mécanisme «évident» d'emprise, à en croire son conseil, «les sévices ne sont pas ceux qu'on vous présente».
«On a voulu s'assurer que Karim Braire reste longtemps en prison et il a fallu créer cette image de pervers sexuel», a lancé l'avocat en demandant la requalification des faits de tortures et actes de barbarie en violences avec arme.
Pour l'accusation au contraire, cette personnalité «mythomane» et «violente», dans la «négation de l'humanité de l'autre», éclaire les faits dénoncés par l'ex-épouse, étayés par les témoignages d'anciennes compagnes esquissant «un schéma», voire un «mode opératoire» de Karim Braire.
Les enfants également victimes de violences
Deux d'entre elles ont ainsi évoqué des «baffes», des mots dégradants mais aussi des rapports sexuels imposés, voire «violents et douloureux».
L'accusé, visiblement agacé, a répondu être la cible d'accusations «mensongères» après une «concertation» entre ses accusatrices, alors que son ex-femme confiait ses craintes à la cour : «la prochaine, il va la tuer».
Pour les experts psychiatre et psychologue, le «narcissisme» de Karim Braire empêche toute «remise en question» et le fait «exploser de colère» lorsque ses proches s'opposent à son «contrôle coercitif».
L'accusé a reconnu des violences sur ses enfants, «pour des bêtises» ou «le quotidien de l'éducation», alors que sa fille de 15 ans a évoqué sa «peur constante» des coups qui tombaient sur elle ou son petit frère pour le moindre incident.
Des enfants «cabossés», qui ont subi les violences de leur père et assisté à son «déferlement de haine» sur leur mère, a plaidé leur avocate, Me Maialen Cazeau.
Karim Braire avait eu un certain écho médiatique en 2017 en publiant un livre, «Zarma Sunset», qui racontait son parcours de gamin de la banlieue d'Orléans parvenu à surfer les plus grosses vagues de la planète. Une «supercherie», selon les spécialistes de la discipline.