Un palace inscrit monument historique vendu 10.000 euros

Cet édifice emblématique de la cité thermale d'Eaux-Bonnes (Pyrénées-Atlantiques) a vu défiler le gratin du Second Empire. [GAIZKA IROZ / AFP]

Il cherchait un acquéreur depuis plusieurs années. L'ancien Hôtel des Princes, palace de 175 chambres typique de l'architecture du Second Empire mais quasiment en ruine, a été vendu jeudi à Paris lors d'une adjudication judiciaire pour 10.000 euros.

Cet édifice emblématique de la cité thermale d'Eaux-Bonnes (Pyrénées-Atlantiques) a vu défiler le gratin du règne de Napoléon III et a même accueillit l'impératrice Eugénie en 1861. Il a fermé ses portes en 1975 et depuis, il y avait péril en la demeure. La mairie de ce petit village de 340 habitants n'avait pas les moyens de le prendre en charge. Et pour cause, les travaux sont estimés à une somme astronomique : entre 15 et 20 millions d'euros.

A lire aussi : Un hameau historique à vendre dans le Jura

La renaissance après 40 ans de déboires ?

Et il est vrai que l'Hôtel des Princes offre aujourd'hui un triste spectacle avec sa toiture éventrée et ses intérieurs détrempés. Il ne reste plus guère que l'escalier monumental où le visage de l'impératrice Eugénie est sculpté sur la pomme de sa rampe. Ce témoin de l'architecture du XIXe est inscrit aux Monuments historiques depuis 2002. Un statut fiscalement avantageux qui a permis à la commune de le vendre en 2003 pour 1,2 million d'euros à un promoteur.

Mais, cette vente fut le centre d'une vaste escroquerie et le projet présenté n'a jamais vu le jour, le promoteur ayant été déclaré en cessation de paiement avant les premiers travaux. Ces dernières années le bâtiment avait été géré par le liquidateur du promoteur qui avait tenté de le vendre à un million d'euros l'an dernier sans trouver preneur.

Jeudi, au Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, alors que sa mise à prix avait été fixée à 20.000 euros, l'ex-Hôtel des Princes est parti à seulement 10.000 euros, juste le prix de réserve. L'acquéreur est une société dont le nom n'a pas été révélé. Le droit de surenchère expirant dans seulement dix jours après l'adjudication. On en saura donc plus début octobre.

Le maire estime que le monument n'a pas été bradé. «Dans l’état où il est, c’est déjà bien qu’une société ou un groupe veuille investir et réaliser des travaux. Derrière, il peut y avoir une activité économique» soutient-il.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles