Paris : le top 5 des maisons de village

La Campagne à Paris.[M. LERIDON POUR DIRECT MATIN]

La capitale est réputée pour la beauté et l’harmonie de ses immeubles haussmanniens à plusieurs étages. Il existe pourtant, disséminés dans Paris, des villages où d’irréductibles habitants logent dans des maisons.

Bénéficiant souvent d’un calme olympien, ces quartiers offrent au visiteur une tranche d’évasion certaine. A l’instar des résidents, la nature s’y sent souvent à l’aise et agrémente les constructions.

Et c’est un petit air de campagne qui souffle dans la capitale. Ces maisonnettes à un ou deux étages en font rêver plus d’un. Mais attention, pour faire partie des privilégiés, il faudra débourser des millions d’euros…

Le plus charmant : La villa Léandre

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C’est un véritable havre de tranquillité. Nichée sur la butte Montmartre, la villa Léandre est une charmante impasse qui dénote avec le reste de la capitale. Ses petites maisons et sa rue pavée font oublier qu’on se trouve bien en plein Paris.

Des habitations de briques rouges jouxtent des façades blanches où la végétation semble bien à l’aise pour se déployer. Il n’est pas rare d’ailleurs d’y voir des tournages de films. Elle porte le nom d’un caricaturiste pour journaux illustrés, Charles Léandre (1862-1935), dont l’atelier se trouvait rue Caulaincourt.

Avant la construction de la villa, le lieu était un maquis. Au XVIIIe siècle, on y comptait quelques moulins comme celui des Près datant de 1725. Les habitants ont bien conscience du privilège d’être résidents du quartier. Certains sont d’ailleurs installés depuis des générations. Aussi, les déménagements sont très rares et quand cela est le cas, les transactions immobilières se font à prix d’or.

Villa Léandre, entre le 23 et le 27,  avenue Junot (18e). Métro Lamarck-Caulaincourt

Le plus atypique : La Mouzaïa

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Il porte le nom d’un lieu-dit algérien. Le quartier de la Mouzaïa est également un joyau méconnu de la capitale niché au cœur du 19e arrondissement, à deux pas des Buttes-Chaumont.

Un vrai dédale de ruelles pavées qui cachent des villas charmantes. Construit sur d’anciennes carrières, il est impossible aujourd’hui d’y bâtir des logements plus imposants pour des raisons de sécurité.

Les promenades dans ce havre de charme ont donc de longues heures devant elles. Lors de la visite, une halte au hameau du Danube s’impose : grâce à leurs devantures soignées et leurs jardinets bien entretenus, ces pavillons ont remporté le concours de façades de la ville de Paris en 1926. Les ruelles de la Mouzaïa offrent en ce moment un spectacle étonnant avec sa végétation en fleurs.

La Mouzaïa (19e). Métro Botzaris

Le plus champêtre : "La campagne à Paris"

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Ils sont une poignée dans le 20e arrondissement à pouvoir se targuer de vivre dans une petite maison. «La Campagne à Paris» regroupe une centaine d’habitations non sans charme qui disposent d’un ou deux étages.

A l’origine, le site abritait des carrières de gypse. Laissé à l’abandon, le terrain fut acquis en 1908 par une société coopérative fondée sous l’impulsion du pasteur Sully Lombard et baptisée «La Campagne à Paris». Le projet était de permettre à des ouvriers, fonctionnaires et autres employés aux revenus modestes de devenir propriétaires de logements sains, hygiéniques et surtout coquets.

Près de vingt ans après, 92 logements sortaient de terre. Chaque pavillon a sa propre personnalité, mais tous disposent d’un petit jardin sur la rue, ce qui contribue à créer une ambiance village. Aujourd’hui, les ouvriers ont laissé place aux architectes et artistes. Les logements se vendent en millions d’euros. Mais une promenade dans ce quartier atypique reste gratuite. 

La Campagne à Paris (20e). Métro Porte de Bagnolet

Le plus reculé : le quartier des Peupliers

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Là encore il est difficile de ne pas se croire à des kilomètres de Paris. Pourtant, la rue des Peupliers est bien dans le 13e arrondissement. Son nom rappelle les grands arbres qui poussaient le long de la Bièvre avant que celle-ci ne soit recouverte pendant les travaux haussmanniens.

Des plaques rondes en bronze rappellent d’ailleurs la présence de cette rivière. Avec les rues du docteur Leray et Damesme, la rue des Peupliers forme un vrai village avec des dizaines de pavillons à un étage aux façades colorées, lui donnant un faux air de Notting Hill à Londres.

Située à l’angle de la rue du docteur Leray et de la rue du docteur Lucas-Championnière, une maison à colombages à trois étages illustre la diversité des styles. Et place de l’abbé Georges-Hénocque, les plantes grimpantes s’en donnent à cœur joie sur les façades. Un quartier calme où il fait bon vivre.

Le quartier des Peupliers (13e). Métro Tolbiac

Le plus pittoresque : la Butte aux Cailles

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Elle n’est parisienne que depuis 1860. Aussi, c’est tout naturellement que la Butte aux Cailles a des airs de campagne. Véritable dédale souterrain de carrières de calcaire, la butte a été épargnée par les plans de rénovation urbaine du baron Haussmann. Son histoire est aussi liée à la Commune.

En 1871, le général communard Wroblewski résista à l’avancée des troupes du gouvernement avant de devoir battre en retraite. La place de la Commune-de-Paris rappelle ce passé.

En marge des bars et des restaurants, ce quartier de Paris recèle des petits morceaux de campagne. Un peu plus loin, au 10, rue Daviel, se trouve la petite Alsace. Ouvert en 1913, cet ensemble de quarante maisons à colombages, qui rappelle le style alsacien, a été bâti afin d’accueillir des ouvriers.

C’est à l’architecte Jean Walter (1883-1857) que l’on doit cette réalisation étonnante. Il fut d’ailleurs médaillé par le conseil général de la Seine. A quelques pas de là, une autre charmante rue mérite le détour : la villa Daviel. Cette ruelle pavée envahie par la verdure abrite des maisons ouvrières en briques. Avec les arbres et les fleurs, l’impasse devient un véritable tableau vivant au printemps. Il règne ici un calme qui tranche avec l’agitation qui sévit place d’Italie.

La Butte aux Cailles (13e). Métro Corvisart

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