La Grèce confrontée aux exigences des pays triple A

Budget, date des élections : sous l'effet de la crise de la dette, Athènes se voit peu à peu imposer une tutelle renforcée, à la demande de l'Allemagne et des pays de la zone euro notés triple A, au risque d'humilier la Grèce.[AFP/Archives]

Budget, date des élections : sous l'effet de la crise de la dette, Athènes se voit peu à peu imposer une tutelle renforcée, à la demande de l'Allemagne et des pays de la zone euro notés triple A, au risque d'humilier la Grèce.

Excédés par les retards des autorités grecques dans la mise en oeuvre des mesures d'austérité demandées depuis deux ans, et avant de s'engager, peut-être lundi, sur le déblocage d'un deuxième gigantesque plan de soutien, certains des bailleurs de fonds européens font monter la pression quant au contrôle que devra subir la Grèce.

D'autant que ces partenaires craignent de perdre leur bonne notation financière s'ils devaient être contraints de boucher des trous supplémentaires dans ce pays.

Jeudi à Athènes, toute la presse s'émeuvait des déclarations du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui a comparé mercredi la Grèce à un "puits sans fonds".

"Qui va garantir qu'après les élections qu'ont décidées les partis politiques grecs pour avril -et j'ai de gros doutes là-dessus-, qui va garantir que la Grèce respectera aussi ensuite ce que nous décidons actuellement avec la Grèce" s'est-il interrogé.

Le porte-parole du gouvernement grec avait confirmé lundi que des élections anticipées auraient lieu en avril, conformément aux termes de l'accord entre les partis socialiste et conservateur quand ils avaient conclu une alliance gouvernementale en novembre.

Partant favori, le dirigeant de droite, Antonis Samaras, a récemment à nouveau fait le forcing pour obtenir un recours rapide à ce scrutin.

A la recherche d'un chef et risquant d'être laminés après deux ans à la tête du pays, les socialistes sont pour leur part divisés entre ceux qui sont prêts à en découdre, et les partisans du maintien aux affaires du gouvernement technique de Lucas Papademos jusqu'en 2013 pour réformer.

"Que veulent les Allemands ?" : "un mécanisme de surveillance", et un "gouvernement à la Monti" (Mario Monti, le chef du gouvernement italien) formé de technocrates non élus, s'agaçait en une le quotidien pro-gouvernemental Ta Nea.

Le quotidien populaire de droite Elefterotypos, proche de la Nouvelle Démocratie, sortait, quant à lui, la grosse artillerie : "La Junte de Schäuble, vers un retour aux années de plâtre", titrait-il, dans une allusion à la dictature des colonels subie par la Grèce entre 1967 et 1974.

Dès mercredi, le ton avait été donné par le président grec Carolos Papoulias, qui avait dit publiquement qu'il ne supportait pas les railleries des Allemands, des Néerlandais et des Finlandais, sur les efforts désespérés de la Grèce en vue de rester dans la zone euro.

"Qui est M. Schäuble pour railler la Grèce ? Qui sont les Néerlandais ? qui sont les Finlandais ?" s'est-il demandé. "Nous avons toujours eu la fierté de défendre non seulement notre liberté, mais aussi celle de l'Europe" a ajouté ce vieux dirigeant consensuel, actif dans la résistance antinazie de 1942 à 1944, qui a plus tard étudié le droit à Munich et à Cologne.

L'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas, qui forment le front de l'intransigeance, sont aussi, avec le Luxembourg, les seuls pays de la zone euro à avoir conservé leur note AAA attribuée par l'agence Standard and Poor's au cours de la dernière vague d'abaissement de notes en janvier.

Jeudi, le Luxembourg s'est joint à eux sur le cas grec. La Grèce doit choisir entre réformer son économie et quitter la zone euro, a affirmé le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, soulignant qu'Athènes devait se résoudre à accepter une surveillance accrue de ses comptes par l'UE.

Pour la presse grecque, l'Allemand Horst Reichenbach, qui dirige la "task force" européenne chargée d'aider à mettre en oeuvre les réformes, pourrait voir ses fonctions renforcées et avoir une mission de contrôle permanent. Athènes est déjà soumise à la surveillance trimestrielle des comptables de la troïka.

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