Poursuivi en diffamation par Ardisson, Zemmour est relaxé

Le journaliste Eric Zemmour à son arrivée le 14 janvier 2011 au tribunal de Paris, où il comparaît pour provocation à la haine raciale [Martin Bureau / AFP/Archives] Le journaliste Eric Zemmour à son arrivée le 14 janvier 2011 au tribunal de Paris, où il comparaît pour provocation à la haine raciale [Martin Bureau / AFP/Archives]

Eric Zemmour, poursuivi en diffamation par l'animateur Thierry Ardisson pour une émission durant laquelle le polémiste avait tenu des propos discriminatoires au sujet des Noirs et des Arabes, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Paris.

Dans l'émission de Thierry Ardisson "Salut les terriens", diffusée sur Canal+ le 6 mars 2010, Eric Zemmour avait déclaré, alors que le débat sur le plateau portait sur les contrôles au faciès, que "la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait".

Ces propos avaient suscité une vive polémique et valu à Eric Zemmour d'être condamné en février 2011 pour provocation à la haine raciale à 1.000 euros d'amende avec sursis et plus de 10.000 euros de dommages et intérêts à des associations antiracistes. Cette condamnation est devenue définitive car il n'a pas fait appel.

Eric Zemmour s'était expliqué sur ces propos dans une lettre au président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme). Ce courrier avait été ensuite publié dans la presse.

Le chroniqueur y accusait Thierry Ardisson d'avoir mimé "un effarement scandalisé d'autant plus surjoué qu'il est enregistré et inséré à posteriori". Le présentateur l'avait alors attaqué en diffamation.

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a jugé que, si les termes "enregistré et inséré a posteriori" sont "inexacts", il ne sont pas diffamatoires pour autant. Pour la première partie de la phrase litigieuse, le tribunal a estimé que "l'interprétation de l'expression d'un visage" relève, "pour l'essentiel, de la subjectivité de chacun".

L'avocat d'Eric Zemmour, Me Olivier Pardo, s'est réjoui de cette relaxe, décrivant son client comme "un homme de débat" et non "de chicane judiciaire".

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