Yannick Noah poursuit Pierre Charon en diffamation

L'ancien tennisman Yannick Noah, à Paris, le 21 juin 2012 [Joel Saget / AFP/Archives] L'ancien tennisman Yannick Noah, à Paris, le 21 juin 2012 [Joel Saget / AFP/Archives]

L'ancien tennisman Yannick Noah a expliqué qu'il avait été "touché" par la "vague" d'attaques après sa participation à un meeting de François Hollande en 2012, face aux juges du tribunal correctionnel de Paris, devant lequel il a poursuivi jeudi le sénateur UMP Pierre Charon en diffamation.

Après ce meeting fin janvier 2012 du candidat socialiste à la présidentielle, Yannick Noah a été la cible d'attaques venant de Valérie Rosso-Debord, Pierre Charon, puis Marine Le Pen se référant à ses démêlés fiscaux.

Yannick Noah, qui a remporté le tournoi de Roland-Garros il y a 30 ans, n'a poursuivi que les deux derniers, estimant que "deux procès, c'était largement suffisant".

"On ne peut pas être donneur de leçons et en même temps avoir son pognon planqué à l'étranger", avait déclaré Pierre Charon sur France Inter le 24 janvier 2012, deux jours après le meeting du candidat PS à la présidentielle. "La République exemplaire, on se fout de notre gueule là-dessus !", avait-il poursuivi, ajoutant "il ne faut pas inviter un délinquant pour faire couverture de son meeting".

"C'était la première fois que j'étais la cible de telles attaques", a expliqué Yannick Noah, qui les estime "totalement injustifiées".

A la fin de sa carrière de sportif de haut niveau, Yannick Noah a connu le "doute", "l'inquiétude qui s'est installée", d'où son "choix d'aller faire des économies en Suisse". Mais tout cela était officiel, il n'y avait rien de caché", a-t-il affirmé.

Il a ainsi été résident suisse entre 1992 et 1994 et est en contentieux fiscal avec l'administration, dans une procédure qui est toujours en cours devant le Conseil d'Etat. Néanmoins, "il a été acquis que j'étais de bonne foi", a-t-il assuré.

Pour son avocat Me William Bourdon, on a tenté de "disqualifier", de "dénigrer".

"Ma cible c'était le choix de François Hollande, pas Yannick Noah", s'est défendu Pierre Charon.

"Je commente un commentaire" de Valérie Rosso-Debord, a souligné l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, "je n'avais pas envisagé de faire une conférence de presse à la suite de l'intervention de M. Noah" à ce meeting.

"Le mot délinquant renvoie à une faute fiscale", a souligné son avocate Me Jacqueline Laffont, soulignant que Pierre Charon n'était "pas à l'origine de ces propos, il réagit".

La magistrate du parquet, soulignant "l'imprudence" des propos de Pierre Charon, a estimé l'infraction caractérisée.

Jugement le 11 juillet.

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