Trierweiler et Devedjian contre "La Frondeuse" : décision du tribunal

Valérie Trierweiler à Paris, le 3 juin 2013 [Joel Saget / AFP] Valérie Trierweiler à Paris, le 3 juin 2013 [Joel Saget / AFP]

La justice rend mercredi sa décision concernant les poursuites intentées par Valérie Trierweiler et Patrick Devedjian contre les auteurs et l'éditeur de l'ouvrage "La Frondeuse", qui évoque une relation ancienne qu'auraient eue la première dame et le député UMP des Hauts-de-Seine.

Ecrite par les journalistes Alix Bouilhaguet (France 2) et Christophe Jakubuszyn (chef du service politique de TF1), cette biographie, publiée aux éditions du Moment, revient sur le basculement de la vie de Valérie Trierweiler avec la victoire de François Hollande à la présidentielle.

L'ouvrage retrace les premiers pas de la journaliste au côté de son compagnon, devenu président de la République, avec l'affaire du tweet de soutien à l'adversaire de Ségolène Royal aux législatives à La Rochelle, ainsi que sa vie professionnelle, y mêlant des confidences anonymes sur son passé sentimental.

Dénonçant des "rumeurs non avérées et malveillantes visant à salir sa personne et ses proches", selon son avocate Me Frédérique Giffard, Mme Trierweiler avait saisi la justice.

Alix Bouilhaguet a notamment rencontré à Washington Mme Trierweiler, qui avait selon elle évoqué "spontanément" des éléments de sa vie privée et familiale. "Nous avions le sentiment que c'était pour justifier certains traits de son caractère", avait expliqué la journaliste à l'audience devant la 17e chambre civile.

Fustigeant une "énorme hypocrisie", Me Giffard avait rétorqué que sa cliente n'avait pas souhaité que ces confidences soient publiées, dénonçant de "vraies dérives" de la part des deux journalistes.

Patrick Devedjian, le 16 décembre 2012 près de Paris [Francois Guillot / AFP/Archives]
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Patrick Devedjian, le 16 décembre 2012 près de Paris
 

A la barre, Christophe Jakubyszyn avait expliqué qu'il ne s'agissait pas de dresser le "CV sentimental" de la première dame et que ce n'est qu'à la fin de leur travail que les auteurs ont eu connaissance d'une relation qu'auraient eue Valérie Trierweiler et Patrick Devedjian.

Avant la sortie de l'ouvrage, dans un contexte où les deux journalistes ressentaient "des pressions fortes", ils n'avaient pas sollicité Mme Trierweiler à ce sujet. Ils avaient en revanche questionné Patrick Devedjian, qui avait démenti.

"Fait politique"

Pour l'avocate de M. Jakubyszyn, Me Florence Bourg, il s'agissait d'éclairer le lecteur sur un "fait politique de première importance": la sorte de "pacte de non-agression" entre deux acteurs de premier plan de la vie publique qui auraient "désiré la même femme à un moment donné".

En toile de fond, une tentative de rapprochement politique en 1994 évoquée par les auteurs, via une lettre que François Hollande aurait confiée à Patrick Devedjian, destinée à Edouard Balladur.

Mais dans un courrier au tribunal qui avait fait grand bruit, le président de la République avait contesté l'existence de cette lettre.

Selon Me Giffard, cette explication présente des "anachronismes majeurs".

Si Valérie Trierweiler s'est sentie "trahie", comme l'avait exprimé son avocate, Christophe Jakubyszyn avait assuré qu'il n'y avait "pas d'intention de nuire".

Valérie Trierweiler demande 40.000 euros de dommages et intérêts, destinés à des oeuvres caritatives. Le jugement attendu mercredi ne concerne que les poursuites pour atteintes à la vie privée.

Dans la procédure engagée par Mme Trierweiler, le volet diffamation sera jugé ultérieurement. La première dame a scindé les poursuites envers les auteurs et l'éditeur Yves Derai pour des raisons de procédure, critiquées par les avocats de la défense.

Ces derniers avaient à cet égard longuement bataillé et soulevé la nullité de la procédure. Estimant qu'"on ne peut pas, à sa guise, même quand on est première dame, utiliser la procédure", Me Olivier Pardo, conseil de l'éditeur Yves Derai, était arrivé à la conclusion que le tribunal n'est "plus saisi de rien".

De son côté, Patrick Devedjian a attaqué en diffamation. Il demande 100.000 euros de dommages et intérêts dans la procédure visant l'ouvrage et 40.000 dans celle qui vise le magazine Point de Vue et Christophe Jakybyszyn, qui avait accordé une longue interview à l'hebdomadaire avant la sortie du livre.

Valérie Trierweiler a elle aussi poursuivi cette interview et demande 70.000 euros de dommages et intérêts.

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