Merkel évite Hollande mais se tient prête "évidemment" à travailler avec lui

Berlin dédramatisait lundi le soutien de la chancelière Angela Merkel à Nicolas Sarkozy et son refus de rencontrer le rival socialiste François Hollande avant la présidentielle française, soulignant l'importance du couple franco-allemand.[AFP]

Berlin dédramatisait lundi le soutien de la chancelière Angela Merkel à Nicolas Sarkozy et son refus de rencontrer le rival socialiste François Hollande avant la présidentielle française, soulignant l'importance du couple franco-allemand.

Steffen Seibert, le porte-parole de Mme Merkel, a tenté de calmer les esprits après la polémique déclenchée en France et en Allemagne par l'annonce d'un pacte supposé des principaux chefs de gouvernement conservateurs européens contre M. Hollande.

"Bien évidemment, le gouvernement allemand travaillera étroitement, en confiance et efficacement avec tout gouvernement ou tout président de la République français", a-t-il martelé.

Il a également démenti la réalité d'une telle "alliance". Ce pacte "n'existe pas", a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que Mme Merkel n'avait prévu aucune rencontre avec le leader socialiste, malgré une demande de ce dernier.

Lors d'une interview télévisée début février à Paris, elle avait apporté un soutien appuyé au président Sarkozy qui avait proposé de l'inviter à l'un de ses meetings électoraux en France.

"Je souhaite rappeler que le candidat socialiste est intervenu au congrès du SPD et a répété à plusieurs reprises dans son discours que l'Allemagne devrait élire un nouveau gouvernement en 2013", a expliqué M. Seibert.

"A l'époque, nous ne nous étions pas plaints. Et pourquoi l'aurions nous fait ? C'est tout à fait légitime. De même, personne ne devrait se plaindre que la dirigeante (du parti conservateur) CDU prenne position en faveur d'un ami politique, Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté.

Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, Mme Merkel et ses homologues italien Mario Monti, espagnol Mariano Rajoy et britannique David Cameron, se seraient mis d'accord pour ne pas rencontrer M. Hollande pendant la campagne électorale française. Ce boycott serait lié à sa volonté de renégocier le pacte budgétaire européen, s'il est élu.

A Berlin, certains dénoncent une ingérence nuisible aux intérêts allemands.

Le chef du parti social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, a épinglé lundi une "conception très particulière de la démocratie", soulignant que "la relation franco-allemande est plus importante que la politique conservatrice de +Merkozy+".

Au sein même de son gouvernement, la chancelière a été critiquée par son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle, membre du parti libéral FDP. L'entourage du ministre a fait savoir qu'il était "irrité" par l'attitude de Mme Merkel et s'inquiétait d'une dégradation de la relation franco-allemande.

"Elle a le droit de ne pas vouloir rencontrer Hollande. C'est de bonne guerre qu'on se soutienne entre chefs de gouvernement conservateurs", estime cependant Hendrik Uterwedde, politologue de l'Institut franco-allemand à Ludwigsburg (sud-ouest). "Mais un soutien tellement ostentatoire à Sarkozy, je ne trouve pas ça très malin", ajoute-t-il.

"Merkel sait ce qu'elle perdrait en perdant Sarkozy. Elle connaît ses forces, ses faiblesses, ses manies, ses qualités. Si un nouveau partenaire arrive, il y a toujours des incertitudes. Mais je crois vraiment que ça s'arrête là", explique M. Uterwedde.

Si M. Hollande est élu, il s'attend d'ailleurs à une bonne entente entre les deux dirigeants, car il ont des "styles politiques très proches". "Ils sont plutôt pragmatiques, plutôt mesurés. Je n'imagine absolument pas un clash", assure-t-il.

"La coopération entre la France et l'Allemagne est nécessaire que les partenaires soient de droite ou de gauche", poursuit-il, rappelant la bonne entente entre Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing, puis entre Helmut Kohl et François Mitterrand.

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