Pour rattraper Hollande, Sarkozy renoue avec ses fondamentaux de 2007

A 50 jours du premier tour, Nicolas Sarkozy a renoué avec les thèmes de l'immigration et la sécurité chers à la droite de sa majorité et qui ont fait son succès de 2007, avec l'espoir de relancer sa campagne et de rattraper son retard sur François Hollande.[AFP]

A 50 jours du premier tour, Nicolas Sarkozy a renoué avec les thèmes de l'immigration et la sécurité chers à la droite de sa majorité et qui ont fait son succès de 2007, avec l'espoir de relancer sa campagne et de rattraper son retard sur François Hollande.

Le soufflé de sa déclaration de candidature est retombé, alors retour aux fondamentaux. Samedi, le président candidat a prononcé un discours très marqué à droite truffé de propositions sur la justice, la criminalité ou l'immigration, toutes marquées du sceau de l'ordre et de la fermeté.

Lundi, il est passé aux "travaux pratiques" en visitant à Saint-Quentin un centre d'accueil de jeunes en difficulté encadré par d'anciens militaires (Epide). L'occasion pour le candidat de l'UMP de justifier sa stratégie. Qu'il s'agisse de délinquance des jeunes ou de polémique sur la viande halal.

"Il y a des sujets, si les républicains n'en parlent pas, ce sont les extrémistes qui en parlent mal et de façon offensante", a encore plaidé lundi le chef de l'Etat. En se gardant bien de désavouer les propos de son ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui a suscité un tollé en liant le droit de vote des étrangers, une proposition socialiste, et la viande halal.

"Il n'y a pas de virage à droite, il y a un langage direct, sans tabou, avec le peuple de France", a renchéri lundi en écho Eric Ciotti, "si on ne dit pas la vérité aux Français pendant la campagne, quand le fera-t-on ?"

Officiellement donc, pas de débat sur la stratégie. Pourtant, cette réédition de la pêche aux voix du Front national est loin de faire l'unanimité à l'UMP. "Pour gagner la présidentielle", a mis en garde l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "il faudra qu'il rassemble les deux cultures (de sa majorité), celle de l'autorité et celle de l'humanisme".

Pillé en 2007, le FN ne paraît pas, cette fois, s'en inquiéter. "Sarkozy fait un discours de candidat de l'opposition à Sarkozy en prenant le contre-pied des mesures prises par son gouvernement", s'amuse auprès de l'AFP Jean-Marie Le Pen, "mais ce genre d'opération d'enfumage ne réussit qu'une fois".

"C'est un très mauvais calcul", abonde Bruno Bilde, chef de cabinet de Marine Le Pen, "est-ce qu'il ne va pas perdre plus en s'aliénant les voix de François Bayrou?".

"S'il n'équilibre pas son discours vers le centre", acquiesce un responsable centriste de la majorité, "il va dans le mur, comme le montrent tous les sondages".

Précisément, les deux dernières enquêtes d'opinion ne sont pas bonnes, qui traduisent toutes un coup d'arrêt dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Il perd à nouveau du terrain sur François Hollande au premier tour et il est toujours donné très largement battu au second.

"Nous sommes dans un faux plat, la semaine qui vient sera très importante", juge un proche du président. "Les incidents de Bayonne ont eu un impact négatif et ses propositions sur l'éducation ont été cannibalisées par l'impôt à 75% sur les riches proposé par François Hollande", ajoute-t-il.

Avant sa prestation télévisée mardi sur France 2 et le meeting prévu dimanche à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Nicolas Sarkozy a affiché lundi sa sérénité. "C'est une semaine importante", a-t-il résumé, "pas décisive".

Le chef de l'Etat a aussi tenu à effacer les images négatives du candidat hué jeudi à Bayonne en s'affichant à nouveau lundi au milieu des Français, à la faveur d'un échange très organisé dans un café de Saint-Quentin.

"Ne me portez pas la scoumoune", a-t-il lancé à un de ses interlocuteurs qui l'annonçait déjà réélu, "les Français ont toujours renvoyé à leurs études ceux qui pensaient que c'était fait avant que ce soit fait. Je pense vraiment que ce n'est pas fait, sinon je ne me donnerais pas autant de mal".

Avant de prendre congé, Nicolas Sarkozy a adressé le même message aux journalistes qui évoquaient ses difficultés: "dans deux mois on se retrouve, et puis on voit qui a eu raison et qui a eu tort"...

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