La qualification de Le Pen laisse le camp Sarkozy de marbre

L'UMP a, officiellement, minimisé la qualification de Marine Le Pen pour la course à l'Elysée, qui "ne change rien" à la campagne de Nicolas Sarkozy, mais, discrètement, des responsables avouent un certain soulagement ou y voient au contraire une "mauvaise nouvelle".[AFP]

L'UMP a, officiellement, minimisé la qualification de Marine Le Pen pour la course à l'Elysée, qui "ne change rien" à la campagne de Nicolas Sarkozy, mais, discrètement, des responsables avouent un certain soulagement ou y voient au contraire une "mauvaise nouvelle".

Si, foi de responsables du parti présidentiel, les éléments de langage sont désormais bannis à l'UMP, force est de constater que les arguments avancés au QG de campagne étaient souvent les mêmes mardi, parfois au mot près: "C'est la fin d'un sketch" dont les Le Pen sont coutumiers, "il aurait été anormal pour la démocratie que Marine Le Pen n'ait pas ses signatures" et "cela ne modifie pas notre campagne".

Il est vrai que la question a été au coeur de la réunion, mardi matin, du porte-parolat de la campagne, animée cette fois-ci par Guillaume Lambert, qui dirige la campagne du président-candidat.

"Ca ne change strictement rien pour nous. On a toujours intégré qu'elle serait candidate et qu'elle nous faisait un gros coup de bluff. Jean-François Copé a toujours dit que c'était une vieille recette éculée pour faire de la mousse", souligne l'entourage du secrétaire général de l'UMP.

"Il n'y a jamais eu beaucoup de suspense. Les Le Pen nous ont rejoué un vieux scénario dont on connaissait l'issue à l'avance", renchérit le député UMP Eric Ciotti.

"Nous, on ne regarde pas les autres candidats. Dans la tête du président, tout est déjà calé dans cette campagne, rien ne le fera changer de cap", assure le député UMP Philippe Meunier, membre de La Droite populaire, l'aile droite du parti.

A l'unisson de Nicolas Sarkozy lundi soir, Damien Meslot s'est dit "content" qu'elle ait ses signatures parce que "c'est bon pour la démocratie".

"Jamais !", répond-il quand on l'interroge sur les accusations du vice-président du Front national, Louis Aliot, pour qui l'UMP a "maintenu une pression jusqu'au bout" pour empêcher Marine Le Pen d'obtenir ses 500 parrainages. "On a des dizaines de preuves", a même affirmé M. Aliot.

"Maintenant, on va pouvoir la battre à la loyale. Si elle n'avait pas été présente, elle nous aurait fait tout un cirque", argue Damien Meslot.

"Elle aurait voulu se venger de l'UMP. Son absence aurait provoqué davantage d'effets négatifs secondaires que sa présence. Si elle n'avait pas été en lice, c'est sûr, on aurait eu une avance plus forte au premier tour mais on l'aurait payé encore plus au second. La cible aurait été Sarkozy", analyse un élu du sud de la France.

Il y a quelques semaines, le secrétaire général adjoint de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse, s'inquiétait, lui, auprès de l'AFP de l'éventuelle absence de Mme Le Pen, estimant qu'elle pourrait profiter, notamment, au candidat centriste François Bayrou et à son positionnement anti-système.

D'autres, en revanche, y voient "un coup dur" pour Nicolas Sarkozy. "On aurait eu quelques jours de buzz de Marine Le Pen criant au scandale dans les médias, et puis voilà. Mécaniquement, ça aurait avantagé Sarkozy au premier tour et on sait que ça peut être un plus psychologique non négligeable", juge un ténor UMP.

"C'est une mauvaise nouvelle, reconnaissons-le. Ils étaient nombreux à mettre un cierge tous les jours à la cathédrale pour qu'elle n'ait pas ses signatures!", assure un élu languedocien.

Vous aimerez aussi

Une partisane de l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pendant une manifestation de soutien à l'ex-chef de l'Etat le 15 août 2018 à Brasilia [EVARISTO SA / AFP/Archives]
Élections L’ONU appelle le Brésil à autoriser Lula à se présenter à la présidentielle
Élection présidentielle au Mali : un second tour qui semble joué d'avance
Élections Présidentielle au Mali : un second tour qui semble joué d'avance
Le président-élu colombien Ivan Duque pendant la présentation de son livre "L'Archéologie de mon père" à Medellin, en Colombie le 10 juillet 2018 [JOAQUIN SARMIENTO / AFP]
Présidentielle Ivan Duque investi président de Colombie

Ailleurs sur le web

Derniers articles