Pouvoir d'achat : Sakozy assez loin du compte

Nicolas Sarkozy, qui se voulait le "président du pouvoir d'achat", se félicite régulièrement d'une progression annuelle de 1,4% depuis 2007 mais cette statistique s'appuie sur le mode de calcul le plus flatteur de l'Insee, la réalité pour les foyers français étant moins rose.[AFP/Archives]

Nicolas Sarkozy, qui se voulait le "président du pouvoir d'achat", se félicite régulièrement d'une progression annuelle de 1,4% depuis 2007 mais cette statistique s'appuie sur le mode de calcul le plus flatteur de l'Insee, la réalité pour les foyers français étant moins rose.

"Le pouvoir d'achat a augmenté de 1,4% en moyenne tous les ans pendant la crise", a répété à plusieurs reprises le chef de l'Etat sur les plateaux de télévision.

"Le pouvoir d'achat a progressé de plus de 6% depuis 2007", s'est également félicité le Premier ministre François Fillon. "L'Insee vous le dira, pendant le quinquennat, le pouvoir d'achat des Français a augmenté de 6%", a assuré de la même manière la ministre du Budget Valérie Pécresse devant l'Assemblée nationale.

Pour parvenir à ce chiffre qui revient effectivement à une hausse annuelle de 1,4%, la majorité s'appuie sur une statistique de l'Insee, le "pouvoir d'achat du revenu disponible brut".

Mais cette "grandeur macroéconomique" a de gros inconvénients. Elle mesure l'évolution du pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages français, qui augmente mécaniquement avec la croissance de la population et ne tient pas compte de la composition des ménages.

Selon l'Insee, le pouvoir d'achat calculé de cette manière a progressé de 6,9% entre 2006 et 2011, soit +1,4% par an en moyenne, et de 3,9% si on se limite à la période 2007-2011.

L'insee juge "plus pertinent économiquement" de s'appuyer sur une autre mesure du pouvoir d'achat dite "par unité de consommation", beaucoup plus proche de la perception des Français.

Cet indicateur a certes bondi de 2,4% en 2007 mais en 2008, année zéro de la crise économique et financière, il s'est replié, à -0,3%, pour ne gagner que de maigres 0,6% en 2009 et 0,1% en 2010. 2011 devrait être dans les mêmes eaux.

La progression est de 3,4% entre 2006 et 2011, soit +0,7% par an en moyenne, et de seulement 1,1% si l'on s'en tient à la période 2007-2011.

Ce calcul du pouvoir d'achat tient compte du nombre de personnes dans le foyer (à revenus égaux, un couple dispose d'un pouvoir d'achat supérieur à deux célibataires vivant séparément) et de l'évolution globale de la population.

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