Sécurité : Hollande prône la fermeté

François Hollande fait le pari que les thèmes du pouvoir d'achat et de l'emploi resteront les priorités des Français, en dépit des tueries de Toulouse et Montauban qui ont remis la sécurité sur le devant de la scène.[AFP]

François Hollande fait le pari que les thèmes du pouvoir d'achat et de l'emploi resteront les priorités des Français, en dépit des tueries de Toulouse et Montauban qui ont remis la sécurité sur le devant de la scène.

Jeudi soir, le candidat PS à l'Elysée qui reprenait le chemin des meetings a voulu montrer qu'il avait intégré cet événement traumatisant dans sa campagne. "La campagne reprend ses droits mais rien ne devra être oublié", a-t-il déclaré à Aurillac.

Celui qui, au Bourget en janvier, avait prévenu que la République rattraperait "les petits caïds", a de nouveau affiché sa fermeté promettant que s'il était élu le 6 mai "la République ne laissera aucun terroriste en paix" et "poursuivra tous ceux qui menacent la sécurité de nos concitoyens".

"Oui, la sécurité ça fait partie aussi de nos engagements, surtout de nos engagements, puisque c'est la première des libertés", a assuré M. Hollande qui prévoit notamment dans son programme de créer 5.000 postes en cinq ans dans la police et la justice, et fustige régulièrement les plus de 10.000 supprimés sous le quinquennat Sarkozy.

Et d'avertir : "Que l'on ne vienne pas nous dire que la gauche là-dessus aurait je ne sais quelle indulgence ou que la droite aurait je ne sais quelle compétence en matière de sécurité". Il a ensuite raccroché ce thème à son projet global de "pacte républicain" et de "redressement de la France".

L'ex-premier secrétaire va-t-il accorder une plus grande place à ce thème dans la campagne?

"Qu'il réponde aux critiques de la droite, c'est normal", mais "il n'a pas intérêt à se laisser entraîner sur ce terrain-là car ce ne sont pas les intérêts prioritaires des Français", affirme à l'AFP Gaël Sliman (BVA).

Il cite un sondage de son institut réalisé mercredi et jeudi en plein siège du tueur Mohamed Merah, montrant qu'en tête des priorités des Français figurent toujours le pouvoir d'achat (23%) et le chômage (15%), l'insécurité venant en 9e position à 4% (en baisse de 2 points par rapport à une enquête similaire il y a 10 jours).

Selon l'Ifop, qui a également réalisé un sondage en partie pendant la fusillade de l'école juive de Toulouse, "la lutte contre le chômage reste la priorité des Français" : 73% contre 43% seulement pour "la lutte contre la délinquance".

Frédéric Dabi, politologue de cet institut, pense lui aussi que "François Hollande n'a pas intérêt à rester dans le cadre des questions sécuritaires" car "cela serait décalé par rapport aux préoccupations des Français très marquées par le sceau de la crise".

Dans l'équipe de François Hollande, on affirme ne pas vouloir changer de cap dans la façon d'aborder le sujet. Pour Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial du candidat, la sécurité fait partie intégrante "d'un projet cohérent qui traite de toutes les questions essentielles pour les Français".

"Après le drame de Toulouse, il y a une tentative habituelle de la droite d'instrumentaliser à nouveau le sujet de la sécurité pour masquer son bilan. On ne tombera pas dans ce piège", assure pour sa part le Monsieur sécurité de l'équipe, François Rebsamen.

"On n'a rien à craindre d'un débat sur la sécurité, simplement ce n'est pas la première priorité des Français", souligne-t-il.

Louant le bilan de la gauche dans ce domaine, il invite "Nicolas Sarkozy qui vante le Raid" à "se rappeler que c'est Pierre Joxe, en 1984", qui a créé cette unité d'élite. "La police scientifique et technique, les premiers fichiers de délinquants, c'était Pierre Joxe" également, relève-t-il.

Il qualifie déjà de "gesticulation" le projet de loi en préparation contre l'apologie du terrorisme. Pendant le quinquennat, les socialistes ont qualifié les textes de la majorité adoptés (Peines-planchers, rétention de sûreté, Loppsi I et II) de "pub", "affichage", "spectacle" ou "superflu".

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