Toulouse: Sarkozy surfe sur la sécurité

Alors que le question de la sécurité n'avait fait qu'affleurer dans la campagne de Nicolas Sarkozy, le président-candidat pourrait, après les tueries de Toulouse et Montauban, pousser son avantage sur son adversaire PS François Hollande, jugé moins crédible sur ce thème.[AFP]

Alors que le question de la sécurité n'avait fait qu'affleurer dans la campagne de Nicolas Sarkozy, le président-candidat pourrait, après les tueries de Toulouse et Montauban, pousser son avantage sur son adversaire PS François Hollande, jugé moins crédible sur ce thème.

Jeudi, après la mort de Mohamed Merah, M. Sarkozy a annoncé le renforcement de l'arsenal pénal de lutte contre le terrorisme, précisant plus tard, lors d'un meeting à Strasbourg, vouloir instaurer des "peines de prison" pour ceux qui en font l'apologie.

Toutefois, il a affirmé vendredi, à Valenciennes, que ces mesures ne seraient votées qu'après la présidentielle, s'il était réélu. "Les élections ont lieu dans un mois et demi, ce sera une des premières mesures que je ferai passer si les Français me font confiance", a-t-il dit.

"Il ne faut pas sur une affaire aussi sérieuse qu'il y ait le moindre soupçon d'arrière-pensées", a-t-il ajouté, avec la volonté de couper court à d'eventuels soupçons de récupération de sa part.

A Strasbourg d'ailleurs, M. Sarkozy a pris surtout soin de parler d'Europe, "l'Europe forte", qui "protège", comme cela avait été programmé bien avant les tueries.

Si l'on en juge par un sondage Sofres publié vendredi, les Français savent gré au président de son attitude face au drame de Toulouse et Montauban. M. Sarkozy a suspendu sa campagne pendant trois jours - mise entre parenthèses de ses comptes Facebook et Twitter, annulation d'une interview, de déplacements et d'un meeting - pour suivre au plus près les événements, notamment en se rendant sur place, aux côtés des familles des victimes.

Près de trois Français sur quatre -74%- estiment qu'il a eu l'attitude qui convient, 56% portant le même jugement sur François Hollande. Selon le même sondage, Nicolas Sarkozy apparaît comme le candidat à qui les Français font "le plus confiance pour assurer la sécurité des citoyens" (33%) devant ses concurrents, notamment François Hollande (17%).

"Ce qui s'est passé à Toulouse est un drame fondateur" qui suscite "une angoisse profonde", affirme un proche de M. Sarkozy, qui voit en lui "le président protecteur" dont les Français ont besoin. Mais "la seule politique de sécurité n'épuise pas le drame de Toulouse", poursuit le même.

Eric Ciotti, porte-parole adjoint du candidat et secrétaire national de l'UMP à la sécurité, est beaucoup plus catégorique: "l'actualité replace fortement les questions de sécurité au coeur des débats", assure-t-il à l'AFP, même si les Français apparaissent prioritairement préoccupés, selon les sondages, par les questions de chômage et de pouvoir d'achat.

"Ce thème sera plus présent dans la campagne dans les jours qui viennent", ajoute-t-il, soutenant qu'en la matière, M. Sarkozy "ne souffre pas la comparaison avec le candidat socialiste" dont le projet est "marqué par le laxisme et la démagogie".

A ses yeux, "sur la sécurité, François Hollande n'est jamais sorti de l'ambiguïté". Il en veut pour preuve "la dépénalisation du cannabis sur laquelle il ne s'est pas prononcé, contrairement à Eva Joly", la candidate EELV, ou les peines plancher "qu'il a refusé de voter à l'Assemblée".

"Notre rôle est de contraindre François Hollande à s'exposer sur ces questions", affirme le M. Sécurité du parti majoritaire.

Selon le politologue Jean-Daniel Lévy, "si Nicolas Sarkozy arrive à faire en sorte que les thématiques dominantes dans la campagne portent sur la sécurité, l'immigration et l'international, il aura plus de chances de gagner". "Mais il faut qu'il la joue finement, pour ne pas donner l'impression de tirer profit des drames" de ces derniers jours, ajoute-t-il.

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