Zoom sur la fin de la retraite à 60 ans

Le quinquennat qui s'achève a sonné le glas de la retraite à 60 ans. Cette réforme des retraites, qui ne figurait pas dans le programme de Nicolas Sarkozy en 2007, a été une des plus marquantes et des plus controversées de sa présidence.[AFP/Archives]

Le quinquennat qui s'achève a sonné le glas de la retraite à 60 ans. Cette réforme des retraites, qui ne figurait pas dans le programme de Nicolas Sarkozy en 2007, a été une des plus marquantes et des plus controversées de sa présidence.

Malgré les manifestations monstres organisées dans tout le pays pendant des mois par les syndicats, unis pour l'occasion, malgré des sondages montrant un rejet massif de l'opinion, Nicolas Sarkozy n'a pas cédé face aux grondements de la rue.

Concoctée par le conseiller social de l'Elysée d'alors, Raymond Soubie, portée par le ministre du Travail Eric Woerth -- bien que pris dans le tourbillon politico-financier de l'affaire Bettencourt --, le projet de réforme fait l'objet de concertations avec les syndicats, mais pas de réelles négociations.

Le gouvernement était bien décidé à reculer l'âge de départ légal, fixé à 60 ans depuis 1983, sous le premier septennat de François Mitterrand.

C'est la façon la plus rapide de réduire le déficit de l'assurance vieillesse mais aussi une solution injuste -- et rejetée par les syndicats -- pour les salariés ayant suffisamment cotisé et qui devront néanmoins encore patienter pour faire valoir leur droit à pension.

Le choix est proposé à Nicolas Sarkozy de reculer l'âge légal à 62 ou 63 ans. Il tranche pour 62 ans. L'âge pour toucher une pension sans décote est reculé de deux ans également et passe de 65 à 67 ans.

Ayant inscrit dans le marbre de la réforme le recul des bornes d'âge, le gouvernement adoucit son projet en permettant à certains salariés de pouvoir continuer à partir à 60 ans s'ils ont commencé à travailler avant 18 ans ou s'ils ont eu un métier pénible. Les conditions sont toutefois restrictives.

"Sauver notre système de retraite est un impératif" déclare M. Woerth, en présentant la réforme le 16 juin 2010. "Travailler plus longtemps est inéluctable, il n'y a pas de magie".

L'objectif est de revenir à l'équilibre du régime général d'assurance vieillesse d'ici à 2018 et d'économiser "près de 19 milliards", mais cette réforme n'est pas financée après 2018.

Se voulant "responsable" mais "juste" le gouvernement va glaner près de 4 milliards au moyen d'un prélèvement de 1% supplémentaire sur les 342.000 foyers fiscaux les plus imposés, et d'une taxation supplémentaire sur les revenus du capital (stocks-options, dividendes, retraites des grands patrons) et sur les entreprises.

Après la présentation de la réforme, tout est allé très vite. La loi du 9 novembre 2010 entrera en application le 1er juillet 2011.

Ceux qui sont nés après le 1er juillet 1951 ne peuvent partir qu'à l'âge de 60 ans et 4 mois. Ceux nés en 1952 doivent patienter 8 mois. La génération 1956 ne pourra partir qu'à 62 ans.

Mais en novembre 2011, dans le cadre des mesures de rigueur, le Premier ministre François Fillon accélère la réforme et avance la borne des 62 ans à la génération 1955.

La borne de 67 ans pour le taux plein, prévue à partir de 2023, sera décalée de quelques mois pour les générations de 1952 à 1955.

La durée de cotisation, qui tient compte de l'espérance moyenne de vie, a été allongée plus vite que prévu: depuis un décret d'août 2011, elle est de 41,5 ans (166 trimestres) pour la génération 1955.

En accélérant la réforme M. Fillon a avancé à 2017 le retour à l'équilibre du régime général des retraites. Gain escompté: 4,4 milliards en 2016.

Le déficit du régime général des retraites commence lentement à diminuer. Il devrait être, selon le gouvernement, de 5,8 milliards en 2012 contre 6 milliards en 2011.

Les régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco ont intégré en 2011 le recul de deux ans des bornes d'âge. Les régimes spéciaux (SNCF,RATP,...) le feront en 2017.

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