Premier grand meeting de François Bayrou à Paris

François Bayrou tient dimanche son premier grand meeting, au Zénith à Paris, à un moment délicat de sa campagne où il se voit devancé par Jean-Luc Mélenchon dans un sondage et critiqué à droite pour son attitude et ses propos, après les tueries de Toulouse et Montauban.[AFP]

François Bayrou tient dimanche son premier grand meeting, au Zénith à Paris, à un moment délicat de sa campagne où il se voit devancé par Jean-Luc Mélenchon dans un sondage et critiqué à droite pour son attitude et ses propos, après les tueries de Toulouse et Montauban.

Interrogé depuis janvier sur sa stagnation dans les sondages (13% en moyenne), M. Bayrou renvoyait ses interlocuteurs au "vrai début de la campagne", lorsque seraient connus les noms des candidats en lice. Depuis le dépôt des parrainages le 16 mars, c'est chose faite. Mais le déclic attendu au MoDem ne s'est toujours pas produit.

Pire, deux sondages (CSA et BVA), publiés jeudi, placent le leader centriste au coude à coude, ou derrière Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, symboles des "extrêmes" qu'il entend combattre avec les "modérés" de chaque camp dans un gouvernement d'union nationale.

Pourtant, le président du MoDem caracole en tête des enquêtes de popularité, atteignant 70% de bonnes opinions mardi dans le baromètre Ifop. Les Français semblent donc apprécier l'homme mais pas au point de lui confier, du moins pour l'instant, les rênes du pouvoir.

"Je crois que parmi les principaux candidats, François Bayrou est celui qui a le plus la silhouette présidentielle, la rhétorique la plus sûre, le niveau de culture... Mais, cela ne suffit pas", a analysé sur France Inter l'ex-eurodéputé centriste Jean-Louis Bourlanges, qui fut à son côté jusqu'en 2007.

"Pour gagner, il faut non seulement un parti, mais aussi une stratégie et un projet et, sur ce plan-là, je crois qu'il est dans l'erreur depuis 2007", a estimé M. Bourlanges, en se référant au pari de M. Bayrou de bousculer la bipolarisation de la Ve République.

Pour le candidat du MoDem, seule la présidentielle peut permettre un tel changement. Son pari pour 2012 est d'apparaître comme une alternative à Nicolas Sarkozy à droite. Car, soutient son entourage, il a de bien meilleures chances que le président-candidat de l'emporter au 2e tour face au socialiste François Hollande.

Crédité de sérieux pour avoir alerté l'opinion sur la dette, l'ex-ministre de l'Education s'est attaché à cultiver une image de rigueur et de rassembleur face à ses concurrents, qu'il taxe d'illusion (M. Hollande) ou de division (M. Sarkozy). Mais son discours a du mal à percer.

Lors du drame de Toulouse, il s'est distingué de ses rivaux qui avaient proclamé une vraie-fausse interruption de la campagne, en tentant un pari risqué.

Non seulement il a poursuivi sa campagne, expliquant que c'était le bon lieu pour débattre des problèmes graves du pays, mais il a aussi mis en cause ceux "qui montrent du doigt" en fonction "des origines" et font "flamber les passions", ciblant sans les nommer Mme Le Pen comme M. Sarkozy.

Mais ce discours, fondé sur l'hypothèse de crimes racistes, est apparu comme décalé après la découverte du profil terroriste du tueur.

En réplique, la présidente du FN, mais aussi Alain Juppé, Jean-François Copé, François Fillon et le chef de l'Etat ont dénoncé une instrumentalisation du drame.

"Certains ont fait semblant d'afficher l'unité nationale tout en distillant des petites phrases qui visaient à donner le sentiment que Mohamed Merah avait agi en raison d'un climat politique. C'est absurde et honteux", a fustigé vendredi le Premier ministre.

"Mettre en cause la société, montrer du doigt la France, la politique, les institutions, ce n'est pas digne. Ce n'est pas faire preuve d'un esprit de responsabilité dans un moment où la Nation a d'abord besoin d'unité", avait asséné jeudi soir M. Sarkozy.

Le candidat centriste ne devrait pas manquer dimanche de répondre à ces critiques.

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