Education : le bilan de Sarkozy critiqué

Malgré la réforme du lycée, le bilan du quinquennat Sarkozy en matière d'éducation est très critiqué, car rarement un président avait autant promis et pourtant l'échec scolaire n'a guère diminué, la droite portant à son crédit l'autonomie des universités qui reste controversée.[AFP/Archives]

Malgré la réforme du lycée, le bilan du quinquennat Sarkozy en matière d'éducation est très critiqué, car rarement un président avait autant promis et pourtant l'échec scolaire n'a guère diminué, la droite portant à son crédit l'autonomie des universités qui reste controversée.

De l'aveu même d'un ancien conseiller éducation à l'Elysée (de 2007 à 2009), Dominique Antoine, le bilan est "maigre". La campagne en cours en est un révélateur: des grandes réformes du quinquennat, seule celle du lycée n'est pas remise en cause.

Si elle a encore besoin de temps pour produire des effets, ses objectifs ont été plutôt acceptés: faire naître de nouvelles pratiques pédagogiques avec "l'accompagnement personnalisé" des élèves et rééquilibrer les filières.

A son crédit, le gouvernement met aussi en avant les programmes du primaire, le bac pro en trois ans, les internats d'excellence ou le début d'autonomie des collèges et lycées difficiles. "De nombreux verrous ont sauté", résume-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. "Jamais l'Ecole de la République n'a été à ce point attaquée, brutalisée", répond le candidat PS François Hollande.

Car si le gouvernement a cherché une cohérence pour toutes ces réformes derrière le slogan de la "personnalisation", dans les établissements, notamment d'éducation prioritaire, les enseignants déplorent la fin de moult dispositifs d'aide et dédoublements de classe, en raison des baisses de moyens.

A cause des 80.000 suppressions de postes de 2007 à 2012, de la semaine de quatre jours en primaire ou de la réforme de la formation des enseignants, le bilan est même "globalement négatif", selon le sociologue Pierre Merle.

Le principal échec réside sans doute dans le primaire. En 2008 à Périgueux, Nicolas Sarkozy avait pris "l'engagement de diviser par trois, d'ici la fin de la mandature, le taux d'échec scolaire à la sortie du CM2" (de 15% à 5%).

Las! Si les évaluations (contestées) de CE1 et CM2 ont montré en 2011 une hausse de la proportion des meilleurs élèves, celle des plus en difficultés n'a guère bougé. Des organismes aussi divers que la Cour des comptes ou l'Institut Montaigne ont d'ailleurs souligné que "vaincre l'échec" en primaire restait le principal défi français, de nombreux autres affirmant que la semaine de quatre jours était la plus mauvaise des solutions pour les écoliers.

La Cour des comptes, encore elle, a dressé un véritable réquisitoire contre la nouvelle formation des enseignants, source de minces économies au regard de l'abandon des stages et de l'arrivée des professeurs débutants à plein temps devant classe.

Quant à l'objectif de supprimer la carte scolaire, il a été discrètement abandonné au profit d'un assouplissement qui, certes, a permis à des élèves boursiers d'intégrer des établissements cotés (notamment à Paris), mais qui a aussi accentué la "ghettoïsation" des collèges les plus en difficultés.

Enfin, si Nicolas Sarkozy revendique pleinement les suppressions de postes, au nom du désendettement, il a dû lui-même en constater les limites en abandonnant cette politique pour après 2012 dans le primaire, certains maires de droite ayant même mené la fronde contre les fermetures de classes.

Reste, dans l'enseignement supérieur, la loi de 2007 sur l'autonomie des universités que le gouvernement présente comme sa "réforme phare". Il l'a en effet mené à bien en dépit de fortes résistances, mais la stagnation des budgets de fonctionnement des universités en fin de mandat en a terni l'image. Selon un sondage début mars, les Français jugent même que les réformes n'ont porté leurs fruits ni en termes d'échec en licence ni en termes d'insertion professionnelle.

Vous aimerez aussi

La Cour des comptes propose de supprimer les réseaux d?éducation prioritaire
Education La Cour des comptes propose de supprimer les réseaux d'éducation prioritaire
Education L'arabe est de plus en plus demandé à l'école
Education Ce que contient le projet de loi école

Ailleurs sur le web

Derniers articles