Juppé a "rêvé être Président de la République"

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a reconnu lundi qu'il "avait rêvé d'être Président de la République", et indiqué qu'il avait "une petite idée de ce qu'il fera" si Nicolas Sarkozy est réélu le 6 mai.[AFP/Archives]

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a reconnu lundi qu'il "avait rêvé d'être Président de la République", et indiqué qu'il avait "une petite idée de ce qu'il fera" si Nicolas Sarkozy est réélu le 6 mai.

Lors d'une rencontre avec des journalistes à Bordeaux, le maire de la ville et ancien Premier ministre est revenu sur sa carrière, en assurant qu'il se sentait "bien" actuellement : "C'est vrai que j'aurais rêvé d'être Président de la République, je ne le serai pas, c'est comme ça, je ne vais pas me faire hara-kiri", a-t-il lancé en souriant.

"En 2004 (au moment de sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, ndlr) et même avant (au moment des grèves de 1995 quand il était Premier ministre, ndlr), tout le monde était persuadé que j'étais mort, en 2007 (quand après avoir été nommé ministre de l'Ecologie il a perdu les élections législatives et a dû quitter le gouvernement, ndlr) aussi. Voilà, je vis toujours, je suis bien dans ma peau, ce que j'ai fait depuis un peu plus un an au quai d'Orsay est passionnant", a résumé le ministre.

"Si Sarkozy gagne j'ai une petite idée de ce que je ferai, s'il perd je serai maire de Bordeaux et je serai ravi", a assuré M. Juppé. "Dans deux mois si je suis très occupé j'en suis heureux, si je le suis un peu moins, je soufflerai un peu", a-t-il ajouté, disant "aimer la politique, les responsabilités".

Comme on lui demandait s'il souhaiterait prendre la présidence de l'UMP, M. Juppé a dit que "dans l'hypothèse très improbable" où M. Sarkozy ne serait pas réélu, "on verrait". "Je suis très attaché à l'unité de l'UMP et c'est vrai qu'en cas de défaite les forces centrifuges seront puissantes", a-t-il estimé.

Il a considéré que la stratégie adoptée par M. Sarkozy dans la campagne "a plutôt bien réussi" à celui-ci, "vu qu'il y a trois mois la question était de savoir s'il serait au deuxième tour". Selon lui, le président fait en sorte "d'arriver en tête au 1er tour", et "pense que la campagne du deuxième tour est une nouvelle campagne".

Il a par ailleurs considéré que le choix de Nathalie Kosciusko-Morizet comme porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy était "un très bon choix", car c'est une femme "intelligente", avec "une personnalité qui tranche sur une certaine partie de la classe politique".

Il a comparé les idées du Parti socialiste en matière de politique étrangère au "désert des Tartares", et a dit "ne pas croire" à la renégociation des traités européens annoncée par François Hollande.

Il a remarqué que la montée de Jean-Luc Mélenchon dans l'opinion "ne fait pas les affaires de Hollande, dont il prend une partie de l'électorat, en mettant le doigt sur les faiblesses" du candidat socialiste. Il a considéré que le probable report massif des voix de M. Mélenchon sur M. Hollande au second tour "pourrait mettre une grande partie" de l'électorat centriste de François Bayrou "en situation difficile" face à un candidat socialiste d'autant plus marqué à gauche.

Il n'a pas paru favorable au gouvernement de coalition prôné par M. Bayrou, estimant que "les inconvénients de ce système de coalition dans un pays comme la France sont très supérieurs à ses avantages", et que "cela risquerait de nous amener dans la paralysie".

Interrogé enfin sur l'affaire Bettencourt il a déclaré "faire toujours confiance à (l'ancien ministre et trésorier de l'UMP Eric Woerth, mis en examen dans cette affaire, ndlr) qui est un garçon droit et honnête".

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