Présidentielle : à J-25 du premier tour

La forte mobilisation réussie mardi soir par Jean-Luc Mélenchon à Lille (23.000 personnes selon les organisateurs) menace un peu plus François Hollande sur sa gauche: un appel à la discussion s'est élevé à la gauche du PS, tout comme dans le camp du leader du Front de Gauche (FG), faisant les délices de l'UMP qui compte sur l'ancien sénateur pour affaiblir le favori des sondages.[AFP]

La forte mobilisation réussie mardi soir par Jean-Luc Mélenchon à Lille (23.000 personnes selon les organisateurs) menace un peu plus François Hollande sur sa gauche: un appel à la discussion s'est élevé à la gauche du PS, tout comme dans le camp du leader du Front de Gauche (FG), faisant les délices de l'UMP qui compte sur l'ancien sénateur pour affaiblir le favori des sondages.

LE FAIT DU JOUR

A mesure que Jean-Luc Mélenchon s'élève dans les sondages, la question des alliances à gauche se pose avec plus d'acuité, d'autant que l'écologiste Eva Joly, dont le parti a déjà conclu une alliance avec le PS, stagne à 2-3% dans les enquêtes d'opinion.

Au député socialiste qui a estimé mardi que le programme de François Hollande serait à prendre ou à laisser, M. Mélenchon a répondu lors de son meeting "Très bien, on laisse !".

Mercredi midi, le secrétaire national du Parti communiste français Pierre Laurent, soutien du candidat FG, a estimé qu'il allait "y avoir deux grandes forces à gauche" le 22 avril et donc qu'il "faudrait discuter". Dans l'après-midi, le premier appel au dialogue au sein même du PS est venu de l'ex-ministre Marie-Noëlle Lienemann, membre de l'aile gauche du PS et ex-compagne de route de Jean-Luc Mélenchon. "Ne fermons pas la porte" au FG, a-t-elle demandé.

LES PHRASES DU JOUR

- François Hollande et Nicolas Sarkozy "ne tiennent pas 5 minutes en face de moi", a assuré Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle.

- Le ministère de la Justice ? "C'est peut-être le seul ministère que je ne peux refuser!", a déclaré Eva Joly dans Libération, après avoir affirmé qu'être ministre n'était "pas sa tasse de thé".

LE SONDAGE DU JOUR

- Nicolas Sarkozy, 29% (+3), devancerait François Hollande, 28% (-2), au premier tour de l'élection présidentielle, dans le sondage TNS-Sofres/Sopra group. Marine Le Pen arriverait troisième, avec 15% d'intentions de vote (-1), devant Jean-Luc Mélenchon qui se rapproche avec 13,5% (+3,5). Pour la première fois depuis janvier, François Bayrou retombe à 10%, reculant d'1,5 point.

Au second tour, François Hollande l'emporterait toujours nettement, à 55% (-3) contre 45% (+3), en baisse nette par rapport à l'enquête précédente remontant au 12 mars. Il y a cinq ans le sondage Ipsos du jour donnait exactement le résultat du second tour : 53% pour Sarkozy et 47% pour Royal et à quelques décimales près le résultat du trio de tête au premier tour.

LES COULISSES

- Jean-François Copé a commenté mercredi avec gourmandise la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages. En privé, les responsables de l'UMP se réjouissent de cette popularité grandissante: "Il n'y a que Mélenchon qui puisse sauver Sarkozy", a confié l'un d'eux.

- François Hollande s'est rendu à Nice pour un meeting en plein air. L'occasion de croiser dans l'avion... Bernadette Chirac.

- Marine Le Pen a annulé mercredi après-midi une visite à la Manufacture nationale de tapisserie de Beauvais. Sur place, un élu du FN, Michel Guiniot, a mis en cause "l'administration de M. Sarkozy" et la sénatrice-maire de Beauvais, Caroline Cayeux, qui seraient intervenus selon lui pour que la presse ne puisse pas entrer dans les lieux et gâcher ainsi le déplacement. Mais dans l'entourage de Mme Le Pen, on a aussi expliqué à l'AFP qu'elle devait renoncer pour "un empêchement" d'ordre privé. Présents sur place pour manifester leur hostilité au FN, une quinzaine de militants du Front de gauche ont accueilli la nouvelle à coups de "On a gagné! On a gagné!".

LE BUZZ

- Nicolas Sarkozy a-t-il fait preuve de trop de "bravitude" en employant le mot "méprisance", mardi soir en meeting à Nantes ? "C'est assez comique aujourd'hui d'entendre ce mot +méprisance+ dans la bouche de Nicolas Sarkozy, qui s'était tant moqué, en 2007, de la +bravitude+ de Ségolène Royal", a réagi Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la République à l'élection présidentielle.

Mardi soir, le mot employé par le président-candidat suscitait les commentaires amusés des internautes sur Twitter, l'un d'entre eux se demandant si l'inspiration ne lui était pas venue suite au célèbre film avec "Brigitte Sarkot" : "La méprisance".

Le mot méprisance n'existe en effet pas dans le dictionnaire, seul apparaissant celui de "mépris". Ce néologisme est toutefois cité dans le dictionnaire Godefroy de l'ancien français et des dialectes employés en France du IXe au XVe siècles.

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