A Nice, Marine Le Pen vise le deuxième tour

Marine Le Pen a lancé vendredi soir lors d'un meeting à Nice un appel contre le "vote utile" à droite en faveur de Nicolas Sarkozy, en espérant faire mentir les sondages qui lui donnent actuellement peu de chances d'être au second tour au soir du 22 avril.[AFP]

Marine Le Pen a lancé vendredi soir lors d'un meeting à Nice un appel contre le "vote utile" à droite en faveur de Nicolas Sarkozy, en espérant faire mentir les sondages qui lui donnent actuellement peu de chances d'être au second tour au soir du 22 avril.

Devant environ 3.000 sympathisants surchauffés, la dirigeante frontiste s'est présentée comme la "candidate de l'exception française", tant sur l'immigration, qu'"il faut arrêter totalement", que sur l'économie.

Nouveauté, elle a notamment prôné le gel des frais bancaires "pour les particuliers comme pour les entreprises" et a promis d'agir pour défendre les personnes surendettées face aux établissements de crédit à la consommation.

Evoquant une nouvelle fois les tueries de Toulouse et de Montauban, Marine Le Pen a garanti qu'avec le FN au pouvoir, Mohamed Merah "n'aurait pas eu la nationalité française" bien que né en France.

Puis elle a chargé les "délinquants récidivistes", promettant de les priver d'aides sociales: "qu'ils se débrouillent une fois sortis de prison"... "s'ils recommencent qu'ils retournent en prison", et "s'ils sont étrangers, on leur dira de rentrer chez eux".

"Je mettrai les clandestins dehors, qu'ils aient un travail ou non" et "je mettrai leurs employeurs devant la justice", a-t-elle aussi promis, ovationnée à chaque fois qu'elle fustigeait l'immigration.

Lors de ce discours d'environ une heure, c'est contre Nicolas Sarkozy qu'elle a été la plus rude, l'accusant d'avoir "tout trahi" et d'avoir "capitulé devant la culture de gauche".

"Répétez-le aux quelques-uns qui seraient aujourd'hui à nouveau tentés par les sirènes sarkozystes (...) répétez-le à tous ceux qui feignent aujourd'hui d'oublier les années cauchemardesques que nous venons de traverser", a-t-elle lancé.

Une sorte d'appel à ceux qui "seraient prêts à voter pour un homme dont ils ne veulent plus" à savoir Nicolas Sarkozy, pour éviter une victoire de François Hollande, a-t-elle exposé.

A la fin de son meeting, elle a aussi lancé un appel à "la jeunesse de France": "défends tes couleurs, n'aies pas peur", "affirme tes convictions", avant que Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du parti d'extrême droite, ne vienne entonner la Marseillaise sur l'estrade.

"Il ne reste que quelques jours", a encore dit Marine Le Pen. "S'il n'y avait qu'une seule chose à dire aux Français", ce serait "saisissez-vous de votre destin", a-t-elle lancé.

Marine Le Pen assure ne pas croire aux sondages, qui, invariablement et depuis des semaines, l'éloignent de plus en plus du duo de tête Sarkozy-Hollande, avec un écart désormais compris entre 10 et 15 points.

Mais "il est évident que la stratégie qui consiste à placer Jean-Luc Mélenchon bien plus haut qu'il n'est, et celle de Sarkozy qui consiste à dire +nous sommes la seule solution à une gauche teintée de Mélenchon+ ne peut avoir que des effets négatifs", a déclaré à l'AFP l'un des conseillers de Mme Le Pen, Gaël Nofri, candidat aux législatives dans la 3e circonscription des Alpes-Maritimes.

Aux premiers rangs du meeting, se trouvaient notamment l'ancien maire de Nice Jacques Peyrat (1995-2008), qui soutient Marine Le Pen, ainsi que Philippe Vardon, leader de Nissa Rebella, un mouvement d'extrême-droite identitaire niçois au discours très virulent contre l'islam.

La région Provence Alpes-Côte d'Azur (PACA) symbolise fortement le phénomène de "siphonnage" des voix frontistes par Nicolas Sarkozy en 2007, avec 37% pour le chef de l'Etat contre 13,8% pour Jean-Marie Le Pen. Cinq ans plus tôt, le FN était arrivé en tête dans la région, avec dix points de plus.

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