Fillon accélère sa participation à la campagne

Avec une série de 11 meetings d'ici le premier tour, dont Troyes ce lundi, François Fillon met le turbo dans la dernière ligne droite, une manière de marquer sa loyauté jusqu'au bout à l'égard de Nicolas Sarkozy et de consolider sa position dans l'optique de l'après-6 mai à l'UMP.[AFP]

Avec une série de 11 meetings d'ici le premier tour, dont Troyes ce lundi, François Fillon met le turbo dans la dernière ligne droite, une manière de marquer sa loyauté jusqu'au bout à l'égard de Nicolas Sarkozy et de consolider sa position dans l'optique de l'après-6 mai à l'UMP.

Après Clermont samedi où, devant 1.500 militants, il s'est affiché aux côtés de Brice Hortefeux et Laurent Wauquiez, M. Fillon rejoint cette fois un autre poids lourd, le ministre et maire de Troyes François Baroin. Puis, le 11 avril, viendra l'heure du meeting à Paris avec le président-candidat en personne.

Alors que son implication a pu être mise en cause, l'accélération est nette. Il y a tout juste un mois, son affirmation au Figaro que l'idée d'une victoire de Nicolas Sarkozy n'était pas "absurde" avait fait grincer des dents.

Mais François Fillon défend le principe d'une montée en puissance.

"C'était prévu comme ça", déclare-t-il à l'AFP en marge de la réunion de Clermont. "Déjà parce qu'il vaut mieux faire ça que l'inverse. Et puis j'avais un certain nombre d'obligations liées à mes fonctions", note-t-il, quelques jours après son dernier déplacement officiel à l'étranger, à Séoul.

A ceux qui soupçonnent le Premier ministre de jouer la défaite, un député filloniste rétorque: "contrairement à d'autres, il estime que la loyauté peut être une vertu en politique et que cela peut payer sur le long terme".

Vendredi, dans une interview à Nice-Matin, avant de prendre la parole à Toulon, M. Fillon a affirmé que la "mobilisation" devait "s'accélérer". "Oui, je crois à sa victoire", a-t-il clamé.

Si les sondages se sont améliorés, il assure avoir toujours cru à une issue serrée. "Ca se jouera à quelques centaines de milliers de voix", répète-t-il. Et après le 1er tour, "ça sera une campagne totalement différente, d'une intensité incroyable".

A ce titre, selon un ministre, on va "le voir encore plus car, comme Juppé, il fait partie de ceux qui peuvent séduire des électeurs du centre".

D'ici là, devant le gros millier de sympathisants qui assiste à ses meetings, François Fillon fustige inlassablement le programme "poussiéreux" du PS.

Quant au bilan du quinquennat, il est systématiquement mis en valeur, et même avec une vigueur redoublée depuis que le déficit public 2011 a été ramené à 5,2% du PIB: "François Hollande avait assuré que nos objectifs étaient +inatteignables+. Inatteignables pour lui, pas pour nous!".

Sur la perception du bilan, "on a rétabli l'équilibre", veut croire M. Fillon. Un point loin d'être anecdotique pour cet ambitieux discret qui profite aussi de cette tournée pour soigner sa popularité, et préparer l'après-2012.

A Toulon, il a été ovationné lorsqu'il a fait allusion à ses cinq années à Matignon. Plus globalement, "des campagnes où on demande au Premier ministre de venir faire des réunions, c'est assez rare", signale-t-il.

Samedi, Laurent Wauquiez a rendu un hommage appuyé à "un modèle pour notre famille politique".

Présenté comme le grand rival de Jean-François Copé pour 2017, tentera-t-il de faire main basse sur l'UMP?

"Je suis convaincu que la gestion d'un parti n'est pas sa passion. S'il y va c'est parce que cela sera incontournable", dit le député filloniste. En cas de défaite en mai, "c'est très ouvert entre Copé et Fillon", pense un ex-ministre.

A plus court terme, candidat dans la 2e circonscription de Paris, François Fillon a fait le voyage de Clermont en compagnie de Pierre Charon, qui l'avait défié l'an dernier en se faisant élire sénateur sur une liste dissidente. Prochaine étape, entre deux meetings, l'inauguration de sa permanence de campagne. "Dans les jours à venir", promet-il.

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