Mélenchon, tête de turc de tous ses concurrents

Le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon, qui a conforté sa possible place de troisième homme de l'élection présidentielle, concentre depuis plusieurs jours des critiques venant de tous bords politiques, de l'extrême gauche à l'UMP.[AFP/Archives]

Le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon, qui a conforté sa possible place de troisième homme de l'élection présidentielle, concentre depuis plusieurs jours des critiques venant de tous bords politiques, de l'extrême gauche à l'UMP.

Même lorsqu'il se tait, tout le monde parle de lui, au moment où un sondage le crédite de 15% des intentions de vote au 1er tour, devant la candidate du Front national Marine le Pen.

La plus grosse critique est venue de sa gauche: Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, a estimé que sa politique était celle de François "Mitterrand réchauffée".

Les écologistes, quant à eux, ne ménagent pas leurs attaques: vendredi, Eva Joly a concédé à son concurrent une "rhétorique formidable", tout en estimant que, "dans son programme, il n'y (avait) pas beaucoup de consistance". Il ne faut "pas oublier que Mélenchon est pour la Chine et contre le Tibet, pour le régime castriste à Cuba et pour Hugo Chavez" au Venezuela, a-t-elle aussi lancé.

L'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a ironisé: "Claude François et Mélenchon, c'est la grande nostalgie: les années 70, les drapeaux rouges, on va tout renverser...!"

Il y a une semaine, Cécile Duflot, secrétaire nationale d'EELV avait critiqué l'"ultra-personnalisation" autour de Jean-Luc Mélenchon et reconnu qu'Eva Joly n'était pas "un fauve de pupitre".

Chez les socialistes, le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb écrit lundi sur son blog que le programme économique de l'ex-sénateur PS est "inapplicable".

Toute la semaine dernière, le candidat socialiste à l'Elysée François Hollande s'est employé à montrer que lui était candidat, "non pas pour exprimer une colère, un refus, une volonté simplement de (s)'opposer", mais pour exercer le pouvoir, sous-entendu, contrairement à M. Mélenchon.

Lundi, refusant toujours de s'en prendre frontalement au candidat FG, François Hollande a assuré sur LCI qu'il n'était pas "dans une bataille à l'intérieur de la gauche", affirmant ne pas avoir "d'inquiétude" face à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages.

A droite, après Laurence Parisot (Medef) qui a vu dimanche en lui "l'héritier d'une forme de Terreur", Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a affirmé que "Jean-Luc Mélenchon promet la faillite", comme en "Grèce" et en "Espagne".

Selon NKM, il montre "en creux tous les défauts" supposés de François Hollande, lequel "vit en rentier des sondages".

Le candidat FG serait-il devenu la tête de turc parce qu'il est en hausse dans les sondages? L'intéressé, en meeting dimanche à Grigny (Essonne), a déploré qu'au moment où il arrive "au-dessus de Mme Le Pen", se constitue "un tir de barrage incroyable".

Et d'avertir à gauche qu'il ne fallait "pas se tromper de camp". "Qu'est ce que ça peut bien vouloir dire de s'en prendre à moi (...) alors qu'ils se disent de gauche! Occupez-vous de l'extrême droite, occupez-vous de Sarkozy, foutez-nous la paix!" a-t-il lancé.

Vendredi, la communiste Marie-George Buffet avait appelé ses "camarades" Nathalie Arthaud, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et Philippe Poutou à concentrer leurs attaques contre Nicolas Sarkozy.

Autre riposte: lundi, le Front de Gauche a adressé aux "camarades" d'EELV un "kit découverte de l'écologie", résumant les positions de Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

"Il est agacé par certaines attaques", "on le calme", a déclaré à l'AFP un cadre communiste pour qui "c'est normal que ça tape" quand on atteint de tels scores dans les sondages.

Ce cadre anticipe un "nouveau coup de tonnerre à Toulouse" du candidat FG, lors de son meeting jeudi place du Capitole, où des dizaines de milliers de sympathisants sont attendus.

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