Incident Penly: les candidats font profil bas, le nucléaire reste un enjeu

Les candidats à l'Elysée ont fait profil bas vendredi après l'incident à la centrale de Penly (Seine-Maritime), alors que la réduction de la part du nucléaire dans l'électricité en France est l'un des clivages de la campagne présidentielle.[AFP]

Les candidats à l'Elysée ont fait profil bas vendredi après l'incident à la centrale de Penly (Seine-Maritime), alors que la réduction de la part du nucléaire dans l'électricité en France est l'un des clivages de la campagne présidentielle.

C'est "un incident, je n'utilise pas un incident pour défendre un point de vue", a déclaré le candidat PS François Hollande, qui propose de ramener de 75 à 50% d'ici 2025 la part du nucléaire dans la production électrique française s'il est élu.

Pendant la primaire, le député de Corrèze s'était aussi opposé au projet, pour le moment reporté, de construire un nouveau réacteur, de type EPR, à Penly, tout en préconisant de terminer le chantier en cours de la centrale de Flamanville (Manche).

Vendredi midi, la candidate EELV Eva Joly, qui préconise la sortie du nucléaire et rappelle qu'elle est la seule à s'être rendue à Fukushima, n'avait toujours pas réagi.

La secrétaire nationale d'EELV Cécile Duflot a parlé d'un "incident très sérieux", déploré un "manque de transparence", et envisagé le pire: s'il devait se passer la même chose à Penly qu'à Fukushima, "ça veut dire qu'il n'y a plus de Dieppe, qu'il n'y a plus d'habitants au Tréport pendant des centaines d'années".

Les réactions rares et mesurées à l'incident, classé provisoirement de niveau 1 par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN, sur une échelle de 7), contrastent avec la vigueur des échanges ces derniers mois.

Le nucléaire avait suscité des tensions entre le PS et EELV lorsque les deux formations négociaient leur accord en novembre, culminant sur la question de l'avenir de la filière Mox (recyclage de l'uranium et du plutonium parmi les combustibles usés des réacteurs nucléaires).

Après la signature de cet accord, qui prévoit la fermeture "progressive" de 24 réacteurs sur 58, l'UMP avait dénoncé un "marchandage", accusant à l'envi le PS et EELV de s'échanger "des réacteurs contre des circonscriptions", avec pour conséquence "400.000 emplois menacés" et "+50% sur votre facture d'électricité".

Le candidat UMP lui-même, Nicolas Sarkozy, a dénoncé la volonté de François Hollande de fermer la centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc nucléaire français: "Et le peuple, là-dedans? Et les ouvriers de Fessenheim, sur le tapis de la négociation pour quelques postes, pour quelques places, pour quelques prébendes?", s'est exclamé M. Sarkozy.

M. Hollande avait d'ailleurs été hué le 19 mars à la sortie de son QG par des salariés de Fessenheim à l'issue d'un entretien avec plusieurs de leurs représentants.

Le patron d'EDF, Henri Proglio, avait dit que l'abandon du nucléaire "menacerait 400.000 emplois directs et indirects dans la filière nucléaire", suscitant l'indignation des partis de gauche. Après cette sortie, François Hollande avait laissé entendre qu'il lui serait difficile de travailler avec le patron d'EDF s'il était élu à l'Elysée.

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