Stéphane Le Foll, à l'assaut du fief sarthois de François Fillon

Stephane Le Foll en campagne pour les législatives le 24 mai 2012 à la Suze-sur-Sarthe[AFP]

L'ancien fief sarthois de François Fillon est devenu un enjeu national depuis que Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, a relevé le défi de gagner cette 4e circonscription acquise à la droite depuis 1958, mettant en jeu son tout nouveau portefeuille de ministre de l'Agriculture.

"Ca pourra se jouer à un cheveu", commente le candidat PS, 52 ans, enfant du pays, en arpentant jeudi les allées du marché de La Suze-sur-Sarthe, petit bourg de l'un des sept cantons, plutôt à gauche, qui pourrait se révéler déterminant pour l'élection.

Allure sportive, franchement au contact des électeurs, M. Le Foll serre les mains, recueille doléances et suggestions, sans oublier de faire la bise aux admiratrices et de donner rendez-vous à des anciens pour l'apéro du soir.

"Je représente une certaine authenticité. Je reste très simple, très normal. J'ai été de là, comme tous ceux que je rencontre ici. Je ne partirai pas et serai là dans les bons ou les mauvais moments", promet-il. Pour lui, "trop de gens font de la politique avec de la distance".

Témoin de son ancrage, sa passion pour le football local et les cinq clubs de la région où il a joué "en DH" (division d'honneur NDLR) au poste de milieu défenseur ou libero, toujours réservé aux forts gabarits. "Pendant 35 ans, je n'ai eu que 3 cartons jaunes. J'étais toujours correct", assure-t-il. Il n'a d'ailleurs pas manqué d'assister samedi à la rencontre Sablé-La Suze, illustration symbolique locale d'un match droite-gauche... qui s'est soldé par un score d'égalité 1 à 1.

En 2007 comme en 2002, François Fillon avait battu dès le premier tour Stéphane Le Foll (avec respectivement 53,4% et 55,21% des voix).

Mais en 2012, François Hollande a réalisé un score de 52,63% sur la circonscription. Et pour sa troisième tentative, le député PS européen depuis 2004, spécialiste des questions agricoles, compte également sur son regain de notoriété et sur le penchant des électeurs à se doter d'un représentant d'envergure nationale, comme François Fillon, avant son départ pour Paris.

Le socialiste aura face à lui 8 candidats dont Marc Joulaud, 44 ans, député suppléant de M. Fillon avec lequel il a commencé à travailler voici une vingtaine d'années.

"C'est la première confrontation électorale directe sur mon nom", explique ce militant UMP, qui a adhéré au RPR à l'âge de 15 ans et est entré dans la chose publique après ses études de droit, en répondant à une petite annonce d'un quotidien où un certain François Fillon cherchait un collaborateur pour la mairie de Sablé-sur-Sarthe.

Mettant sa candidature sous le signe de "la continuité logique avec l'action tracée par François Fillon", le député sortant suppléant compte sur sa forte implantation locale, outre sa bonne connaissance des dossiers.

"42 maires sans étiquette m'ont apporté leur soutien", se félicite-t-il. Lui-même se décrit comme un candidat à la "réputation de sérieux, et parfois de discrétion mais c'est ma nature".

En cas de défaite, Stéphane Le Foll dont la nomination à la tête du ministère de l'Agriculture a été saluée par la quasi totalité de la profession avoue qu'il éprouverait une "énorme amertume" en abandonnant son portefeuille, conformément à la règle édictée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault selon laquelle les ministres battus aux législatives ne pourraient rester au gouvernement. "Courageux, il faut être tout le temps courageux", répète-t-il, serrant toujours les mains de ceux qui le croisent, complices, en lui disant notamment "félicitations M. le ministre, tâchez de le rester".

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