La droite parisienne en panne de leader

La droite parisienne, dépourvue de leader et déchirée entre les partisans de François Fillon et ceux de Jean-François Copé dans la course à la présidence de l'UMP, apparaît à vingt mois des élections municipales plus divisée que jamais. [AFP] La droite parisienne, dépourvue de leader et déchirée entre les partisans de François Fillon et ceux de Jean-François Copé dans la course à la présidence de l'UMP, apparaît à vingt mois des élections municipales plus divisée que jamais. [AFP]

La droite parisienne, dépourvue de leader et déchirée entre les partisans de François Fillon et ceux de Jean-François Copé dans la course à la présidence de l'UMP, apparaît à vingt mois des élections municipales plus divisée que jamais.

"La droite parisienne n'existe pas", a asséné le député de Paris Bernard Debré sur son blog mardi. Elle serait "minée par ses divisions, incapable de s'entendre, sans aucun candidat naturel ou charismatique, mais surtout sans aucun projet à un an et demi des élections à Paris".

La semaine dernière, c'est Jean-François Lamour, le chef de file du groupe UMP au Conseil de Paris, qui avait annoncé son intention de ne pas être candidat à sa succession, lors de l'élection prévue le 13 septembre.

"Je consacre plus de temps aujourd'hui à régler les guerres internes qu'à coordonner l'opposition" au maire PS, avait-il déploré.

La vacance à la tête du groupe UMP pourrait durer quelques semaines. Jeudi, 18 conseillers et maires UMP de Paris, dont une majorité de soutiens de M. Copé, ont demandé le report de l'élection pour éviter qu'elle ne "se réduise à une confrontation entre partisans" des deux hommes.

La bataille que se livrent les deux candidats à la présidence de l'UMP a mis à vif les divisions anciennes de l'opposition parisienne.

Chaque camp s'est efforcé de récolter dans la première fédération de France parrainages et soutiens de poids.

Mercredi, tandis que M. Fillon réunissait à Paris une partie des 146 élus et cadres de l'UMP qui ont appelé à son élection, et recevait des mains des militants "2.000" parrainages, l'équipe de M. Copé faisait savoir qu'il avait recueilli "2.350 parrainages" et pouvait compter sur le soutien de 68 élus et responsables UMP.

"Parachutage" réussi

Le premier revendique le soutien des députés Bernard Debré et Jean-François Lamour, de la sénatrice Chantal Jouanno ou encore de Jean Tiberi, maire du Ve arrondissement. Le second celui du député-maire du XVIe Claude Goasguen, de l'ex-garde des Sceaux et maire du VIIe Rachida Dati, ainsi que des les maires d'arrondissement Brigitte Kuster, Jean-François Lecoq et François Lebel.

M. Lamour n'avait pas encore indiqué jeudi soir s'il accepterait ou non le report demandé par les "copéistes".

Jean-François Legaret, un filloniste candidat à la succession de M. Lamour, s'y est dit totalement opposé. Autre candidate déclarée, Catherine Dumas a un point de vue moins tranché: "c'est vrai que l'élection à la présidence de l'UMP trouble le jeu", observe-t-elle.

Sans jamais s'être déclaré officiellement, François Fillon est en effet un des candidats pressentis pour conduire l'UMP aux municipales de 2014, après son "parachutage" réussi dans la 2e circonscription de Paris en 2012.

"Il est venu à Paris dans l'esprit d'être un acteur majeur pour la reconquête de Paris et c'est dans cet esprit qu'il est aujourd'hui député du 7e arrondissement", a souligné dimanche Jean-François Copé, qui a souhaité que "François Fillon conduise (leur) famille politique" pour les municipales.

L'invitation, peut-être destinée à piéger M. Fillon, est "moyennement sympathique" pour Rachida Dati, ennemie intime de l'ex-Premier ministre dans la capitale, a ironisé un conseiller filloniste de Paris.

Pour les partisans de l'ancien chef de gouvernement, le temps des municipales n'est pas venu, et il appartiendra toujours à M. Fillon de se déclarer plus tard.

"Il n'y a pas d'urgence", dit M. Goujon, que n'inquiète pas l'entrée en campagne précoce de la première adjointe PS du maire de Paris, Anne Hidalgo.

"Ce n'est pas Mme Hidalgo qui fixe le tempo de la vie politique parisienne", dit-il. La droite pourrait choisir son candidat au cours de primaires organisées courant 2013.

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