François Hollande se donne deux ans pour redresser la France

François Hollande lors de son intervention télévisée sur TF1 le 9 septembre 2012 François Hollande lors de son intervention télévisée sur TF1 le 9 septembre 2012[KENZO TRIBOUILLARD / POOL / AFP]

François Hollande était l’invité du journal télévisé de TF1 dimanche soir. A la peine dans les enquêtes d’opinion, le chef de l’Etat a tenu à se montrer volontariste, sans dévoiler de réelles nouveautés.

Lutter contre le chômage et réduire la dette. C’est le message qu’a martelé le président François Hollande, dimanche soir, lors de son interview très attendue sur TF1. Une intervention destinée à répondre aux sondages en chute libre, mais aussi aux éditorialistes qui n’épargnent pas le début de son mandat.

Face à Claire Chazal, le chef de l’Etat s’est mis en mode reconquête, se plaçant «en situation de combat». Il a détaillé et surtout expliqué une feuille de route qui ne comportait pas de réelles nouveautés. Une exception toutefois : un «agenda du redressement» fixé à deux ans.

«Deux ans pour à la fois mettre en œuvre une politique pour l’emploi, pour la compétitivité et le redressement des comptes publics», a-t-il lancé à la journaliste, en précisant : «Je ne vais pas faire en quatre mois ce que mes prédécesseurs n’ont pas fait en cinq ans ou en dix ans.»
 

Chômage : inverser la courbe

Sur le front du chômage, François Hollande a dit espérer concrètement, «d’ici à un an», voir la courbe s’inverser. Les 100 000 emplois d’avenir seront bien mis en place dès la fin de l’année, ainsi que les contrats de génération sur lesquels les partenaires sociaux doivent entamer «très vite» les négociations.

Autre chantier plus vaste : la compétitivité. Jusqu’à présent, ce chantier donnait l’impression d’être suspendu à un accord entre les partenaires sociaux. François Hollande a voulu faire preuve de volontarisme en fixant une limite. «S’ils ne trouvent pas (un accord), alors l’Etat prendra ses responsabilités», a-t-il prévenu.

Un effort de 30 milliards d’euros

Le chef de l’Etat a ensuite rappelé que son autre préoccupation était la réduction de la dette. Sur la croissance en 2013, il a revu à la baisse les prévisions du gouvernement : «sans doute 0,8 %» contre 1,2 % jusqu’ici. L’objectif reste toujours d’économiser 30 milliards d’euros. La réduction du fonctionnement de l’Etat fournira un tiers de cette somme.

Ensuite, c’est vers les ménages et les entreprises qu’il entend trouver les deux autres tiers. Il y aura la mise en place de la fameuse taxe à 75 % des revenus supérieurs à un million d’euros, qui se fera «sans exceptions», mais restera anecdotique. Car c’est surtout l’ensemble des foyers français qui seront mis à contribution. Les revenus du capital seront davantage taxés qu’aujourd’hui.

Le barème de l’impôt gelé

Par ailleurs, le barème de l’impôt sur le revenu sera gelé l’an prochain, ce qui revient à augmenter la contribution d’une très grande partie des Français. «Les ménages les plus modestes» seront toutefois épargnés.

Enfin, le chef de l’Etat est revenu sur le style du début de son quinquennat. Alors que la presse commence à associer sa «présidence normale» à une forme d’inactivité, François Hollande a défendu sa méthode à travers une allusion à peine voilée à son prédécesseur : «Je n’ai jamais considéré que le Premier ministre devait être un collaborateur. Mais je ne me défausse pas sur le Premier ministre, je suis responsable.»

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