Les députés planchent sur les emplois d'avenir pour leur rentrée

Les emplois d'avenir lancent mardi la session extraordinaire à l'Assemblée nationale à l'heure où le gouvernement entend accélérer l'application des promesses de campagne avec l'espoir d'inverser la courbe du chômage d'ici un an. [AFP] Les emplois d'avenir lancent mardi la session extraordinaire à l'Assemblée nationale à l'heure où le gouvernement entend accélérer l'application des promesses de campagne avec l'espoir d'inverser la courbe du chômage d'ici un an. [AFP]

Les emplois d'avenir lancent mardi la session extraordinaire à l'Assemblée nationale à l'heure où le gouvernement entend accélérer l'application des promesses de campagne avec l'espoir d'inverser la courbe du chômage d'ici un an.

Symbole de la priorité donnée à la "bataille pour l'emploi", ce projet de loi est soumis à l'examen des députés alors que l'hémorragie d'emplois continue. Plus de 22.000 emplois salariés ont été détruits au deuxième trimestre, pour une grande part dans l'intérim, selon des chiffres définitifs dévoilés mardi par l'Insee.

Avec les emplois d'avenir, mesure "ambitieuse et rapide" selon le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le gouvernement veut se concentrer sur "le coeur du chômage des jeunes", les 16-25 ans peu ou pas qualifiés par le biais de 150.000 contrats chaque année, dont 100.000 dès 2013, largement subventionnés par l'Etat pendant trois ans maximum.

 

Des emplois ciblés

A la différence des "emplois-jeunes" de l'ère Jospin, ces nouveaux contrats seront ciblés, à compter de début novembre, sur des jeunes peu ou pas qualifiés issus notamment "des zones urbaines sensibles" ou de zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne.

Ils concerneront aussi des jeunes en difficulté d'insertion, ayant poursuivi leurs études jusqu'au CAP ou BEP ou jusqu'au baccalauréat dans certaines zones difficiles, ainsi que des travailleurs handicapés en difficulté et peu qualifiés de moins de 30 ans.

Une dérogation est prévue pour l'Education nationale qui pourra embaucher 18.000 étudiants boursiers au maximum en première année de master se destinant à l'enseignement.

Dans un budget 2013 des plus rigoureux, 2,3 milliards d'euros seront inscrits pour la mesure, dont le coût est estimé à 1,5 milliard par an "en rythme de croisière".

"Première réponse" pour les jeunes concernés, ces contrats ne permettront cependant pas d'assurer "un accès durable à l'emploi", aux yeux de députés du Front de gauche.

Les reproches de la droite

La grande majorité des députés UMP, qui se sont abstenus lors de l'examen du texte en commission, voteront contre lors du débat dans l'hémicyle, a déjà annoncé leur chef de file, Christian Jacob.

La droite, comme le centre, reprochent principalement au dispositif de surtout subventionner les emplois dans les collectivités locales et les associations, et non dans le secteur privé.

Mais la flambée du chômage incite certains membres de l'opposition à un soutien mesuré.

Pour l'ancien Premier ministre Alain Juppé, les contrats d'avenir vont "dans le bon sens" mais ne sont "absolument pas à la hauteur du problème". Un avis proche de celui de Lionnel Luca, député UMP et pilier de la Droite populaire. "Les emplois d'avenir sans formation ne méritent pas leur nom! mais ils permettront à des jeunes sans qualif d'avoir une expér prof. Je voterai", avait-il écrit dès fin août sur twitter dans un style télégraphique.

 

Le jeu des centristes

Plusieurs centristes du groupe UDI, que préside l'ex-ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, seraient aussi prêts à voter ce dispositif, à l'instar d'Yves Jégo, convaincu que "face au chômage, il faut savoir transcender les clivages".

Les deux députés du FN voteront contre et déposeront des amendements, notamment pour réserver ces emplois aux Français, ou "subsidiairement" aux Européens.

Du côté des syndicats de salariés mais aussi des associations d'étudiants, la mesure est jugée indispensable mais insuffisante. L'Unef a ainsi déploré "la précipitation avec laquelle le gouvernement s'apprête à prendre l'une des mesures phares de la campagne présidentielle, dont les contours sont loin d'apporter des réponses satisfaisantes".

 

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