L'Elysée commandera des sondages

Le Palais de l'Elysée [Thomas Samson / AFP/Archives] Le Palais de l'Elysée [Thomas Samson / AFP/Archives]

L'Elysée s'apprête à signer une convention avec le Service d'information du gouvernement (SIG), dépendant de Matignon, pour pouvoir commander des études d'opinion, a-t-on appris jeudi auprès du directeur du SIG, qui a confirmé une information du Parisien.

"Le principe de cette convention est que lorsque l'Elysée désire une étude d'opinion, il saisit le cabinet du Premier ministre qui nous répercute la demande", a expliqué Philippe Guibert.

"Ensuite, l'Elysée rembourse au SIG le coût de cette étude", a-t-il ajouté.

M. Guibert a insisté sur le fait que ces demandes de sondages par la présidence de la République seraient "raisonnées et raisonnables". "L'idée, a-t-il insisté, est d'un recours limité aux études".

"Aucun souci", a-t-on déclaré jeudi dans l'entourage du chef de l'Etat, en réponse à une question de l'AFP sur ce sujet.

"L'engagement de François Hollande, c'était qu'il n'y aurait plus de budget sondages à l'Elysée, ni aucune commande directe de sondage", a-t-on ajouté.

Début juin, l'entourage du président Hollande avait assuré à l'AFP que, comme promis durant la campagne, les sondages commandés par l'Elysée seraient abandonnés et il n'y aurait pas de conseillers officieux, en ajoutant qu'une étude sur le "fonctionnement" de l'Elysée était en cours.

Jeudi, on a fait valoir à l'Elysée que le fait de passer par le SIG assurait "une transparence totale", en promettant "un usage parcimonieux des enquêtes". "Ce sera tout à fait occasionnel", a-t-on dit.

Après avoir été épinglé par la Cour des comptes sur ses commandes de sondages, Nicolas Sarkozy avait ensuite modifié le processus de ces commandes, en passant par le SIG.

En 2011, Delphine Batho, alors députée PS, avait dénoncé une "annexion du SIG par la présidence", jugeant "la baisse du budget sondages de l'Elysée complètement fictive" puisque celui du SIG ("4,3 millions d'euros" pour 2011) a été "multiplié par deux" depuis 2009.

"Le compteur des reniements de François Hollande ne cesse de tourner", a réagi, dans un communiqué, le secrétaire national de l'UMP en charge de la communication, Franck Riester.

"Pas besoin de sondage pour comprendre: un président qui renie ses promesses au bout de quatre mois, un président qui navigue à vue et emmène notre pays dans le mur, voilà les raisons de son impopularité", a ironisé le député de Seine-et-Marne.

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