Cultures OGM : Le Foll veut durcir les autorisations au niveau européen

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, au congrès d'EELV, le 18 septembre 2012 à Nantes [Jean-Sebastien Evrard / AFP/Archives] Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, au congrès d'EELV, le 18 septembre 2012 à Nantes [Jean-Sebastien Evrard / AFP/Archives]

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a appelé mercredi à une "réforme profonde" des procédures d'homologation des cultures génétiquement modifiées dans l'UE afin de les rendre "beaucoup plus strictes", après la publication d'une étude soulignant leur toxicité.

"Il est indispensable de préciser dans le droit européen les conditions dans lesquelles on peut déclencher un moratoire sur les cultures d'OGM", a déclaré à l'AFP M. Le Foll, dénonçant le "flou juridique" au niveau communautaire.

"Il faut revoir les protocoles d'homologations et permettre aux Etats de faire des choix, pour ou contre" les organismes génétiquement modifiés, a-t-il insisté.

Le ministre réagissait à la publication d'une étude par la Revue internationale de toxicologie alimentaire "Food and Chemical Toxicology" soulignant la toxicité de maïs OGM sur des rats nourris pendant deux ans, qui meurent plus jeunes et souffrent plus souvent de cancers que les autres.

Avec son homologue de l'Environnement Delphine Batho, le ministre a précisé avoir "immédiatement saisi" l'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, pour réclamer une "vérification" de l'étude du Pr Gilles-Eric Séralini.

Cette étude "conforte la position qui était la nôtre", a poursuivi M. Le Foll en réclamant la révision "des conditions des protocoles": l'Europe, a-t-il rappelé, se fonde actuellement sur des tests de trois mois alors que l'étude en question "porte semble-t-il sur environ deux ans".

"Il faut avoir des règles d'homologations fondées sur des études scientifiques qui fassent clairement le point sur les avantages et inconvénients (des OGM) de manière très claire, sur les risques sanitaires qui semblent être démontrés dans l'étude (du Pr Séralini) et sur les risques environnementaux de dissémination", a-t-il souligné.

Sur ce dernier point, M. Le Foll a rappelé avoir "toujours été résolument opposé aux OGM résistants à des herbicides ou porteurs de pesticides" en raison du risque de dissémination dans la nature.

M. Le Foll a rappelé la position de la France en faveur d'un moratoire sur son territoire de toutes les cultures d'organismes génétiquement modifiés, qui ne concerne actuellement que le maïs MON810 de Monsanto.

En février 2008, la France avait actionné la clause de sauvegarde pour suspendre les cultures OGM sur son territoire en arguant de préoccupations environnementales.

En septembre 2011, la Cour européenne de justice a invalidé cette clause sur des arguments techniques et le gouvernement avait alors pris en mars, juste avant les semis, une mesure conservatoire "d'interdiction temporaire" des cultures OGM, confirmée par le Conseil d'Etat en mai.

Les procédures d'homologation des OGM dans l'UE sont dans l'impasse. Six autres pays ont adopté des mesures de sauvegarde contre le MON810 (Hongrie, Luxembourg, Grèce, Allemagne, Autriche et Bulgarie).

L'Autriche, le Luxembourg et la Hongrie ont également demandé l'interdiction de culture de la pomme de terre OGM Amflora.

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