Les parlementaires PS à Dijon avant un automne difficile

Photomontage de François Rebsamen (droite) et Jean-Marc Ayrault, fait le 26 octobre 2011 [Bertrand Langlois / AFP/Archives] Photomontage de François Rebsamen (droite) et Jean-Marc Ayrault, fait le 26 octobre 2011 [Bertrand Langlois / AFP/Archives]

Les parlementaires socialistes se retrouvent mercredi à Dijon, dans un climat assombri par le refus de l'aile gauche du PS de voter le pacte budgétaire européen, les crispations sur le cumul des mandats et les polémiques autour de la désignation de Harlem Désir à la tête du parti.

Pour ces journées parlementaires annuelles, députés, sénateurs et élus européens du PS seront accueillis pendant deux jours par le président du groupe socialiste au Sénat, François Rebsamen, maire de Dijon, une façon de rappeler que la victoire de la gauche aux élections sénatoriales de septembre 2011 a préfiguré la conquête du pouvoir en mai et juin.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en terrain connu puisqu'il a présidé pendant 15 ans le groupe socialiste à l'Assemblée avant de passer le relais à Bruno Le Roux en juillet, conclura jeudi matin les travaux.

Il s'exprimera juste après Harlem Désir, premier secrétaire du PS par intérim en attendant de prendre officiellement la succession de Martine Aubry lors du congrès du parti à Toulouse, fin octobre.

Les conditions contestées de la nomination de M. Désir, comme les intenses tractations entre "écuries" des principaux ministres qui ont pesé pour la constitution de son équipe, alimenteront sans doute les conversations de couloirs.

Mais officiellement le mot d'ordre, martelé par M. Ayrault et les dirigeants du parti, est de "présenter aux Français un message d'unité et de rassemblement". Ainsi, la quasi-totalité des quelque 400 députés, sénateurs et députés européens signent la motion de la direction pour le congrès de Toulouse, selon un comptage effectué par l'AFP.

Si rares sont les parlementaires à faire bande à part et à signer, tels la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann et le député de l'Essonne Jérôme Guedj, la motion de l'aile gauche, nettement plus nombreux sont ceux qui, sur le fond, partagent avec ces opposants le refus du traité budgétaire européen.

Selon le député de Paris Pascal Cherki, proche du ministre de l'Economie solidaire Benoît Hamon, et qui considère ce texte comme "un obstacle majeur vers le retour de la croissance en Europe", une vingtaine de ses collègues refuseront comme lui de le voter, lors de son examen à l'Assemblée début octobre.

"Désarmement unilatéral"

Au Sénat, où les socialistes n'ont pas la majorité absolue, les voix de la droite seront nécessaires pour ratifier le traité, ne fût-ce qu'en raison de l'opposition des communistes et de la plupart des écologistes.

Les ministres des Affaires étrangères et européennes Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve, tous deux partisans du non au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, défendront mercredi le texte.

Le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, promesse de François Hollande, devrait aussi donner lieu à un exercice de pédagogie du gouvernement, après l'appel de 75 députés PS lundi dans Le Monde à l'adopter voter au plus vite.

Autre sujet de crispation, principalement pour les sénateurs: la fin du cumul entre une fonction parlementaire et un mandat exécutif local (maire ou maire adjoint, président ou vice-président de département ou région), promise par François Hollande durant sa campagne.

Les opposants à cette réforme au sein du PS se battent sur deux fronts: refuser, malgré les engagements pris, que les élus socialistes procèdent à un "désarmement unilatéral" en renonçant à leur cumul avant les autres partis, et limiter l'ampleur de la future législation.

Ainsi, François Rebsamen plaide que pour les sénateurs "qui représentent les collectivités locales, puissent garder leur mandat local", sans pour autant cumuler leurs indemnités.

Les députés sont moins montés au créneau sur le sujet, mais n'en sont pas moins concernés. Selon un calcul de l'AFP à partir du site internet de l'Assemblée, les deux tiers des députés de toutes tendances, et 70% des socialistes, exercent une fonction exécutive locale.

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