Le FN réunit son université d'été

Marine Le Pen le 17 juin 2012 à Henin-Beaumont [Denis Charlet / AFP/Archives] Marine Le Pen le 17 juin 2012 à Henin-Beaumont [Denis Charlet / AFP/Archives]

Privé d'élection mobilisatrice, et donc moins exposé médiatiquement, le Front national réunit ce week-end son université d'été à La Baule, dans un contexte de crise qui lui est favorable et avec des thèmes potentiellement porteurs comme le traité européen et les tensions dans le monde musulman.

Passées la performance présidentielle (17,9%) et des législatives moins brillantes (13,6%), Marine Le Pen veut justement profiter des 18 mois qui viennent pour engager "un travail de fond" jusqu'aux municipales de mars 2014.

Les nouveaux chantiers portent sur l'implantation locale, la formation des cadres, dont le FN manque toujours, et l'insertion dans la société civile, qui fait également défaut.

"Les municipales seront un enjeu fondamental pour notre avenir", explique-t-elle à l'AFP, alors que le FN ne dispose d'aucune mairie et d'à peine soixante conseillers municipaux. Avec deux députés seulement, le parti d'extrême droite peine aussi à exister à l'Assemblée nationale.

Pour autant, Marine Le Pen, qui se montre résolument optimiste, pense aussi que "c'est dans les années sans élection qu'on enregistre les plus grands bonds dans l'opinion". "On n'existe pas uniquement par l'occupation médiatique, mais par la différence fondamentale de la parole qu'on porte", ajoute-t-elle.

"Les événements parlent pour nous", se réjouit de son côté le député Gilbert Collard, en pointant "la manifestation de salafistes en plein Paris" samedi et les tensions dans le monde musulman après la diffusion du film islamophobe "L'innocence des musulmans".

 

"Débats de diversion"

 

Sa différence, le FN veut aussi la faire entendre sur le traité européen, qui prévoit d'instituer la fameuse "règle d'or" d'équilibre budgétaire, synonyme d'"hyper-austérité" pour Marine Le Pen.

En concurrence avec le Front de gauche sur ce sujet, la présidente du FN, qui prône la fin de l'euro, se veut "leader de la position eurosceptique" et veut croire que "cette affaire du traité ne s'arrêtera pas le jour du vote" en octobre.

"Toutes les décisions fiscales et sociales vont en découler. Ce sera la pierre angulaire", estime-t-elle.

Pour son discours dimanche à La Baule (Loire-Atlantique), la présidente du parti d'extrême droite veut dresser son premier grand réquisitoire du gouvernement Hollande.

"Sur tous les grands sujets, il y a très peu de différence avec le quinquennat précédent. Conscient de cela, le gouvernement lance des débats de diversion", juge-t-elle, en citant le mariage homosexuel et le droit de vote des étrangers, des sujets sur lesquels elle ne devrait toutefois pas manquer de s'exprimer.

"On cherche à détourner l'attention des Français du traité européen, de l'austérité, de l'aggravation des impôts", ajoute Marine Le Pen, plus que jamais décidée à renvoyer droite et gauche dans l'"UMPS" et le camp des "mondialistes", en dépit des nombreux sujets qui opposent le gouvernement et l'opposition.

Samedi, plusieurs tables rondes sont prévues, sur la fiscalité, la santé, l'éducation, la ruralité, et bien évidemment l'immigration et l'insécurité.

Jean-Marie Le Pen donnera pour sa part une "conférence" axée sur la "géopolitique" pour achever cette première journée, où il a l'intention d'évoquer "l'aggravation de la situation économique et sociale du monde, le phénomène islamique et l'immigration".

 

Et sur DirectMatin.fr :

Voile et kippa : Marine Le Pen s'étonne qu'on s'étonne

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