Le désamour brutal des Français pour François Hollande se confirme

François Hollande au palais de Ludwigsburg, dans le sud-ouest de l'Allemagne, le 22 septembre 2012, à l'occasion des célébrations du 50e anniversaire de l'amitié franco-allemande [Franziska Kraufmann / DPA/AFP] François Hollande au palais de Ludwigsburg, dans le sud-ouest de l'Allemagne, le 22 septembre 2012, à l'occasion des célébrations du 50e anniversaire de l'amitié franco-allemande [Franziska Kraufmann / DPA/AFP]

Le désenchantement s'est brutalement accentué en cette rentrée à l'égard du président François Hollande, désormais confronté à une opinion mécontente, mais qui ne va pas (encore ?) jusqu'à descendre dans la rue ni conspuer le chef de l'Etat.

Une enquête de l'Ifop pour le Journal du dimanche (JDD) publiée ce week-end a confirmé l'ampleur du dévissage présidentiel dans l'opinion des Français, déjà mesuré par d'autres études publiées au début de la semaine écoulée et mettant en évidence de fortes attentes de changements profonds et rapides.

L'entretien télévisé de M. Hollande sur TF1 le 9 septembre, censé redonner confiance aux Français, n'aurait donc pas permis de rétablir le lien avec le chef de l'Etat qui avait commencé à se distendre pendant l'été.

En déplacement samedi en Allemagne, au côté d'Angela Merkel, François Hollande a misé sur le temps pour faire ses preuves, demandant "à être jugé sur les résultats" au terme de son quinquennat. "Au bout de quatre mois, tirer un bilan collectif et personnel n'a absolument aucun sens", a insisté dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

En septembre en tout cas, François Hollande connaît l'une des plus fortes baisses de popularité de la Ve République. Selon l'Ifop, 56% des sondés sont mécontents de lui (dont 22% "très mécontents"), soit 11 points de moins qu'au mois d'août, seuls 43% se déclarant satisfaits (dont 5% "très satisfaits").

"Seuls Charles de Gaulle, en juin 1962, après les accords d'Evian" mettant fin à la guerre d'Algérie, "et Jacques Chirac, en juin 2005, après l'échec du référendum sur le traité constitutionnel européen", ont fait pire, selon Frédéric Dabi, directeur du pôle Opinion de l'Ifop.

L'étude de l'Ifop, menée sur une période inhabituellement longue (du 13 au 21 septembre), n'est qu'une confirmation puisqu'elle donne des résultats très proches de ceux donnés lundi par BVA, pour qui 53% des personnes interrogées ont désormais une "mauvaise" opinion de François Hollande, et 46% une "bonne". BVA avait mesuré une chute de 15 points de popularité, mais sur trois mois (juin-septembre).

C'est la première fois dans une enquête Ifop sur François Hollande que le différentiel entre les opinions positives et négatives est négatif, ce que M. Dabi qualifie de "tournant". Mais c'était déjà le cas dans la quasi-totalité des études publiées depuis la rentrée qui, par ailleurs, placent toutes le chef de l'Etat sous la barre des 50% de popularité.

La cote du Premier ministre Jean-Marc Ayrault dégringole elle aussi, mais moins fortement: il perd sept points, mais une majorité de 50% reste satisfaite de son action, même si les mécontents (46%) sont de plus en plus nombreux.

Le politologue Brice Teinturier, directeur général adjoint d'Ipsos, voit trois causes majeures dans le désamour d'une partie de l'opinion, y compris à gauche, pour le président : les Français s'attendent à "une crise durable, d'au moins deux ans", et "une hausse effective de la fiscalité" qui va peser sur le pouvoir d'achat. Toutes choses que le chef de l'Etat lui-même a laissé prévoir sur TF1.

S'y ajouterait la question du droit de vote des étrangers, qui "ne fait pas l'unanimité" dans l'électorat de gauche, sans compter que celui de droite y est farouchement hostile.

Pour Frédéric Dabi, c'est "un désenchantement" qui prévaut, plutôt qu'une hostilité, les Français ayant au moins en partie intégré la donne économique. Dans les interviews des sondés, ce qui ressort "c'est la crise, un sentiment d'écrasement, avec deux axes: le chômage et surtout l'idée que tout augmente", affirme-t-il dans le JDD.

Les politologues s'accordent à penser qu'il n'y a pas pour le moment de divorce entre le président et les Français: son image personnelle reste "positive", selon M. Dabi.

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