Valls appelle l'UMP à ne pas jeter les Français contre les immigrés

Manuel Valls à l'Assemblée, à Paris, le 25 septembre 2012 [Kenzo Tribouillard / AFP] Manuel Valls à l'Assemblée, à Paris, le 25 septembre 2012 [Kenzo Tribouillard / AFP]

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a souhaité mardi un "débat apaisé" sur le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, appelant la droite à "ne pas jeter les Français contre les immigrés".

"Il faut un débat apaisé" sur cet "engagement du président de la République", a déclaré à l'Assemblée nationale M. Valls en réponse à une question du candidat à la présidence de l'UMP Jean-François Copé.

"La seule chose que je vous demande, M. Copé, c'est en responsabilité de ne pas utiliser ce sujet pour que les Français soient jetés contre les immigrés. La République n'a rien à y gagner", a-t-il ajouté.

Dans sa question, le secrétaire général et candidat à la présidence de l'UMP, qui souhaite préserver le lien entre droit de vote et citoyenneté, a accusé le gouvernement de visées politiciennes.

"Votre projet n'a rien de moral, il est politicien: faire monter le communautarisme en pensant garder le pouvoir pour l'éternité", a-t-il lancé, en assurant qu'une pétition de l'UMP contre cette réforme avait recueilli 150.000 signatures en six jours.

M. Copé a de nouveau réclamé l'organisation d'un référendum sur le droit de vote des étrangers.

"Il faut rechercher une majorité qualifiée au Parlement puisque la gauche à elle toute seule n'a pas la majorité des 3/5e. Donc, nous allons convaincre", lui a répondu M. Valls, en soulignant que "Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo, Brice Hortefeux ou Yves Jégo, membres de votre groupe, étaient d'accord pour débattre de cette proposition."

Le ministre de l'Intérieur avait suscité les critiques dans son propre camp en avançant dans Le Monde que la proposition numéro 50 de François Hollande n'était ni une "revendication forte dans la société française", ni un "élément puissant d'intégration". Soixante-quinze députés socialistes avaient publié dans la même édition du journal un appel en faveur de ce droit de vote.

Quelques jours plus tard, il avait toutefois dit qu'il fallait "arriver" au droit de vote des étrangers non communautaires mais qu'il ne fallait pas "se précipiter" si on voulait "réussir et tenir cet engagement".

De plus en plus de Français sont opposés au droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, 63% s'exprimant contre, avec une opposition en forte progression parmi les sympathisants de gauche, selon un sondage de l'institut CSA pour RTL rendu public jeudi.

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