Déficit à 3% en 2013: un objectif "ni biaisé ni intenable" pour Moscovici

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, à Paris le 28 septembre 2012 [Bertrand Langlois / AFP] Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, à Paris le 28 septembre 2012 [Bertrand Langlois / AFP]

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, estime que l'objectif du gouvernement de ramener le déficit public à 3% du Produit intérieur brut l'an prochain n'est "ni biaisé ni intenable", dans un entretien au journal Le Monde daté de dimanche.

"Le chiffre de 3%, condition du désendettement et de retour à la croissance, n'est ni biaisé, ni intenable. La France peut y parvenir. Elle le doit", explique M. Moscovici qui a présenté vendredi un projet de budget pour 2013 marqué par un effort inédit de 30 milliards d'euros.

Sur ces 30 milliards d'euros, 20 milliards sont des prélèvements supplémentaires (10 sur les ménages, 10 sur les entreprises) et 10 milliards proviennent d'économie sur le fonctionnement de l'Etat.

"D'autres pays ont cédé au laisser-aller budgétaire et se sont, pieds et poings liés, retrouvés entre les mains des marchés", ajoute le ministre qui souligne que ces pays "sont tombés dans la récession, ont vu leur taux de chômage s'aggraver dans un contexte social de protestation généralisée".

Concernant les ménages, M. Moscovici souligne que "ce sont les plus aisés qui contribuent. (...) Neuf contribuables sur dix seront gagnants ou épargnés par notre réforme qui rétablit la progressivité de l'impôt sur le revenu", fait-il valoir.

Interrogé sur le coût du travail, souvent mis en avant pour expliquer la perte de compétitivité du pays, le ministre estime que "le problème existe dans l'industrie mais il ne vient pas forcément de l'industrie elle-même".

Selon lui, "il provient aussi du coût des services marchands ou de l'immobilier, et de leur répercussion sur les entreprises industrielles".

Il préconise d'"agir sur le foncier et définir une politique intelligente de réduction des coûts dans les services marchands".

Le ministre juge également que le financement de la protection sociale doit être modifié. "Je vois bien les spéculations sur la TVA, la CSG. Mais, à ce stade, aucun scénario n'a été arrêté par le gouvernement", assure-t-il.

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