Fabius craint "la spéculation" en cas de rejet

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius le 3 octobre 2012 à l'Assemblée nationale à Paris [Thomas Samson / AFP] Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius le 3 octobre 2012 à l'Assemblée nationale à Paris [Thomas Samson / AFP]

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé, mercredi à l'Assemblée nationale, que "la spéculation se déchaînerait contre la France" en cas de rejet du traité budgétaire européen par le Parlement.

Ouvrant le débat dans l'hémicycle sur la ratification du traité, M. Fabius a souhaité que "le soutien au gouvernement se traduise par un nombre de votes" favorables au traité "nettement plus important que ceux qui s'apprêtent à voter pour le texte mais conspuent le gouvernement", référence à la droite et au centre.

Le ministre s'est surtout attaché à convaincre ceux qui, à gauche, veulent voter contre le traité en dramatisant les conséquences d'un vote négatif, comme l'avait fait la veille le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors du débat parlementaire sur les "nouvelles perspectives européennes".

"A partir du moment où l'ensemble des pays de l'Union européenne auraient accepté les mesures de sérieux budgétaire qui sont contenus dans le traité et que seule la France aurait refusé ce traité, immédiatement la spéculation se déchaînerait sur la France, les taux d'intérêt monteraient et la France serait obligée de payer budgétairement beaucoup plus que maintenant", a déclaré M. Fabius.

Face à un tel déchaînement spéculatif, la France ne pourrait "pas bénéficier, pour y résister, du mécanisme européen de solidarité", réservé aux pays signataires du traité, a-t-il ajouté. Il en sera de même pour l'aide de la Banque centrale européenne.

Ce traité, a-t-il répété, permet "une réorientation de la politique européenne". Les décisions en faveur de la croissance, de la supervision bancaire, de la taxe sur les transactions financières, le rôle de la Banque centrale européenne "n'ont été prises que parce qu'il y avait l'élément de sérieux budgétaire qui est contenu dans le traité".

Le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a souligné qu'il restera "d'autres combats à mener pour l'Europe" après la ratification du traité.

Il a cité la négociation du budget européen pluriannuel pour la période 2014-2020, que la Commission européenne propose de fixer à 1.000 milliards d'euros. "Nous avons une approche très différente du précédent gouvernement qui proposait d'amputer le budget de 200 millions d'euros", a-t-il dit.

Le ministre a cité "la politique industrielle" de l'UE, "le juste échange" et "l'harmonisation fiscale et sociale".

Evoquant les propositions d'intégration politique de l'Allemagne, M. Cazeneuve a de nouveau expliqué que la France était prête à cette évolution s'il y avait plus de mesures de "solidarité", comme la mutualisation d'une partie des dettes actuellement refusée par Berlin.

"Si davantage de solidarité requiert davantage d'intégration, faisons-le", a-t-il dit.

Dans un hémicycle très dégarni, surtout à droite, les députés débattaient mercredi de la ratification du traité, et lundi de la loi organique fixant ses modalités d'application, avant de voter respectivement ces deux textes mardi et mercredi prochains.

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