Peillon veut raccrocher les décrochés

Vincent Peillon à l'Ecole nationale supérieure de chimie, le 4 décembre 2012 à Paris [Patrick Kovarik / AFP] Vincent Peillon à l'Ecole nationale supérieure de chimie, le 4 décembre 2012 à Paris [Patrick Kovarik / AFP]

Alternance, service civique, micro-lycée... le ministre de l'Education Vincent Peillon veut donner en 2013 une formation à 20.000 jeunes qui ont du système scolaire, jugeant "raisonnable" d'atteindre l'objectif de 70.000 à la fin du quinquennat.

Cette action s'inscrit dans la "continuité" de celle engagée sous la droite, mais "nous allons changer de dimension", a-t-il déclaré, lors du séminaire national de à l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris.

"Il y a aujourd'hui un résultat qui est déjà de 9.500" jeunes raccrochés, a-t-il précisé, fixant "un objectif raisonnable de 20.000 jeunes "décrocheurs" (...) à qui nous pourrions proposer d'ici la fin de l'année 2013 une solution".

Il a appelé à la "mobilisation" pour atteindre l'objectif fixé par François Hollande de diviser le décrochage par deux sur le quinquennat. Le ministère évalue à 140.000 le nombre de jeunes affectés chaque année.

Vincent Peillon le 4 décembre 2012 à Paris [Patrick Kovarik / AFP]
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Vincent Peillon le 4 décembre 2012 à Paris
 

Ces jeunes quittent le système scolaire sans diplôme ou qualification et sont majoritairement issus de milieux populaires, orientés dans des filières professionnelles sans l'avoir choisi.

Concrètement, à partir de début décembre, les "décrocheurs" seront "appelés un par un" par les 360 plateformes d'appui et de suivi des "décrocheurs". Ils se verront proposer, après entretien et évaluation de leur niveau scolaire, un parcours personnalisé de retour en formation dans le cadre d'un contrat "objectif formation-emploi", et seront accompagnés par un tuteur.

Le plan prévoit "la désignation d'un référent en charge de la lutte contre le décrochage" prioritairement dans les lycées les plus touchés, et "la mobilisation des places disponibles dans les formations menant à des métiers ayant des besoins de recrutement". Le ministère évoque ainsi 40.000 places en lycée professionnel, dont deux tiers dans la production industrielle.

Vincent Peillon le 4 décembre 2012  à l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris. [Patrick Kovarik / AFP]
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Vincent Peillon le 4 décembre 2012 à l'Ecole nationale supérieure de chimie de Paris.
 

Parmi les solutions proposées, outre le retour dans un lycée classique, l'apprentissage, la formation continue, ou une nouvelle solution mixte service civique-formation.

Sur les 30.000 jeunes qui feront un service civique en 2013, au moins 10% des places seront réservées aux "décrocheurs", a annoncé Martin Hirsh, président de l'Agence du service civique. Ils pourront par exemple mettre en oeuvre une politique "zéro gâchis, zéro déchets", dans les cantines ou aider des personnes âgées à se distraire dans des maisons de retraite tout en suivant une formation et en touchant une indemnité.

"En se rendant utiles au moins 24 heures par semaine" "nous savons qu'ils reprendront confiance", a-t-il expliqué.

Autres possibilités: des structures innovantes comme le micro-lycée, le lycée de la nouvelle chance, le pôle innovant lycéen, ou le lycée-chantier René Char d'Avignon, où une dizaine de "décrocheurs" ont repris confiance en bâtissant l'année dernière une jardinière en pierres sèches placée sur un rond-point.

 
BLOCKED

Il s'agit d'aider dans un premier temps ceux qui sont sortis du système sans qualification, en attendant les résultats de politiques de lutte contre l'échec qui prendront du temps, comme la priorité au primaire et le principe du "plus de maîtres que de classes", a souligné M. Peillon.

Car les difficultés des "décrocheurs" ont commencé "très souvent dès la grande section, le CP, le CE1", a-t-il souligné.

"Certains éprouvent de la difficulté, nous transformons cette difficulté en échec, ces échecs finissent par être de l'exclusion", a-t-il déploré.

 

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Infographie : le décrochage scolaire en chiffres

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