NKM : "Pour Paris, je prends tous les risques"

NKM réclame pour la généralisation des primaires ouvertes. NKM réclame la généralisation des primaires ouvertes.[Guillaume Baptiste / AFP]

Reprendre Paris à la gauche. Nathalie Kosciusko-Morizet assure qu’elle n’a que cet objectif en tête. L’ancienne ministre de l'Ecologie a tiré un trait sur la direction de l’UMP pour se concentrer sur la primaire organisée au mois de mai. Elle compte sur ce scrutin, dont elle est la favorite, pour prendre son élan.

 

Pourquoi êtes-vous candidate à Paris ?

Paris est une ville merveilleuse. Je veux proposer aux Parisiennes et aux Parisiens des solutions concrètes dans leurs problèmes de vie quotidienne et une ambition à la hauteur de Paris. Je ferais des propositions sur les petites choses qui font la vie quotidienne, qui la rendent agréable, plus facile où tout simplement possible comme la propreté dans les rues, la capacité à se loger ou la possibilité de se déplacer facilement à toutes heures, en toute sécurité et sans perdre son temps.

Je ferai aussi des propositions sur le rayonnement de Paris qui a été la capitale de toutes les révolutions et qui est aujourd’hui menacée de déclassement. Un seul exemple, en matière d’investissements internationaux, la ville est passée en un an de la sixième à la dixième place avec tout ce que cela signifie en termes d’emplois. Il faut rebondir.

 

Comment comptez-vous répondre à ces enjeux ?

Je crois à l’intelligence collective, à la volonté et à l'imagination. Mon projet commence par l'écoute, la compréhension des blocages. Et, je me méfie des idéologies. C'est tout le contraire de ce que les socialistes ont fait sur la reforme des rythmes scolaires.

 

Il ne fallait pas la mettre en œuvre dès 2013 ?

Plus personne ne comprend le sens de cette réforme. Il y avait un consensus pour dire que la journée des élèves est trop longue ; j’ai moi-même deux jeunes enfants et je le constate. Mais de ce constat partagé, Vincent Peillon et la municipalité sortante sont passés à une réforme imposée qui ne répond pas aux problèmes. Les enfants sortiront toujours aussi tard et on ajoute le mercredi matin.

 

Paris est la seule grande ville ou presque à faire ce choix. Elle le fait pour des raisons politiques, sans considération des enfants. Quand on ouvre une crise avec les parents, les professeurs et les personnels en charge du périscolaire, l’entêtement confine à l’arrogance. On ne peut pas avoir raison contre tout le monde.

 

Nous sommes à un an des municipales. N’est-ce pas trop tôt pour organiser la primaire ?

Une primaire ouverte numérique, c'est une première, donc forcement une prise de risque. Mais c'est surtout une formidable chance pour la démocratie. Pour la première fois dans une grande ville, les électeurs ne sont pas des observateurs du choix des partis mais des acteurs de l'alternance. Et ce dès aujourd’hui, car n’importe quel électeur parisien peut parrainer un candidat.

 

Peu importe les polémiques, il faut aller au bout du processus ?

Oui, je le souhaite. La primaire est aussi un outil de rassemblement. Il est fini le temps où on pouvait être candidat d'une commission d'investiture, d'une commission entre états-majors ou d'une désignation autoritaire d'un élu sortant.

Je suis depuis longtemps une militante des primaires, pas seulement pour Paris. J’ai propose que l’organisation d’une primaire ouverte soit inscrite dans les statuts de l’UMP pour les élections majeures quand il n’y a pas de sortant.

 

Regrettez-vous le choix de l’UDI de ne pas y prendre part ?

Oui je le regrette. Mais même s’il n’y a pas de candidat de l’UDI, les électeurs de l’UDI  sont appelés à participer à la primaire ainsi que tous les Parisiennes et les Parisiens qui veulent l’alternance.

 

Au vu de sa condamnation, Jean Tiberi pourra-t-il sur vos listes ?

Je l'ai dit, sur les listes que je proposerai, il n'y aura pas de candidat sous le coup de condamnation importante. Jean Tiberi a déposé un pourvoi en cassation mais une condamnation comportant une peine d’inéligibilité est naturellement importante.

 

Certains, y compris dans votre camp, vous accusent de vouloir utiliser Paris comme d’un marchepied pour des ambitions nationales…

Si j’étais dans une logique de carrière, je n’aurais pas fait ce choix. François Hollande a obtenu plus de 55% des voix à Paris et les sondages montrent que ça ne sera pas facile. Mais j ai la passion de Paris et sa conquête est un projet qui se suffit a lui même.

Je prends tous les risques pour Paris. J’ai démissionné de la mairie de Longjumeau, j’ai renoncé à faire campagne pour la présidence de l’UMP, je n’ai pas voulu entrer dans la direction du parti.

 

Mais vous êtes encore députée de l’Essonne…

Il s’agit d’un mandat national. Mais si je suis élue maire de Paris, j'en démissionnerais aussi. Je suis contre le cumul des mandats dans les grandes villes.

 

Dans quel arrondissement serez-vous candidate ?

Ce sera une décision collective et après la primaire. Pour l’heure, on propose aux Parisiennes et aux Parisiens de choisir leur tête de liste ; toutes les autres discussions comme la constitution des listes dans les arrondissements viendraient brouiller le débat.

Ce qui est sur, c'est que je serai candidate dans un arrondissement où la bataille de Paris peut se jouer. Je ne cherche pas de solution de confort pour me protéger.

 

Faut-il maintenir l’élection prévue en septembre pour la présidence de l'UMP ?

C’est un engagement pris devant les militants. Toute autre solution, si elle existe, devrait être validée par eux sinon cela posera un problème de légitimité. Concernant la nouvelle direction, à laquelle je ne veux pas participer, je fais plusieurs propositions : qu’elle soit davantage décentralisée quitte à vendre le siège du parti, qu’elle soit plus collégiale et que soient systématisées les pratiques qui permettent d’ouvrir le parti, à commencer par les primaires.

 

A quoi a servi la motion de censure débattue mercredi ?

L’objectif n’était pas de faire adopter cette motion de censure. Elle devait permettre de ne pas laisser sans voix les Français qui souffrent. Aujourd’hui, la censure, ce sont les Français qui la votent chaque matin quand ils discutent ou qu’ils ouvrent le journal.

Le rôle de l’opposition est de faire écho à cela, d’en être le porte-voix.

 

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