Corinne Lepage : "Les partis sont au bord de l’implosion"

Corinne Lepage a lancé dimanche le Rassemblement citoyen. Corinne Lepage a lancé dimanche le Rassemblement citoyen.[Georges Gobet / AFP]

Redonner la parole aux citoyens pour éviter une crise  politique. C’est le vœu formulé par l’eurodéputée Corinne Lepage qui a lancé dimanche le Rassemblement citoyen, un nouveau mouvement politique qu’elle nous présente.

 

Pourquoi avez-vous lancé un nouveau mouvement ?

La situation est suffisamment grave pour que la société civile prenne pleinement sa part dans le redressement de notre pays. Et c’est tout l’enjeu de cette coopérative politique. Le rassemblement citoyen est confédéral, c’est-à-dire qu’il permet à des organisations politiques d’adhérer mais aussi à des personnalités et bien sûr de simples citoyens. Le point de départ est que nous sommes une organisation paritaire, entre société civile et politique.

 

Pourquoi ne pas avoir créé un parti ?

Les partis politiques sont au bord de l’implosion parce qu’ils fonctionnent en huis-clos et ne sont plus en phase avec la société. Ils ne font pas remonter les revendications de la société civile et ne fonctionnent que de haut en bas.

Pour ne pas être exposés au seul choix de l’abstention ou du populisme, il n’y a qu’un moyen, c’est de redonner au citoyen la possibilité de décider de son destin. Ce n’est pas un hasard si le président du parti du vote blanc nous a rejoints. Nous aurons bien sûr vocation à présenter des candidats aux élections, à commencer par les municipales, qui sont le lieu d’expression de la volonté citoyenne…

 

Est-ce un mouvement écologiste ?

Il n’est pas seulement écologiste. C’est un mouvement de la transition ; transition écologique bien sûr mais aussi économique, transition politique également en allant vers des valeurs fondamentales pour la société civile que sont l’éthique, la lutte contre la corruption… Nous mettons également en avant la question de la sécurité des personnes mais sous toute ses formes : dans la rue, au travail, du côté des aliments.

Enfin, je veux mettre l’accent sur la question de l’exposition au risque ; c’est un enjeu démocratique.  On ne peut pas vivre dans une société sans risques ; mais c’est par la démocratie que l’on doit dire les risques que l’on est prêt à prendre et ceux que l’on n’accepte pas.

 

Vous défendez l’exemplarité…

Nous sommes très opposés au cumul des mandats, je suis pour ma part très active sur les questions de conflit d’intérêt et de lutte contre la corruption. Je me réjouis que nous comptions au sein du rassemblement des personnalités comme Chantal Cutajar qui est administratrice de Transparency international ou de Sévernie Tessier, porte-parole d’Anticor…

 

Dans quel camp vous situez-vous ?

Beaucoup de citoyens n’ont pas de couleur politique. Nous sommes dans l’action et dans la proposition de ce qui marche et de l’essaimage de ce qui marche en France. S’il faut absolument nous catégoriser, nous sommes du centre-gauche et du centre.

 

Il y a dix mois, vous appeliez à voter pour François Hollande. Le referiez-vous ?

Oui parce qu’il s’agissait d’un choix très largement éthique. Ce qui se passe aujourd’hui ne peut que me conforter dans cette direction. Mais cela ne veut pas dire que je suis en phase avec tous les choix qui sont faits.

 

La succession d’affaire touchant les politiques va-t-elle augmenter la défiance des citoyens ?

Je suis avocate et à ce titre très attachée à la présomption d’innocence. Donc le problème ne me parait pas être la mise en examen de Nicolas Sarkozy que je me refuse à commenter car je ne connais pas le dossier. En revanche, ce qui me choque profondément, c’est la mise en cause personnelle des juges, venant qui plus est de personnes comme Henri Guaino ou Claude Guéant qui ont eu la charge a été d’incarner l’Etat. S’attaquer ainsi au système républicain de séparation des pouvoirs est gravissime.

 

Serez-vous candidate aux européennes ?

J’aime beaucoup ce mandat qui est souvent mal connu en France et dévalorisé. Mais je n’ai, aujourd’hui, pris aucune décision pour l’an prochain.

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