Cahuzac : Mediapart dénonce des enquêtes policières visant les journalistes

Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel (d) répond à la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale [Joel Saget / AFP] Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel (d) répond à la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale [Joel Saget / AFP]

Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel a dénoncé mardi "l'utilisation de l'administration policière pour porter atteinte au secret des sources", lors de la première journée de la commission d'enquête parlementaire sur l'action du gouvernement pendant l'affaire Cahuzac.

Un message envoyé le 11 décembre par la chef de cabinet du ministre du budget, Marie-Hélène Valente, fait en effet état de conversations téléphoniques entre Edwy Plenel et une source de l'affaire, explique Fabrice Arfi, journaliste du site d'informations en ligne, à l'origine des révélations: "La police a été mise en branle pour surveiller les rapports téléphoniques entre Edwy Plenel et l'un des protagonistes de l'affaire."

"Nous ne savons pas si le ministre de l'Intérieur en personne est au courant de ces investigations. Nous n'avons pas d'éléments", affirme-t-il.

"Si un rapport du DDSP (ndlr: directeur départemental de la sécurité publique) existe, il a sans doute remonté", a toutefois ajouté M. Plenel, qui a estimé que "beaucoup d'éléments étaient à la disposition des services de police".

"Tous ceux qui voulaient savoir au coeur de la République, pouvaient savoir", a par ailleurs de nouveau affirmé Edwy Plenel, qui précise avoir d'ailleurs, dès mi-décembre, rencontré à leur demande "plusieurs responsables de cabinet de l'Elysée et de Matignon". Il a ainsi expliqué avoir rencontré des collaborateurs de François Hollande le 18 décembre.

Evoquant ensuite l'attitude du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, M. Plenel a déclaré: "Je ne dis pas que M. Moscovici a menti, je dis qu'il a mal travaillé", évoquant "deux hypothèses: amateurisme ou légèreté, ou, seconde hypothèse, une instrumentalisation".

"La question qui se pose à vous c'est comment, sur la foi des mêmes informations, Bercy obtient une réponse négative de la Suisse, tandis que la justice obtient une réponse positive", a complété M. Arfi.

"Cette affaire illustre le mauvais fonctionnement de notre démocratie. Un pouvoir exécutif tétanisé, un pouvoir législatif coalisé, puisque dans l'ensemble des familles politiques, il y a eu des refus de voir la réalité de nos informations, enfin un pouvoir judiciaire immobile", conclut M. Plenel.

M. Moscovici mais aussi les ministres de l'Intérieur, Manuel Valls, et de la Justice, Christiane Taubira, ainsi que Jérôme Cahuzac seront entendus par la commission.

La commission vise à déterminer "d'éventuels dysfonctionnements" dans l'action de l'Etat du 4 décembre 2012, date des premières révélations de Mediapart sur le compte en Suisse non déclaré de l'ancien ministre délégué au Budget, au 2 avril 2013, date de sa mise en examen.

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