Jean-Marc Ayrault réunit les partenaires sociaux pour préparer la conférence sociale

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale, à Paris [Kenzo Tribouillard / AFP] Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale, à Paris [Kenzo Tribouillard / AFP]

Dans un contexte durci par la crise et les divisions syndicales, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault réunit mercredi patronat et syndicats en amont de la deuxième conférence sociale du quinquennat qui fixera, en juin, la feuille de route du gouvernement pour les mois à venir.

Après avoir été reçus séparément à Matignon il y a une semaine, les organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) et syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) le seront ensemble à 16H30. Le Premier ministre s'exprimera à l'issue, après 18H00.

Cette réunion, consacrée à l'organisation et aux thèmes de la conférence sociale des 20 et 21 juin, permettra à chacun "de se positionner" et de "faire apparaître les points d'accord et de désaccord", explique-t-on à Matignon, où Jean-Marc Ayrault sera entouré de plusieurs ministres, dont Michel Sapin (Travail), Pierre Moscovici (Economie), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé) et Marylise Lebranchu (Fonction publique).

Alors que les partenaires sociaux appellent le gouvernement à passer à la vitesse supérieure pour stopper le chômage, l'ordre du jour de la conférence des 20 et 21 juin est déjà connu.

Six tables rondes devraient ainsi nourrir les deux jours de débats qu'ouvrira le président François Hollande au Palais d'Iéna: emploi-formation, filières d'avenir, santé au travail, retraites, services publics et Europe sociale.

Ces grandes thématiques sont peu ou prou celles d'il y a un an mais déjà des insatisfactions s'expriment. "La question du pouvoir d'achat, retenue l'an dernier, est absente cette année, on le regrette profondément", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Mailly.

Du côté des petites et moyennes entreprises, on s'inquiétait "qu'on ne parle pas du financement de la protection sociale" plus largement. "La position du gouvernement est de dire: +On va déjà alléger de 20 milliards d'euros d'ici 2015 les charges des entreprises+. Nous, on pense qu'il faut aller plus loin, d'autant qu'il va falloir trouver des financements pour les retraites", a expliqué à l'AFP le président de la CGPME Jean-François Roubaud.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale [Kenzo Tribouillard / AFP]
Photo
ci-dessus
Le ministre du Travail, Michel Sapin, le 21 mai 2013 à l'Assemblée nationale
 

Contexte plus difficile qu'en 2012

Sur l'emploi, celui-ci dit toujours attendre du gouvernement "des vraies mesures d'urgence". Un point de vue partagé par la plupart des syndicats, qui à l'instar de la présidente de la CFE-CGC Carole Couvert réclament "de passer à la vitesse supérieure".

"Pour relancer la croissance, il y a deux priorités pour la CFE-CGC: l'emploi et le pouvoir d'achat", réaffirme-t-elle mercredi dans La Croix.

Même si la conférence sociale marquera un temps fort de concertation pour réformer le régime des retraites, sujet très conflictuel, "le coeur du sujet sera vraiment l'emploi", insiste-t-on au ministère du Travail comme à Matignon.

La conférence de juin lancera notamment une nouvelle négociation, sur la formation professionnelle. Le président mise sur le dialogue social, qu'il a érigé en méthode de réforme, pour améliorer un système qui ne permet de former qu'une minorité de chômeurs.

François Hollande souhaite que cette réforme "complète" celle du marché du travail, qui a abouti en mai au vote définitif de la loi sur la sécurisation de l'emploi, à l'issue d'une négociation patronat-syndicats qui a profondément divisé les organisations de salariés.

Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, le 13 mai 2013 à Matignon, à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, le 13 mai 2013 à Matignon, à Paris
 

L'accord sur l'emploi du 11 janvier, violemment combattu par FO et la CGT, avec des soutiens à gauche, a laissé des traces. Les dirigeants de la CGT et de la CFDT commencent tout juste à tenter de recoller les morceaux.

Le fait que cet accord n'ait "pas réuni toutes les organisations syndicales", la montée du chômage et l'entrée en récession créent un contexte "plus difficile" pour la conférence 2013, reconnaît Matignon, même si on pense qu'a contrario, la "forte adhésion au processus des conférences sociales" peut la "faciliter".

Ce deuxième grand rendez-vous risque "d'être plus tendu", a déjà prévenu Jean-Claude Mailly (FO). "La première conférence avait été celle de la confiance retrouvée (...). Aujourd'hui, les syndicats sont dans une situation de veille critique sur les réformes pour que la rigueur ne pèse pas sur les salariés", note Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail.

Retraites : Lepaon (CGT) appelle à la mobilisation

CGT-CFDT : "Nous n'avons rien à nous pardonner"

Lepaon : "La division syndicale sert le Front National"

Vous aimerez aussi

Syndicats Affaire de fichage à Force ouvrière : Pascal Pavageau démissionne
Politique Laurent Berger : «Il y a un problème de verticalité du pouvoir»
Social Grève du mardi 9 octobre : quelles perturbations à la SNCF et la RATP ?

Ailleurs sur le web

Derniers articles