Lagarde dit son incompréhension de se retrouver devant le tribunal

Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde (UDI) le 24 novembre 2012 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde (UDI) le 24 novembre 2012 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde (UDI) a dit son incompréhension de se retrouver devant le tribunal correctionnel de Paris, devant lequel il a comparu vendredi pour favoritisme dans une affaire de marchés publics.

"Je ne comprends toujours pas ce que nous aurions fait d'illégal", a déclaré l'élu, contre qui le procureur a requis 10.000 euros d'amende si le tribunal estimait que l'infraction était constituée.

En cause, un marché d'un montant total de près de 315.000 euros accordé à un architecte pour la réalisation d'une tribune couverte pour le stade Guy Môquet de sa commune. Une première partie concernait la maîtrise d'oeuvre, la seconde une mission d'assistance et de conseil.

Selon l'accusation, le marché aurait été découpé de manière artificielle pour éviter de dépasser le seuil de mise en concurrence. Pour la défense, il s'agit d'un découpage involontaire car les besoins ont évolué.

Mais il y a bien eu mise en concurrence, a plaidé l'avocat de M. Lagarde, Me Yvon Goutal, qui souligne que les deux contrats étaient de nature différente.

Surtout, le projet a failli être annulé. Des équipements ont été rajoutés, doublant presque le coût, si bien que la mairie n'avait plus les moyens de le financer et doit renoncer.

Finalement, grâce à des subventions, la mairie a pu relancer le projet une dizaine de mois plus tard. C'est alors que le second contrat a été signé avec l'architecte, qui ne connaissait pas le maire.

Cette affaire trouve son origine dans un rapport d'expert qui avait signalé des soupçons d'irrégularités à la justice, et non à la suite de plainte d'opposants politiques comme l'avait indiqué une source proche de l'enquête.

Pour Me Goutal, il ne reste dans ce dossier que les "élucubrations" de cet expert, qui a "lancé" ces accusations, mais n'a pas répondu à la question pour laquelle il avait été mandaté: déterminer pourquoi le toit de la tribune fuyait.

L'affaire est prescrite, selon l'avocat, mais avant tout, "à aucun moment il n'y a eu de violation des règles des marchés publics" et "nulle part il n'est question d'un quelconque enrichissement", a-t-il tenu à relever.

Me Patrick Maisonneuve, conseil de l'architecte contre qui 5.000 euros d'amende ont été requis, a quant à lui estimé qu'il y a eu "beaucoup de fantasmes" autour de cette affaire et même une exploitation politique.

Délibéré le 28 juin.

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