Premier meeting d'Anne Hidalgo, candidate du PS à la mairie de Paris

La candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, le 27 avril 2013 à Paris [Joel Saget / AFP/Archives] La candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, le 27 avril 2013 à Paris [Joel Saget / AFP/Archives]

Un PS rassemblé autour d'une candidate affranchie de la tutelle de Bertrand Delanoë: telle est l'image que devrait donner mardi pour son premier grand meeting de campagne Anne Hidalgo, investie par les militants PS la semaine dernière pour succéder au maire de Paris en mars 2014.

La réunion publique, qui se tiendra à partir de 19H00 au Bataclan, dans le XIe arrondissement, sera ouverte par un discours de Bertrand Delanoë et close par sa première adjointe, signe du passage de relais entre les deux édiles.

"Le meeting du Bataclan sera un moment de mise en valeur du rassemblement des socialistes et au-delà (...) Il s'agit de marquer ce lien entre les 13 ans qui viennent de s'écouler et ce qu'on veut faire plus tard. C'est un passage de témoin", explique à l'AFP le premier secrétaire de la fédération PS de Paris Rémi Féraud.

"Il s'agira de présenter, de raconter l'histoire de la transition entre Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo (...) La candidate va probablement profiter de ce meeting pour prendre son autonomie, apparaître comme la chef de file à Paris", complète l'adjoint à la culture Bruno Julliard, qui animera les prises de parole des intervenants avec son homologue à la sécurité Myriam El Khomri.

La dauphine de Bertrand Delanoë, entrée en lice dès septembre, a mis à profit les mois écoulés pour sortir de l'ombre de son mentor et asseoir sa notoriété. Seule à briguer les suffrages des militants PS mercredi dernier, après le forfait du député Jean-Marie Le Guen, elle a été désignée par 98,3% des voix des 2.715 votants, ce qui représentait en comparaison d'autres scrutins une "bonne participation", selon M. Féraud.

"Un temps d'avance"

Anne Hidalgo, candidate PS aux municipales à Paris, et le maire Bertrand Delanoë, le 23 avril 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]
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Anne Hidalgo, candidate PS aux municipales à Paris, et le maire Bertrand Delanoë, le 23 avril 2013 à Paris

A l'heure où la droite est "empêtrée dans sa primaire", dont le premier tour au succès incertain se déroulera du 31 mai au 3 juin, la gauche entend montrer qu'elle est "rassemblée" et "en ordre de marche". "On a un temps d'avance sur la droite, on souhaite le préserver", souligne François Dagnaud, qui préside le conseil stratégique accompagnant la campagne de Mme Hidalgo.

L'heure n'est pourtant pas au triomphalisme. Alors qu'"il y a un an et demi, on se distribuait les postes à l'Hôtel de Ville", la gauche parisienne a compris qu'elle devrait livrer "un vrai combat", observe un proche de Bertrand Delanoë.

Principale menace au-dessus du ciel parisien: le climat national, dont aucune amélioration n'est attendue d'ici les élections municipales. "Le premier problème d'Anne Hidalgo, c'est de trouver comment se démarquer du gouvernement, du contexte national", souligne ce proche du maire.

"On se démarquera en parlant de Paris, en menant une campagne municipale, pas en manquant de loyauté", répond Rémi Féraud. Jean-Louis Missika, un autre adjoint du maire, qui préside l'association de soutien à Mme Hidalgo "Oser Paris", parie sur "l'intelligence" des Parisiens, qui sauront selon lui "faire la différence entre une élection locale et une élection nationale".

Autre inquiétude: la possible désunion des forces de gauche au premier tour de l'élection municipale. Les Verts ont d'ores et déjà annoncé que, comme en 2001 et 2008, ils auraient leurs propres listes. "La campagne d'Anne Hidalgo est à l'image du gouvernement: il n'y a pas de cap, pas de ligne directrice", accuse le conseiller EELV de Paris Yves Contassot.

Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon devrait aussi avoir les siennes. Le Parti communiste, traditionnellement allié du PS dès le premier tour, le rejoindra-t-il ?

Chef de file du PC à Paris, Ian Brossat rappelle que le parti décidera de sa stratégie les 28 et 29 juin, et dit attendre du PS parisien qu'il se démarque de la politique d'austérité du gouvernement. Mais plusieurs élus au PS le soupçonnent de vouloir partir seul, et préfèrent parier sur un revirement des Verts à l'automne.

Anne Hidalgo devrait redire mardi aux uns et aux autres sa volonté de rassemblement. "Il est indispensable qu'on parte avec au moins un partenaire", avertit le député PS Patrick Bloche.

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